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Comment à Monaco la société Bettina a mis son savoir-faire de la maille haute-couture au service de la fabrication de masques haut de gamme

Mis à jour le 25/05/2020 à 16:07 Publié le 25/05/2020 à 16:07
À la date d’aujourd’hui, plus de 145.000 masques ont été produits au 2, avenue Crovetto Frères à Monaco.

À la date d’aujourd’hui, plus de 145.000 masques ont été produits au 2, avenue Crovetto Frères à Monaco. (Photo Cyril Dodergny)

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Comment à Monaco la société Bettina a mis son savoir-faire de la maille haute-couture au service de la fabrication de masques haut de gamme

La société monégasque Bettina, spécialiste des articles de maille à destination des grandes maisons françaises de luxe, a développé une nouvelle activité durant la crise sanitaire: les masques.

Bettina Graziani. Jusqu’à sa mort, en 2015, elle ne lâchera jamais le terrain de la coquetterie. On disait de ce mannequin au visage angélique, favorite des couturiers, qu’elle portait le statut de femme la plus photographiée de France. Dans les années cinquante, lors des plus belles heures de sa carrière, elle dessine les deux premières collections en maille fine d’une société nichée au cœur de la Condamine à Monaco, square Gastaud. Ainsi naît la société Bettina en 1954. "Elle laissera un héritage et une signature", souligne Philippe Prudhomme, administrateur délégué et directeur général de Bettina, version 2020. Six décennies plus tard, donc –avec 20 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel et 168 salariés désormais installés sur les hauteurs du quartier– la société spécialisée dans la maille de luxe développe et produit des créations exclusives pour les grandes maisons de luxe et des créateurs de talent.

"On partait de zéro"

Un savoir-faire ancestral et un parc industriel de 36 machines à tricoter, largement mis à contribution pendant la crise sanitaire du Covid-19. Pas pour le milieu de la mode mais pour les masques grand public.  Bettina a usé de son agilité, de sa créativité et de ses compétences pour participer à l’effort de guerre. Mais aussi pour ne pas se retrouver en délicatesse financière. "Mi-mars, on commençait à avoir de plus en plus d’alertes d’annulation. On sait alors qu’on va se retrouver en difficulté. Il fallait qu’on trouve une solution de rentabilité interne pérenne par rapport à cet événement pour compenser la baisse du chiffre d’affaires et se positionner sur le marché avec un produit qui sorte de la norme", confie Philippe Prudhomme.

Le 23 mars, les têtes pensantes de la société et les développeurs planchent pour pondre un prototype de masque. "On partait de zéro. On n’avait pas la compréhension de la notion de filtration et de perméabilité. On s’est renseigné sur les agréments, les normes, on a intégré une cellule du gouvernement français », retrace Melissa Manouvrier, responsable qualité chez Bettina. Les premiers essais de tricotages se font dans la journée. Trois jours plus tard, la Direction générale de l’armement en France, chargée de la certification, met son tampon vert. Ainsi naît Bettimask, masque en maille, lavable à cinq reprises.

"Pérenne à long terme"

Le mois d’avril permet alors d’affiner le produit. Depuis, les machines tournent à plein régime pour sortir un masque lavable 75 fois –unique sur le marché–, ergonomique, capable de filtrer à 93% les particules de trois micromètres, décliné en neuf tailles et trois couleurs. En résumé: "Faire de la qualité avec une grande durée de vie", à l’heure où la Principauté de Monaco prêche l’écoresponsabilité.

À la date d’aujourd’hui, grâce à une extension des locaux, ce sont plus de 145.000 masques qui ont été produits puis distribués ou vendus aux institutions, entreprises, associations et particuliers du pays. Et même à la Direction générale de l’armement en France.

Le kit de deux masques sera bientôt en vente dans les pharmacies, centres commerciaux et magasins de bricolage de la Principauté. Et Bettina ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et réfléchit aussi à en faire un accessoire de mode. La société travaille aussi pour se positionner sur la vente à l’étranger mais ainsi que sur le secteur du médical. "Cela va prendre du temps, ce ne sont pas les mêmes normes et c’est un métier qui n’est pas le nôtre à la base. Mais on pense que cette activité est pérenne à long terme, qu’on a une place sur ce marché. L’idée est de s’inscrire dans un système plus écoresponsable. C’est plus vertueux de laver un produit que de le jeter", confie Philippe Prudhomme. Un autre chapitre de la société à écrire, donc, tout en conservant l’existant, l’historique. Un défi de taille.

Fin mars, la société s’attelle au développement et à la fabrication de masques. Il faut plus de vingt étapes pour arriver au produit final, désormais lavable 75 fois.
Fin mars, la société s’attelle au développement et à la fabrication de masques. Il faut plus de vingt étapes pour arriver au produit final, désormais lavable 75 fois. (Photo Cyril Dodergny)

Repères

Date de création: La société a vu le jour en 1954 et doit son nom à Bettina Graziani, un célèbre modèle des années cinquante/soixante.

Grandes maisons françaises de luxe: À ce jour, Bettina travaille avec deux des plus grandes maisons françaises de luxe mais, pour des raisons de confidentialité, l’entreprise refuse d’en donner les noms. La collaboration avec l’une d’entre elles s’amorce dès 1957.

Chiffre d’affaires: 3 millions d'euros en 2007 puis 20 millions d'euros en 2019.

Nombre de salariés: Avant la crise du Covid-19, la société comptait 168 salariés. Quelques CDD n’ont pas été reconduits. 86% sont des femmes, 14% des hommes. 46% ont une ancienneté inférieure à 5 ans et ont moins de 35 ans.

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