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L'homme d'affaires monégasque Jean-Luc Allavena élevé au rang d'officier de la Légion d’honneur

En présence du prince Albert II, Jean-Luc Allavena a été décoré par Christine Lagarde lundi soir à la Monnaie de Paris. Une cérémonie qui a rassemblé plus de cinq cents personnalités.

Joëlle Deviras Publié le 30/03/2022 à 09:30, mis à jour le 30/03/2022 à 09:56
Au nom du président de la République, Christine Lagarde a décoré Jean-Luc Allavena. Photo Gaëtan Luci - Palais princier

Quelle cérémonie! Aux côtés du prince Albert II, lundi soir, à l’Hôtel de la Monnaie, Jean-Luc Allavena a convié plus de cinq cents invités venus assister à sa remise des insignes d’officier de la Légion d’honneur des mains de la présidente de la Banque centrale européenne et ancienne ministre Christine Lagarde. Légion d’honneur créée il y a 220 ans par Bonaparte, "la plus prestigieuse de toutes dans notre République", a rappelé Marc Schwartz. C’est d’ailleurs dans les ateliers de la Monnaie de Paris que la médaille est fabriquée.

Rassemblés dans la Cour d’honneur aux côtés du Prince Charles Bourbon des Deux Siciles, du Grand Chancelier de la Légion d'Honneur le Général Benoît Puga, et du directeur général de la Monnaie de Paris Marc Schwartz, plusieurs des plus grands patrons de France, plus de ministres qu’il n’en faut pour composer un gouvernement, les plus hauts fonctionnaires français et monégasques, dont le ministre d’État Pierre Dartout, des députés, des sénateurs, des maires, ont chaleureusement applaudi le récipiendaire.

Et comme si le ciel avait lui aussi voulu contribuer à rendre l’événement plus exceptionnel encore, le climat était de la partie avec une douce température digne d’un joli mois de mai parisien.

L’assemblée était notamment composée de vingt ministres et anciens ministres dont Dominique de Villepin, François Baroin, Elisabeth Guigou, Rachida Dati, Frédéric Vidal, Jean-François Copé. Etaient présents de grands patrons tels que Xavier Niel (Iliad), Jean-Paul Agon (L’Oréal), Anne-Marie Couderc (Air France), Jean-Dominique Senard (Renault), Arnaud de Puyfontaine (Vivendi), François-Henri Pinault (Kering), Debis Kessler (Scor),... Gaëtan Luci - Palais princier.

Dix ans après avoir été promu Chevalier

Presque dix ans après sa décoration au grade de Chevalier par le décret du 20 avril 2012 puis la remise des insignes par le Premier ministre Alain Juppé, le 10 juillet 2013, le Monégasque est donc élevé au rang d’Officier. Une distinction qui honore un parcours exemplaire dans les affaires, mais aussi l’engagement d’un homme qui consacre toujours plus de temps à encourager et soutenir les jeunes générations.

Si Jean-Luc Allavena a choisi de recevoir sa distinction dans la cour d’honneur de l’Hôtel de la Monnaie, c’est parce que le lieu revêt un caractère symbolique fort entre la France et Monaco : la Monnaie de Paris a frappé le franc puis l’euro monégasque, en vertu d’une convention signée en 1865 par le prince Charles III.

Illustration Photo Gaetan Luci/Palais princier.

"La fibre entrepreneuriale » et « l’engagement associatif"

Après un hommage très inspiré au souverain monégasque, Christine Lagarde s’est adressée à Jean-Luc Allavena: "C’est bien sur la confiance que vous nous donnez, que vous inspirez, que vous avez développé cet immense réseau d’amitié et d’estime ici rassemblé ce soir autour de vous et de votre famille. Vous êtes un homme de rencontre et de partage, guidé dans les rapports humains sur vos facilités naturelles à trouver des points communs, des terrains d’entente, à construire des ponts."

La présidente de la Banque centrale européenne a cité « trois ponts en commun » : le sport - le tennis pratiqué notamment avec Jean-Luc Lagardère, les États-Unis et l’Europe.

Christine Lagarde a souligné "la fibre entrepreneuriale" de Jean-Luc Allavena. Une qualité qu’elle a pleinement perçue lorsque, alors ministre de l’Économie, elle croise fréquemment le chemin du Monégasque à partir de 2007.

C’est à cette époque que Jean-Luc Allavena rejoint le fonds d’investissement Apollo Global Management à Londres qui investit une part importante de ses actifs dans l’industrie.

"Je garde un excellent souvenir de nos réunions au cours desquelles nos modes de fonctionnement se rapprochaient, fondés sur la recherche de l’efficacité, de la défense de l’industrie française et le sens de l’équipe." C’est avec ce même esprit que Jean-Luc Allavena a ensuite créé sa propre entreprise Atlantys qui travaille en coopération avec Apollo.

Sur l’aspect plus personnel, Christine Lagarde a ensuite évoqué "l’engagement associatif et caritatif" de Jean-Luc Allavena. Elle relève deux forces qui animent le Monégasque dans ses actions: "rendre et donner". "Vous avez rendu à la communauté d’HEC autant et plus qu’elle vous a donné."

À HEC en 1984, Yvon Gattaz parle de "decitemps". Celui qui était à l’époque le patron du Conseil national du Patronat Français (CNPF) encourage alors les étudiants à donner 10% de leur temps toute leur vie à la cité, à l’intérêt général et, si on peut, un peu de leur argent pour défendre les causes qui leur sont chères.

"Vous avez appliqué la leçon du "decitemps" toute votre vie." Et "je ne mentionnerais qu’une cause qui vous est chère. (...) À Conakry, en Guinée, vous avez permis il y a quelques mois la création de l’école Sainte-Dévote où sont scolarisés 150 jeunes Guinéens." Sainte-Dévote, la patronne de Monaco...

Dans les pas de son père

"Dans chacune de vos missions, vous avez œuvré pour mieux faire travailler ensemble l’univers public et le secteur privé afin de construire des économies plus fortes et, ainsi, contribuer toujours plus au bien commun."

Après avoir reçu les insignes d’Officier de la Légion d’Honneur, Jean-Luc Allavena a rendu un vibrant hommage à Christine Lagarde, une "grande Dame" qui montre la voie.

Jean-Luc Allavena a souligné avoir une passion pour l’entreprise depuis trente-cinq ans ; et plus particulièrement pour l’industrie - "structurante dans notre société et créatrice de valeurs" - à la fois comme patron chez Pechiney ou Lagardère, puis depuis quinze ans comme investisseur chez Apollo-Atlantys, Monier-Lafarge, Pechiney-Constellium, Latécoère, Verallia, Vallourec, KemOne ou le dernier en date Ingenico (des sauvetages ou des développements). Cette passion, il l’a aussi dans les relations internationales avec la French-American Foundation, Aspen Institute (président depuis 2017), Franco-British Council, France-Italie et bien sûr entre la France et Monaco.

Le Monégasque avoue également se consacrer à l’éducation avec plus de trente ans d’action pour HEC et plusieurs autres institutions dont le Lycée Masséna où il a fait ses classes préparatoires, le Groupe des Belles Feuilles, les Maisons d’Éducation de la Légion d’honneur et les écoles en Afrique.

Et dans ce moment solennel du discours de Jean-Luc Allavena, l’émotion était palpable lorsque le Monégasque a rendu hommage au prince Albert II et à sa famille : sa mère Eugénie, ses quatre filles, ses trois petits-enfants, son frère Jean-Charles et bien sûr son père, décédé depuis près de quatre ans.

"C’était papa, le guide, l’exemple, celui qui, avec maman, nous apprit sans relâche. (...) J’ai fait de mon mieux pour marcher dans ses pas… vous comprendrez aisément que je lui dédie, ainsi qu’à maman, l’honneur qui m’est fait aujourd’hui comme autant de reconnaissance à leur égard d’avoir tellement contribué à faire de moi ce que je suis."

Offre numérique MM+

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