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Comment le paddock F1 se protège de la Covid-19 pendant le Grand Prix de Monaco

En vase clos pendant l’intégralité du Grand Prix, les acteurs de la Formule 1 sont soumis à un protocole strict de la FIA. Tests PCR, sous-groupes, pilotes appelés à être responsables… Focus.

Thibaut Parat et T.M. Publié le 21/05/2021 à 11:08, mis à jour le 21/05/2021 à 11:17
Bruno Famin, responsable des protocoles anti-Covid de la FIA. Photo Jean-François Ottonello

Melbourne, 13 mars 2020. Le cirque ambulant de la Formule 1 débarque dans le paddock australien pour la première manche de la saison.

Le contexte sanitaire pesant – dû à un certain "Covid-19" – masque l’euphorie ambiante de retrouver l’asphalte. Bien que le virus nourrisse les conversations, les prescriptions sanitaires s’avèrent légères et dérisoires, du moins rétrospectivement.

Après moult tergiversations, le Grand Prix d’Australie sera annulé à la dernière minute après la découverte d’un cas positif au cœur de l’écurie McLaren. " Ce Grand Prix avait été un faux départ. On découvrait tout. Il n’y avait pas de protocole, faute d’informations précises, concède sans ambages Bruno Famin, secrétaire général adjoint pour le sport à la Fédération internationale de l’automobile. Aujourd’hui, il y a plus de recul et moins de psychose."

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et un savoir-faire a été acquis en matière sanitaire. La FIA a, en effet, bâti un protocole anti-Covid, permettant à la Formule 1 de remettre les gaz dès juillet 2020 en Autriche. "Ce fut le premier sport international à redémarrer." Qui plus est avec un calendrier itinérant.

 

Consultation d’experts

Outre les informations récoltées auprès de l’Organisation mondiale de la Santé et le Comité international olympique, la FIA a largement consulté des experts médicaux (NDLR: Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses de la Pitié Salpêtrière et Gérard Saillant, ancien président de la commission médicale de la FIA.) et des experts en prévention et gestion des risques. "L’objectif était de minimiser le risque et assurer la protection sanitaire du personnel travaillant sur les circuits. Et, donc, d’avoir des arguments auprès des autorités des pays pour qu’ils acceptent que de tels événements aient lieu sur leur sol." En somme: donner des gages de sérieux.

Double test PCR

Clairement, le microcosme F1 évolue dans une bulle sanitaire. En vase clos. Au système habituel d’accréditations, délivrées par la FIA, se sont greffés les tests PCR.

"Un prétest est demandé à tous les acteurs de la F1 dans les quatre jours précédant l’arrivée sur le circuit", détaille Bruno Famin.

La confiance n’excluant pas le contrôle, d’autres tests PCR sont réalisés sur site, tous les cinq jours.

 

Positif: la personne est isolée et tenue à l’écart. Négatif: c’est ok.

Le QR Code, relié à une application et apposé sur les accréditations, permet alors d’ouvrir les tourniquets barrant l’accès aux zones sensibles, dites de "haute densité", comme le paddock ou les stands.

À Monaco, 5.000 tests ont été réalisés.

Des sous-groupes dans les écuries

Les écuries, où fourmillent environ cent personnes, ont été divisées en groupes et sous-groupes. Hormis le traditionnel respect des gestes barrières, "le principe, c’est que ceux-ci ne se mélangent pas, de façon à limiter les interactions. Ils vont voyager, manger, travailler et partager la voiture de location ensemble. S’il y a un positif, ça limite l’impact opérationnel et augmente la résilience de l’équipe et de l’événement."

Un protocole qui a permis d’éviter les clusters et l’annulation de courses. "Il faut louer le professionnalisme des acteurs de la F1. Ils sont conscients des enjeux tant humains, pour la santé, qu’économique, pour le business", salue Bruno Famin.

 

Quid des pilotes?

"Les pilotes ont, sans doute, été ceux qui ont eu le plus de mal à rentrer dans les clous. Entre les deux Grands Prix d’Autriche, certains ont été rappelés à l’ordre après des escapades à l’extérieur, [dont Charles Leclerc, ndlr]. En juillet, on avait l’impression d’être sorti de la crise. Ce fut minoritaire. Tout le monde a saisi l’importance de jouer le jeu. Les pilotes sont des porte-drapeaux." En théorie, il leur est déconseillé d’avoir du contact avec le public, même pour des autographes. À Monaco, bon nombre de pilotes ont une résidence.

"Les consignes sont les mêmes qu’ailleurs, il faut limiter les interactions et maintenir les gestes barrières."

La spécificité locale

"Un circuit urbain, c’est particulier. On s’est adapté à la topographie et tous les accès sont contrôlés. Il n’y a pas de trou dans la raquette. On a beaucoup travaillé avec l’ACM et la Formula One Management."

L’Automobile Club de Monaco va même plus loin que le protocole FIA

Bien qu’en recul, ce foutu virus reste sournois. Prétendre à une étanchéité totale de la Principauté serait dès lors présomptueux. Pour autant, les organisateurs de ce 78e Grand Prix de Monaco ont érigé une impressionnante bulle sanitaire et peuvent s’appuyer sur de récents (et convaincants) retours d’expériences.

Car l’Automobile Club de Monaco n’a pas attendu que la FIA débarque (lire ci-dessus) pour placer la barre au plus haut.

Rallye de Monte-Carlo, Grand Prix historique, E-Prix, et même stage des commissaires de pistes, quatre événements de taille avaient permis de roder le dispositif sanitaire du corps médical de l’ACM avant la grand-messe de la F1. "Il y a eu quelques cas positifs, qui ont tous été détectés avant."

Et donc confinés avant d’avoir mis un pied sur chacun de ces événements. "Il faut savoir que sur nos 450 commissaires testés, on a eu un taux de positivité de 1,50%. C’est minime et il n’y a pas eu de cluster évidemment", rappelle le médecin-chef et vice-président de l’ACM, le Dr Robert Scarlot.

Lors de l’Historique, déjà, le protocole FIA avait été appliqué avec des garde-fous locaux supplémentaires. Ainsi, chaque matin, les membres de la direction de course doivent réaliser un test antigénique avant de pénétrer dans la tour.

La vraie nouveauté de ce Grand Prix concerne en réalité les spectateurs qui, eux, doivent tous présenter un test PCR négatif à l’entrée des tribunes s’ils ne sont pas résidents à Monaco ou affiliés à la sécurité sociale du pays.

Plus qu’une bulle sanitaire, c’est même de quatre bulles sanitaires dont il est question à Monaco !
"Il y a quatre bulles, puisqu’au-delà de la F1 il y a les Formula Regional Alpine, qui sont basées sous les tennis de Monte-Carlo ; les Porsche au chapiteau de Fontvieille, et les F2 au parking des Pêcheurs", précise le Dr Scarlot.

Et sur chaque site, des structures éphémères ont été montées pour tester. Des bulles indépendantes.
Basé en direction de course avec ses trois adjoints, les docteurs Brigitte Pasquier, Benoit Paulmier et Olivier Terno, le Dr Scarlot coordonne un corps de 40 médecins disséminés sur le circuit. "J’étais même étonné de n’avoir qu’une défection d’un médecin-réanimateur cette année, parce qu’ils viennent de toute la France et ont tous déjà du travail !"

Enfin, la Croix-rouge monégasque intervient auprès des spectateurs en tribunes sous la supervision de l’ACM. Et rappelle les indispensables gestes barrières.

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