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Fracture entre les Spinelli à la mairie de Beausoleil Les syndicats CGT-FO : Un malaise est perceptible

Mis à jour le 08/04/2019 à 10:21 Publié le 08/04/2019 à 10:21
Le torchon brûle entre Nicolas et Gérard Spinelli.

Le torchon brûle entre Nicolas et Gérard Spinelli. archives Jean-François Ottonello

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Fracture entre les Spinelli à la mairie de Beausoleil Les syndicats CGT-FO : Un malaise est perceptible

Gérard Spinelli a retiré les délégations d’adjoint à son fils, Nicolas, qui avait exprimé son « désaccord » sur la façon dont est menée la réorganisation en mairie. Le maire, lui, juge ses décisions nécessaires

Information : le maire de Beausoleil a écarté son fils de la mairie et lui a brutalement retiré toutes ses délégations d’élu. » Un e-mail laconique. Ce 2 avril, de nombreux fonctionnaires de la mairie de Beausoleil reçoivent ces quelques mots lapidaires, non signés, sur leur boîte professionnelle. La veille, le 1er avril, Nicolas Spinelli s’est retrouvé orphelin de ses nombreuses délégations (1), lui qui avait déjà perdu celle des ressources humaines le 5 mars dernier. Et, pour le coup, l’appel téléphonique de la directrice générale des services lui annonçant la décision de son père, n’avait rien d’un poisson d’avril.

Que s’est-il passé entre le maire et son 6e adjoint, qui conserve toutefois sa place au cœur de l’assemblée municipale ? Entre un père et son fils de 33 ans qui roule pourtant pour lui, avec loyauté, depuis la mandature de 2008, année de reprise de la mairie par Gérard Spinelli.

« Les méthodes me gênent »

Ce « désaccord » - un terme employé par le fils mais réfuté par le père (lire plus loin) - intervient dans un contexte de réorganisation des services municipaux, opérée non sans remous en mairie. D’optimisation des dépenses de fonctionnement. En bref, le maire veut réorganiser, réduire les effectifs et faire des économies.

Sur le fond, à l’heure où les dotations de l’État s’amenuisent, les deux hommes de la famille Spinelli, à l’instar des cadres et élus, sont unanimes sur une nécessaire réorganisation. Le fils ayant même soutenu la démarche du père, en septembre 2017, date à laquelle un contrôleur de gestion a été recruté sous contrat pour mettre de l’ordre dans la machine municipale.

Ce serait sur la forme que le bât blesse. « Ce sont les méthodes qui me gênent, déclare Nicolas Spinelli. Au début, j’ai beaucoup cru en ce contrôleur de gestion. Je la soutenais. Puis j’ai commencé à être mal à l’aise, les gens se sentaient harcelés. Il y a un vrai sentiment d’injustice qui règne chez le personnel. » Une allusion non feinte à un sondage intersyndical CGT-FO (lire ci-dessous). Le fils Spinelli s’inquiète : « Il va y avoir des répercussions fortes sur la vie quotidienne de la commune. On s’en prend aux personnes de manière injuste et arbitraire, des services sont déstructurés, il y a des changements de poste… »

« Une situation délicate »

Un remue-ménage interne qui aurait, selon lui, poussé au moins quatre chefs de service à poser leur démission. Et provoqué des fractures, voire des clans en interne.

Nicolas Spinelli a voulu alerter le maire sur la situation. En vain. Jusqu’au retrait desdites délégations, ce lundi 1er avril. « Le maire a choisi une direction différente, il renie ses valeurs, tout ce qu’il a défendu depuis des années », tacle-t-il.

Du côté de la majorité municipale, personne ne semble vouloir prendre position. Presque gênée d’une situation inédite. « Je ne veux pas m’immiscer, souffle un membre de la majorité. On ne connaît pas les tenants et aboutissants. C’est une situation délicate du fait de la particularité de la situation entre un père et son fils. J’essaye d’avoir du recul. Moins j’en entends, mieux je me porte. »

« Nicolas est quelqu’un de bien »

Du côté de Gérard Spinelli, c’est un tout autre argumentaire qui est développé. « Je veux assumer directement ces délégations [celles de son fils, N.D.L.R.] qui touchent à des sujets sensibles. J’assume jusqu’au bout. Nicolas est quelqu’un de bien. Il a toute ma confiance. Et je ne remets en cause à aucun moment ses compétences, sa loyauté, son amour pour la ville et la chose publique. Il y a peut-être eu un manque de dialogue… »

Concernant la réorganisation en mairie assurée par le contrôleur de gestion - « une personne sous ma responsabilité », dixit le maire - Gérard Spinelli assure que c’est un impératif vital pour continuer de mener à bien ses actions pour la population. « On a énormément de projets qui aboutissent, qui sont dans les cartons. On veut répondre à notre mission et améliorer le bien-être de la population. Il y a deux contraintes : ne pas augmenter les impôts et ne pas emprunter. J’ai besoin d’optimiser mes recettes et mes dépenses. C’est moi qui prends ces décisions et personne d’autre. Ça peut ne pas plaire. Les fonctionnaires sont peu payés. Certains travaillent beaucoup et on a du mal à les récompenser à la hauteur de leurs compétences. Après, il y a 20 % de fonctionnaires qui ne justifient pas leur salaire. »

Au moins, les choses sont claires.

« Les syndicats ont été alertés par de nombreux agents de la collectivité eu égard aux multiples changements de poste et départs successifs de la commune. Cette mobilité, effectuée de manière unilatérale, ne correspond pas aux souhaits et compétences des fonctionnaires. Un malaise général est perceptible et les facteurs de risques psychosociaux sont élevés. Il y a urgence à ce que les élus de notre commune donnent du sens et fassent la pédagogie de leurs décisions politiques. »

C’est par ce tract, distribué en mairie de Beausoleil en fin de semaine, que les syndicats CGT et FO ont annoncé la tenue d’un sondage anonyme auprès des fonctionnaires. Une manière de tirer la sonnette d’alarme.

Sur ce papier, on retrouve sept questions portant sur l’évolution du niveau de bien-être au cours des douze derniers mois, la satisfaction ou non des conditions de travail, les attentes autour du poste occupé, l’adéquation ou non avec le management de la commune, la sécurité professionnelle, la considération de l’employeur et du responsable de service.

« Ce sondage permettra de connaître votre ressenti sur vos conditions de travail et d’apporter aux syndicats la matière pour l’ouverture d’un dialogue social avec l’exécutif de la collectivité », poursuit le tract.

Sollicité sur cette action des syndicats, d’ordinaire peu vindicatifs en mairie de Beausoleil, Gérard Spinelli réagit : « En introduisant les mots “évaluation” et “contrôle”, on demande aux fonctionnaires qu’ils justifient leur salaire. Et ça ne plaît pas à certains. Ceux qui travaillent bien ne sont pas touchés. Les contribuables de Beausoleil confient leur argent à la ville de Beausoleil. Je leur dois une gestion saine, éclairée et responsable. Et je dois rendre des comptes. Ils doivent savoir à quoi sert leur argent. Il y a des gens en mairie qui le réalisent. Quand on essaye de bouger les choses, on s’en prend plein la gueule. »

archives Franz Chavaroche

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