Incidents au Stade de France: Gilles Platret, vice-président LR réclame la démission de Gérald Darmanin

Le ministre de l'Intérieur a menti sciemment. Quand il y a un mensonge d'Etat, aujourd’hui avéré, ce n'est pas des excuses qu'il faut, c'est une démission » juge Gilles Platret, maire LR de Chalon-sur-Saône et vice-président des Républicains, sur Sud Radio.

La rédaction Publié le 14/07/2022 à 12:14, mis à jour le 14/07/2022 à 12:07
Les ministres Amélie Oudéa-Castera et Gérald Darmanin. Photo Thomas Coex/AFP

L'affaire n'a pas fini de faire parler. Après l'immense fiasco de la finale de la Ligue des Champions au Stade de France, Gérald Darmanin ministre de l'Intérieur se retrouve sous le feu des critiques. 

Après la publication de ce rapport et la mise en lumière des larges imprécisions du ministre de l'Intérieur lors de sa rencontre avec les sénateurs, Gilles Platret, maire de Châlon-sur-Saône et vice-président des Républicains, a exigé la démission de Gérald Darmanin. 

Il estime sur Sud Radio que "le ministre de l'Intérieur a menti sciemment". Et d'ajouter: "quand il y a un mensonge d'Etat, aujourd’hui avéré, ce n'est pas des excuses qu'il faut, c'est une démission"

Une mauvais analyse de Darmanin, "imprécise et partielle" 

Dans ce rapport, cette soirée est qualifiée d'"échec" imputable aux "décisions" de la préfecture de police de Paris et pointe des explications du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin loin de "la vérité": les sénateurs ont mis en lumière mercredi les "défaillances" des autorités françaises lors de la finale de la Ligue des champions au Stade de France qui a viré au chaos fin mai.

"Ce n'est pas parce qu'il y avait des supporteurs de Liverpool qui ont accompagné leur équipe que ça s'est mal passé", a déclaré Laurent Lafon, président de la commission Culture du Sénat, lors de la présentation à la presse d'un rapport d'information sur le fiasco sécuritaire du match Real Madrid-Liverpool le 28 mai.

 

Le rapport exonère donc de toute responsabilité les supporters des deux camps, contrairement à ce qu'avait alors affirmé Gérald Darmanin. "L'analyse faite" par le ministre Darmanin, "n'était pas la bonne", a dénoncé Laurent Lafon. Elle était "partielle et imprécise", a-t-il encore dit.

Les premières déclarations ne correspondaient pas à la vérité

Auditionné par la chambre haute, le ministre Darmanin avait fait porter l'essentiel de la responsabilité des incidents sur "30.000 à 40.000 supporters anglais" qui, avait-il affirmé contre la plupart des observateurs sur place, s'étaient présentés au stade "sans billet ou avec des billets falsifiés". Pressé par les critiques, il avait fini par présenter des "excuses" aux supporters et admis, fin juin, une "part de responsabilité" dans les ratés de la soirée.

"Les positions ont évolué au fur et à mesure des auditions", a rappelé François-Noël Buffet (LR) le président de la commission des Lois, mais "les premières déclarations ne correspondaient pas à la vérité".

Mercredi après-midi, M. Darmanin a reconnu devant les sénateurs en séance qu'il y avait eu "non seulement des dysfonctionnements mais des erreurs de préparation dont le ministère de l’Intérieur, la préfecture de police et le ministre de l’Intérieur doivent tirer toute conséquence".

 

Un "enchaînement de dysfonctionnements" et de "défaillances"

L'une des principales associations de supporters de Liverpool, Spirit of Shankly, a réagi à ce rapport en se félicitant du "message clair de soutien (envoyé) aux supporters qui ont assisté à ce match", tout en exigeant que "le gouvernement français présente ses excuses et une rétraction totale à propos des mensonges diffusés depuis le 28 mai 2022". "Je suis satisfait que le Sénat ait clairement retiré toute récrimination contre les supporters de Liverpool, mais le gouvernement français doit aussi accepter ces conclusions et formuler des excuses sans réserve", a de son côté tweeté le chef de l'opposition travailliste britannique Keir Starmer.

Le maire de la métropole de Liverpool, Steve Rotheram, présent à Paris le soir de la finale au Stade de France, a pour sa part rappelé que "le traitement brutal et la réponse des autorités se résumaient à des préjugés à l'égard des supporters": "Cela doit changer, sinon les fans seront mis en danger par ceux qui sont supposés les protéger".

Spectateurs sans billets escaladant les grilles du stade, d'autres munis de tickets mais ne pouvant y entrer, familles aspergées de gaz lacrymogènes par la police ou vols et agressions commis par des délinquants opportunistes: ces scènes, qui ont fait le tour du monde, sont dues à un "enchaînement de dysfonctionnements" et des "défaillances" aussi bien "dans l'exécution" que dans la "préparation" de l'événement, a encore dénoncé M. Lafon.

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