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Comment construire le monde d’après? La Fondation Prince Albert II de Monaco lance une nouvelle campagne

L’environnement : un défi à relever après la crise ? La Fondation Prince Albert II de Monaco vient de lancer une campagne numérique forte de messages de personnalités invitant à réfléchir sur le thème : comment construire le monde d’après.

Cédric Verany Publié le 13/05/2020 à 09:30, mis à jour le 13/05/2020 à 09:30
Les activités à l’arrêt ont changé l’air, le paysage et reposé la nature ces dernières semaines, comme ici en Savoie. Vincent Isore/PQR

Ne ratons pas cette occasion ». Dans une vidéo enregistrée depuis les jardins du Palais, le prince Albert II donne le ton.

« La fragilité de l’humanité que nous constatons doit nous conduire à réfléchir à nos priorités et à réinventer notre rapport à la nature. À travers les immenses changements sociaux et économiques qu’elle entraîne, et qu’elle entraînera durant de longs mois, peut-être de longues années encore, cette crise doit nous inciter à mieux préserver notre planète, son climat, sa biodiversité, ses océans. Nous savons aujourd’hui que nous pouvons le faire ».

Diffusée à l’occasion du cinquantième anniversaire du « Earth Day », la vidéo impulse une campagne digitale portée par la Fondation Prince Albert II, baptisée « A green shift ». Elle compile une quinzaine de témoignages de personnalités scientifiques, décideurs ou leaders d’opinion.

Revoir la relation à la nature

Thème central : engager la réflexion sur le lien entre environnement et pandémie, sur l’impact actuel de la crise en diverses régions du monde et sur les perspectives pour le « jour d’après ».

 

En effet, la pandémie de Covid-19 a entraîné une nécessité de recentrer ses besoins. Laissant apparaître aussi, qu’avec l’activité humaine mise à l’arrêt ou presque, la nature pouvait retrouver ses qualités premières. « Nous avons attendu le moment opportun pour lancer cette campagne autour de ces questions car il nous semblait important de réfléchir au jour d’après, à notre relation à la nature, à l’environnement et à la mondialisation » souligne Olivier Wenden, vice-président et administrateur délégué de la Fondation Prince Albert II.

« Les modifications de notre écosystème ont certainement accéléré cette pandémie. Comme l’industrie du transport aérien a favorisé la circulation du virus. C’est sur ces thématiques que nous voulons réfléchir pour éviter de reprendre nos vies, au sortir de la crise, comme si de rien n’était ».

Autour de quelles pistes ?

À l’émulation intellectuelle de les définir, notamment via cette campagne qui espère que des initiatives internationales vont pouvoir faire partager les données scientifiques, mobiliser les citoyens, inspirer les jeunes générations, inciter à investir dans l’efficacité énergétique, aider les secteurs pénalisés.

 

« Mais tout cela devra se faire dans un contexte particulier où la crise va provoquer des tensions sociales, économiques et financières » admet Olivier Wenden.

Une économie plus durable

Pour autant, la baisse des émissions de gaz à effet de serre, les eaux de mers ou de fleuves devenues plus limpides ces dernières semaines reflètent un espoir ? « L’impact de l’homme sur la nature est clairement établi au regard de la pause de ces activités qui changent la donne. La plus grande surprise que nous constatons, c’est la rapidité à laquelle la nature reprend le dessus, notamment dans la vie marine » confirme Olivier Wenden.

« Le problème c’est que pour l’heure, il n’y a plus ou presque plus d’activité. Lors de la reprise, où certains vont mettre les bouchées doubles, le risque est que les engagements environnementaux soient oubliés pour un temps ? C’est pourquoi, il semble important d’utiliser ce moment pour construire une économie plus durable ».

Le soutien à une mission pour profiter du silence en Méditerranée

 

 
La mission a démarré fin avril dans la réserve de Port-Cros. Pauline Cottaz.

C’est un des effets jugé positif de cette crise sanitaire sans précédent. La Fondation Prince Albert II apporte son soutien à la mission « Quiet Sea » qui vient de démarrer en Méditerranée, précisément dans l’espace PELAGOS.

Il s’agit d’un projet exceptionnel d’écoute du milieu marin pendant et après le confinement, lancé dans l’urgence pour profiter de la situation actuelle.

En effet, le brusque coup d’arrêt de l’activité internationale a ralenti de façon unique les activités maritimes en Méditerranée, où le trafic est d’ordinaire l’un des plus denses au monde pour la pêche, la croisière ou la plaisance.

La situation a permis l’instauration d’une mission scientifique d’écoute du milieu marin dans un état de faible pollution acoustique. Le Sphyrna Odyssey a lancé la mission « Quiet Sea », placée sous la direction scientifique du professeur Hervé Glotin, qui a pour objectif de mesurer la densité et le comportement de plusieurs espèces de cétacés, pendant et après la période de confinement, dans le sanctuaire PELAGOS, à partir des deux navires laboratoires autonomes.

En prenant les mesures sanitaires de précaution nécessaires, les deux navires sont partis du port de Toulon le 23 avril dernier en direction du parc national de Port-Cros pour mener à bien les recherches. Un des objectifs est de montrer les effets, et les impacts de la population de l’homme sur ces espèces marines.

Les deux bateaux sont chacun équipés d’hydrophones très sensibles placés sous leur coque pour l’écoute des cétacés, en dérive ou à très faible vitesse, jusqu’à 2000 mètres de profondeur. Étant très silencieux, ils ont la particularité de ne pas perturber les mesures acoustiques réalisées pendant la mission.

 

Offre numérique MM+

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