Dette, réformes structurelles, instabilité politique… Italie: faut-il s’inquiéter de la démission de Mario Draghi?

La démission du président du conseil Mario Draghi ce jeudi en Italie a soulevé de nombreuses inquiétudes tant au niveau national qu’européen. Deuxième dette de la zone euro, la Péninsule était engagée dans un processus de réformes structurelles essentielles à l’obtention d’aides européennes, nécessaires à la relance de son économie à la suite de la pandémie. Faut-il s’en inquiéter?

Flora Zanichelli Publié le 22/07/2022 à 12:55, mis à jour le 26/09/2022 à 16:58
Sergio Mattarella (G) et Mario Draghi, le 13 janvier 2021 à Rome. PHOTO - POOL/AFP/ARCHIVES - GUGLIELMO MANGIAPANE

Pourquoi Mario Draghi a-t-il démissionné?

Sa majorité politique au Parlement a littéralement implosé jeudi dernier. Trois des huit partis de sa coalition, la Ligue du Nord de Matteo Salvini, Forza Italia et le Mouvement 5 étoiles ont refusé de lui accorder leur confiance lors d’un vote au Sénat. 

Les deux premiers, analysent les différents observateurs de la vie politique italienne, favorisés dans les sondages, auraient décidé de saisir la balle au bond pourraient être les grands gagnants des prochaines élections et . Quant au Mouvement 5 étoiles, empêtré dans des conflits internes, il pourrait également profiter d’un retour aux urnes pour remettre les compteurs à zéro. 

L’Italie étant une République parlementaire, c'est la majorité du parlement qui décide qui gouverne, pas le président. Le refus du vote de confiance est à l’origine de cette instabilité chronique italienne.

Quel calendrier pour les prochaines élections?

Les élections se tiendront à la rentrée en Italie, la date ayant été fixée au 25 septembre par Sergio Mattarella, le président de la République italienne.

Mario Draghi restera aux manettes pour expédier les affaires courantes jusqu'à cette date. 

 

Un moment délicat pour la Péninsule, soulignent les observateurs de la vie politique italienne, puisqu’elle coïncide avec la période d’élaboration du budget du pays. 

Quelles conséquences pour l’Italie et la zone euro?

La sortie de scène de Mario Draghi arrive au pire moment pour l'Italie qui doit faire face à l'impact de la guerre en Ukraine, réduire sa dépendance au gaz russe et mettre en route des réformes difficiles en vue de l'octroi des fonds du plan de relance européen dont l’Italie est la première bénéficiaire.

200 milliards d’euros devraient lui être octroyés pour stimuler la croissance. Problème : le déboursement de ces fonds est lié à la mise en place d’une série de réformes. Si la modernisation de la justice et de l’administration a pu être entamée au cours de ces dix-sept mois de mandat, d’autres chantiers comme la réforme des retraites n’ont pu être abordés.

Autre inquiétude, l'Italie croule sous une dette colossale de plus de 2.700 milliards d'euros, soit quelque 150% du PIB, le ratio le plus élevé de la zone euro derrière la Grèce. 

Mais les observateurs se veulent rassurants. L’Italie dispose d’une économie solide, basée notamment sur une industrie compétitive et exportatrice. De plus, la majorité des détenteurs de la dette sont les Italiens eux-mêmes, la rendant moins soumise aux spéculations extérieures. 

 

Qui pourrait diriger le pays dès septembre?

L'archi-favori est la coalition dite "de centre-droit", qui réunit Forza Italia, le parti de droite de Silvio Berlusconi, et l'extrême droite représentée par la Ligue du tribun populiste antimigrants Matteo Salvini et Fratelli d'Italia. 

Ce parti post-fasciste, présidé par Giorgia Meloni, est donné premier dans les intentions de vote, à près de 24%.

Pour ce qui est de la politique étrangère et, notamment, la position de l’Italie dans la guerre en Ukraine, le départ de Mario Draghi, fermement opposé au Kremlin, n’est pas une bonne nouvelle.

Mais, insistent les observateurs de la vie italienne, seul le parti de Fratelli d’Italia pourrait se montrer favorable à Moscou et il est peu probable que les autres forces politiques en présence prennent position en faveur du Kremlin.

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