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Mecaplast Production à Monaco: "On a tout tenté pour sauvegarder l'emploi"

Mis à jour le 05/11/2014 à 10:00 Publié le 05/11/2014 à 09:43
Thierry Manni, président du conseil d'administration du groupe Mecaplast.

Thierry Manni, président du conseil d'administration du groupe Mecaplast. Eric Dulière

Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Mecaplast Production à Monaco: "On a tout tenté pour sauvegarder l'emploi"

Depuis l’annonce, le 24 octobre, d’un plan social visant la moitié des effectifs de Mecaplast Production, la direction ne s’était pas exprimée. Le président du conseil d’administration sort du silence

Depuis l’annonce, le 24 octobre, d’un plan social visant la moitié des effectifs de Mecaplast Production, la direction ne s’était pas exprimée. Le président du conseil d’administration sort du silence

Suite à l'annonce du départ de 65 personnes pour Mecaplast Production sur un total de 140 salariés, Thierry Manni, fils de Charles, fondateur du groupe en 1955, avait envie de s'expliquer après la colère des délégués du personnel exprimée dans nos colonnes du 31 octobre dernier. Derrière le sourire de façade, l'homme accuse le coup et prône « avant tout la transparence et le dialogue ».

Quelle est la situation économique de Mecaplast Production ?

La situation est très simple. On subit une érosion continue depuis de nombreuses années du chiffre d'affaires de Mecaplast Production. La production des véhicules ne cesse de décroître et la situation géographique de Monaco nous impacte directement puisque les constructeurs ne comprennent pas comment on peut être économiquement performants en étant à 500 km de leur usine. Donc nos clients préfèrent nos usines plus proches, voire nos concurrents. Depuis 2008, on essaye de maintenir une activité coûte que coûte sur le site mais le chiffre d'affaires continue de dégringoler.

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Quel est donc l'objectif de ce plan social ?

On a vraiment tout tenté pour sauvegarder l'emploi à Monaco mais on n'a pas réussi en restant sur le secteur des pièces automobiles. La solution c'est donc de sortir de ce marché en conservant évidemment le savoir-faire et l'expertise que l'on a acquis sur la technique d'injonction de plastique, qui est le principe du moule à gâteau. Il a donc été décidé de réduire nos structures et de créer Foreplast qui se lance sur le marché industriel avec, pour commencer, par exemple, un sèche-cheveux, ou encore des bouches d'aération ou des pièces d'ameublement.

C'est une véritable révolution ?

Je dirais une évolution. Il est certain qu'il va falloir changer notre état d'esprit et gagner en flexibilité. Les salariés vont apprendre à travailler différemment avec une mise en place de formations, évidemment. Mais lorsque l'on sait faire des pièces automobiles, un secteur très exigeant, avec des procédures très compliquées, on sait tout faire.

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Pourquoi 67 personnes ?

On a mis en place une structure cible pour faire 7 à 10 millions de chiffre d'affaires. Le but étant de remettre Mecaplast Production, ou plutôt Foreplast, sur le chemin de la compétitivité. Et grâce à la baisse de la masse salariale, on redevient déjà concurrentiel et attractif pour les nouveaux clients.

Qu'est-ce qui garantit que vous ne licencierez pas à nouveau ?

Je suis honnête : rien ne le garantit ! Mais si c'est le cas, ce sera la fin de Mecaplast Production. Le challenge que l'on se lance, on le fait parce qu'on y croit. Il y a une vraie tendance de marché appelé Metal to Plastic qui consiste à préférer des pièces en plastiques qui étaient auparavant en métal. Et ça, on maîtrise parfaitement. Ce que je peux garantir, c'est que je vais me battre pour ce nouveau projet. Je souhaite que tous ensemble, on fasse le maximum pour que ça marche. On s'en donne d'ailleurs déjà les moyens ne serait-ce qu'avec notre stratégie commerciale qui a une nouvelle force de frappe.

Selon les représentants du personnel, le « coup » était préparé depuis longtemps ?

Ça me gêne vraiment d'entendre cela car, si c'était le cas, j'avais tout intérêt à le faire plus tôt, puisque chaque jour, on perd un peu plus d'argent. Ce qui est certain c'est que l'on savait que l'on avait trop de structures et qu'on était en surcapacité. Mais cela a pris du temps car, encore une fois, nous avons cherché des solutions partout. Et puis, ce qu'on fait sur Mecaplast Monaco on l'a fait sur tous les autres sites en France mais c'est vrai que le site monégasque a toujours été protégé. Il y a un aspect sentimental que je ne peux pas nier. Je l'admets, on a peut-être perdu un peu de temps sur le positionnement et le développement du marché hors automobile. Mais ce n'est pas ça qui aurait sauvé 67 personnes.

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Des remarques ont aussi été formulées sur le prêt de 14 millions d'euros de l'État monégasques en 2012…

Il y a beaucoup de fausses affirmations qui circulent. Sur le prêt de l'État Monégasque, il faut préciser qu'il a été octroyé pour soutenir le groupe Mecaplast dans son entier. Grâce à ça, on n'a pas déposé le bilan et on arrive enfin à l'équilibre cette année, ce qui n'est pas arrivé depuis 2002. Certains parlent aussi de délocalisation mais les usines dans les autres pays servent au marché automobile du même pays. Ce ne serait pas rentable pour les constructeurs d'acheter plus loin. Les raccourcis sont faits extrêmement rapidement.

Quelles sont les conditions de départ ?

Elles sont en cours de discussion. Et pour l'instant, elles seront à la hauteur de ce qu'on a fait lors du plan social de 2012, c'est-à-dire 1 500 euros par année d'ancienneté et le package accompagnement et aide au retour à l'emploi.

Concrètement, quel est le calendrier ?

La consultation a démarré le 24 octobre et se termine le 24 novembre mais on se donne jusqu'au 3 décembre. Ensuite les salariés auront jusqu'à la mi-janvier pour le dépôt des candidatures au départ volontaire. On a décidé de leur laisser le temps pour qu'ils puissent prendre leur décision sereinement.

Les délégués du personnel estiment qu'il n'y aura pas 67 volontaires…

On s'attend effectivement à ne pas avoir 67 volontaires. Ensuite malheureusement, ce sera la règle du plan social.

Que pensez-vous de la manifestation de ce matin ?

Je comprends qu'ils aillent s'exprimer dans la rue, mais je n'aimerais pas entendre qu'il n'y a pas de dialogue avec nous, alors que nous sommes très ouverts et que tout le monde est à leur disposition.

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