Quel discours tient Monaco à la COP27 en Egypte?

Membres du gouvernement, d’ONG ou d’organisations scientifiques, plusieurs personnalités composent la délégation monégasque qui prend sa part dans ces négociations internationales.

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Cédric Vérany Publié le 10/11/2022 à 09:00, mis à jour le 10/11/2022 à 10:32
Le ministre d’État, portant la voix de Monaco, à la tribune internationale le 8 novembre dernier. (DR) Photo DR

C’est un endroit où tous les décideurs de la planète et leurs représentants se donnent rendez-vous. Démarrée le 6 novembre dernier, la 27e conférence des parties à la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP) s’est ouverte dans un moment où les variations climatiques semblent plus que jamais imprégnées dans notre environnement.

La volonté affichée des chefs d’États et de gouvernement rassemblés à Charm el-Cheikh en Égypte est d’entrer désormais dans le concret pour négocier la mise en œuvre des volontés tracées depuis l’Accord de Paris en 2015. Et que ce rendez-vous de novembre 2022 ne reste pas que des paroles en l’air.

Dans ce concert des nations, Monaco a sa voix au chapitre. D’autant plus avec un chef d’État engagé dans la protection de la planète et la lutte face aux variations climatiques.

L’ambition de la neutralité carbone en 2050

Le souverain en déplacement aux États-Unis et en Italie avant de rejoindre l’Égypte, c’est le ministre d’État, Pierre Dartout, qui a représenté la Principauté en lever de rideau de cette COP27. Dans son intervention, Pierre Dartout a rappelé l’engagement du gouvernement à atteindre la neutralité carbone en 2050 à Monaco, conformément aux objectifs du souverain.

Aux côtés de Céline Caron-Dagioni, conseiller de gouvernement-ministre pour l’Équipement, l’Environnement et l’Urbanisme, Pierre Dartout a également pris part à deux tables rondes. La première autour de la finance innovante pour le climat et le développement. La seconde consacrée au changement climatique et la durabilité des communautés vulnérables. L’occasion de mettre en valeur des actions de coopération portées par la Principauté.

 

Une Principauté également valorisée par la présence à cette COP27 du docteur Nathalie Hilmi, chargée de recherche au département d’économie environnementale du Centre Scientifique de Monaco. Autrice principale du rapport spécial du GIEC, sur l’océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique. Nathalie Hilmi, participera à de nombreux échanges au Pavillon de l’Océan, face à des délégations nationales et de grandes organisations mondiales.

Des négociatrices formées par Monaco

Ces grands raouts internationaux sont aussi l’occasion de travailler ses rapports avec des nations ou des entités. Un exercice auquel s’est prêtée la délégation monégasque en marge du sommet. Pierre Dartout a participé à une rencontre bilatérale avec Xavier Espot Zamora, son homologue à la tête du gouvernement de la principauté d’Andorre.

Il a également échangé avec Geoffroi Montpetit, administrateur de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui l’a mené jusqu’à de jeunes négociatrices francophones dont la formation et le déplacement ont été financés grâce à la contribution financière de la Principauté à l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable.

En effet, pour cette COP27, l’OIF a apporté sa pierre à l’édifice en allant à la recherche de solutions climatiques développées par de jeunes francophones en provenance de pays africains. Et 200 négociatrices ont été formées pour valoriser ces projets dans les échanges internationaux. À la suite de cette rencontre, Monaco a d’ailleurs renouvelé sa convention de financement pour les années à venir.

Le souverain attendu ce jeudi en Égypte

La délégation monégasque déjà sur place, n’attend plus que lui. Achevant son déplacement en Calabre, le prince Albert II rejoindra les échanges de la COP aujourd’hui à Charm el-Cheikh. Pour à la fois prendre part à la discussion des nations. Mais aussi accompagner les actions de sa fondation (FPA2) qui, venant en appui de l’action du gouvernement engagé dans les négociations, tient son rôle de mise en réseau de ses partenaires.

Les équipes de la fondation ont souhaité concentrer leur présence en Égypte autour d’engagements prioritaires: renforcer la préservation dans le bassin méditerranéen, accélérer le développement de l’économie bleue et faire entendre la voix des régions polaires.

À ce titre la FPA2 s’est installée au Pavillon Méditerranée, mettant le projecteur sur les questions liées à cette mer, pour la première fois lors d’une COP. Dans ce cadre, ce jeudi l’événement "Swimming the talk: scaling-up action to tackle climate change in the Mediterranean région", proposera des solutions d’atténuation des attaques subies par cette mer et des moyens de renforcer la résilience des écosystèmes. Le souverain ouvrira les échanges laissant ensuite la parole à des scientifiques de premier rang.

Favoriser les solutions porteuses de l’économie bleue

La FPA2, comme elle l’a fait au printemps à la conférence de l’ONU sur le climat à Lisbonne, a également relancé ce mercredi, en marge de cette COP, sa plateforme Ocean Innovators, visant à mettre en relation des porteurs de solutions innovantes et des investisseurs pour développer une économie bleue durable.

"Tout l’objectif de cette plateforme est de mieux faire connaître et d’accélérer le temps de mise en œuvre et l’envergure de solutions qui fonctionnent. Nous les aidons à passer d’un niveau très local, expérimental, à une échelle plus industrielle", avait résumé Olivier Wenden, vice-président de la FPA2 en amont de son départ à Charm el-Cheikh.

Deux sessions étaient prévues sur ce sujet pour appréhender les opportunités, les défis. Et faire progresser cette innovation, avec notamment une intervention de Bertrand Piccard et sa fondation Solar Impulse, pionnière dans la démarche de promouvoir des solutions efficaces dans le domaine environnemental.

La phrase

"C’est une COP particulière, celle de la mise en œuvre qui est essentielle pour arriver à porter des projets d’adaptation sur nos territoires et tenir les enjeux d’une augmentation climatique maximum de 1,5 degré dans des moments où touchés par la crise énergétique, touchés par la guerre, nous pourrions être tentés de revoir cet objectif et ce serait dramatique pour notre avenir", Céline Caron-Dagioni, conseiller de gouvernement-ministre pour l’Equipement, l’Environnement et l’Urbanisme, au micro de Monaco-Info, en direct de Charm el-Cheikh.

Le chiffre

110. C’est le nombre de dirigeants internationaux qui sont passés ou qui passeront à la table des négociations de cette COP27, prévue jusqu’au 18 novembre. Le président américain Joe Biden doit s’y rendre ce vendredi 11 novembre.

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