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Lance Stroll : papa où t’es ?

Mis à jour le 25/05/2019 à 10:07 Publié le 25/05/2019 à 10:07
A 20 ans, Lance Stroll dispute sa troisième saison en Formule 1.

Lance Stroll : papa où t’es ?

À 20 ans, le Canadien tente d’exister dans une catégorie reine où l’étiquette de « fils à papa » lui colle à la combinaison. Prometteur en formules de promotion, il semble caler à l’étage supérieur

Ce n’est jamais agréable et bien trop souvent injuste de se voir coller une étiquette. Reste que des fois, l’évidence ne peut être niée, y compris par l’intéressé. Oui, Lance Stroll est un fils à papa. Un privilégié dans l’univers select de la F1.

Un paddock où des talents restent sur le palier ; tandis que d’autres giclent, sans ménagement, après une petite saison d’apprentissage. Lance, lui, a obtenu un sursis en 2019 après un exercice 2017 honorable, puis une saison presque blanche. Deux années ponctuées de critiques acerbes d’anciens ou récents champions du monde.

Au point que sans le soutien financier et moral de son paternel, Lawrence Stroll (lire ci-contre), le rejeton ne serait certainement pas sur la grille de départ du 77e Grand Prix de Monaco, ce dimanche.

Difficile ainsi de ne pas lire entre les lignes du directeur technique et sportif de la F1, Ross Brawn, en début de saison : « Ce qui est triste c’est qu’Esteban Ocon ne soit pas là. C’est un excellent pilote. Il y a une génération qui arrive en mettant la pression sur les anciens et c’est bien. Je me souviens de l’époque où nombreux étaient les pilotes qui ne méritaient pas d’être là, mais qui décrochaient un volant payant. C’est moins le cas aujourd’hui », rapportait L’Equipe le 28 mars dernier.

Chassé de Force India, écurie rachetée par Lawrence Stroll en août 2018 et renommée Racing Point F1 Team, Sebastian Ocon ronge ainsi son frein comme pilote réserviste Mercedes après avoir laissé entrevoir de belles choses lors d’une saison bouclée à la 12e place.

« Ce n’est plus le talent qui propulse des pilotes »

À seulement 20 ans, Stroll a donc été titularisé in extremis pour une troisième saison de rang grâce à un nouveau coup de pouce de son géniteur. Car en 2016, déjà, Lawrence avait sorti le chéquier et allongé une cinquantaine de millions d’euros à l’écurie Williams pour que le fiston fasse équipe avec Felipe Massa la saison suivante.

Une forme de clientélisme qui dérange profondément le champion du monde 1997, Jacques Villeneuve, pourtant lui-même « fils de ». « Ce n’est plus le talent qui propulse des pilotes dans la course auto aujourd’hui (...). Vous avez presque besoin d’avoir les moyens de la famille Stroll pour devenir un pilote de course », assène Villeneuve. « Si déjà à 12, 13 ans, l’argent fait la différence, alors, les pilotes talentueux ne perceront jamais. Donc en F2, vous n’aurez plus que les meilleurs jeunes pilotes riches - vous n’aurez pas les meilleurs talents disponibles sur la planète. »

« Je me fous de ce que les gens pensent »

Des propos qui ont valu au compatriote de Stroll d’être black-listé par Williams. D’autant que le garçon a eu la dent dure même quand Stroll brillait. En 2017, le Canadien glane ainsi ses premiers points en GP. Et Villeneuve dégaine : « C’est l’une des plus mauvaises performances réalisées par un rookie, et ce, dans toute l’histoire de la Formule 1. À Montréal, il s’est mieux débrouillé mais il surconduit. Tout le temps. »

S’il ne voit pas le drapeau à damier sur un quart des circuits cette saison-là, Stroll termine au 12e rang d’un championnat relevé, décrochant même son premier podium en Azerbaïdjan (3e). « Je me fous de ce que les gens pensent. Je suis heureux pour moi et mon équipe. Le reste ce n’est que du bruit. Les gens qui ne m’aiment pas trouveront toujours des choses à dire, quoi que je fasse », rétorque-t-il alors à Villeneuve.

Quoi de mieux pour se défaire d’une étiquette que de surprendre ? Sauf qu’en 2018, c’est le trou noir. Stroll n’abandonne que trois fois mais plafonne à six petits points. Mieux que son coéquipier russe, Sergey Sirotkin, qui frôle le « fanny » avec un point, mais maigre comparé à d’autres espoirs.

« Je comprends que ce ne soit pas très juste »

À commencer par Ocon. « Pour Esteban, je suis la cause de sa situation, concède Stroll. (...) Si mon père décide de me placer chez Force India, c’est son choix. Mais je comprends que ça ne soit pas très juste pour Esteban ». Humilité sincère pour celui qui, il faut le rappeler, présente des titres en F4 Italie, F3 Europe et Toyota Racing Series sur son CV. Mais les critiques restent aimantées à sa carrosserie.

En octobre 2018, c’est le double champion du monde (2005, 2006) Fernando Alonso qui revient à la charge. « C’est étrange que certains pilotes aient un niveau si faible », fulmine-t-il après le GP des États-Unis. « C’est impossible de partager la piste avec des mecs pareils. Ils ne peuvent pas prendre des départs de ce type et provoquer des accidents dès les premiers virages (...) » «Nando » fera son mea culpa plus tard, évoquant « un incident de course » aux torts partagés.

« On devrait parler un peu plus ce que j’ai fait dans le passé, se défend modestement Stroll. Je ne nie pas que le système est imparfait. Mais je mérite un peu plus que d’être mentionné pour mes soutiens financiers. »

Ces performances sont logiquement décortiquées à la loupe. La meute lâchée, beaucoup lui reconnaissent des qualités. Mais en qualifs, c’est la cata. Jeudi, il a ainsi fini à la 18e place des essais libres. « Il ne faut pas en faire une obsession car les points se marquent le dimanche », se défendait l’intéressé à la veille du GP de Catalogne, il y a deux semaines. Grand Prix abandonné et marqué par une sortie de piste dès la première séance d’essais. En cas de contre-performance en Principauté, Stroll, qui est rentré deux fois dans les points cette saison mais accuse du retard sur son coéquipier, Sergio Perez, pourrait vraiment être sur la sellette. Papa, où t’es ?


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