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EXCLUSIF. Prince Albert II : "Ne céder ni à la panique, ni à la psychose"

Mis à jour le 14/03/2020 à 10:33 Publié le 14/03/2020 à 10:00
"Notre modèle économique et social est un atout dans cette crise."

"Notre modèle économique et social est un atout dans cette crise." J.-F. Ottonello

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EXCLUSIF. Prince Albert II : "Ne céder ni à la panique, ni à la psychose"

Optimiste et confiant dans les mesures prises par son gouvernement, le souverain a accepté ce vendredi de les commenter, de justifier la fermeture des écoles et, parfois, de remettre les pendules à l’heure

C’est autant en chef d’État qu’en père de famille que le prince Albert II a accepté vendredi de commenter les dernières mesures mises en œuvre par son gouvernement afin d’enrayer la propagation du Coronavirus.

Au bout du fil, à la veille de son anniversaire [aujourd’hui], un souverain conscient de la menace mais optimiste car confiant dans les atouts de la Principauté et dans l’esprit de solidarité des Monégasques et salariés monégasques. Un Prince aussi furieux à l’égard de certains commentaires nauséabonds nés de l’autorisation laissée aux résidents italiens et salariés monégasques de pouvoir continuer à travailler en Principauté.

LIRE AUSSI. Fermeture des écoles, garde des enfants, interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes, télétravail, indemnisations... On fait le point sur les nouvelles mesures pour lutter contre le Coronavirus à Monaco

Nous avons le sentiment d’avoir vécu un point de bascule ce jeudi, notamment après les discours de MM. Trump et Macron. Quel message souhaitez-vous adresser aux Monégasques qui s’inquiètent de la situation, voire paniquent ?
Il faut rester vigilant et attentif. Ne pas céder à la panique, ni à la psychose. J’invite toute la communauté de la Principauté à soutenir le gouvernement dans cette période difficile dont l’issue, n’en doutons pas, sera positive. C’est une crise sanitaire sans précédent qui frappe nos pays voisins et bientôt tous les pays du monde, et je crois que la Principauté, par son modèle économique et social, a démontré sa force et son efficacité.C’est un atout dans cette période de grande incertitude.


Comment votre gouvernement s’adapte-t-il à l’évolution de la situation ?
L’action du gouvernement et toutes les mesures arrêtées tiennent compte de l’évolution de la situation pour adapter au mieux les réponses à la crise et à son aggravation. Ces mesures doivent être prises en cohérence avec nos pays voisins les plus proches et surtout notre grand voisin et ami, la France.
Toutes ces mesures ont été prises en concertation avec les services compétents et en informant les autres institutions, et bien sûr le Conseil national.
J’appelle également la population et tous les salariés de la Principauté à continuer d’adopter une attitude responsable. Les mesures de précaution sont une des clés pour une sortie de crise. Le président Macron dans son allocution l’a répété plusieurs fois, il faut adopter des gestes simples chaque fois qu’on le peut dans la journée et faire preuve de bon sens pour prévenir la transmission du virus.

"Il n’y avait aucune nécessité
de fermer les écoles plus tôt"


Vous avez pris ce vendredi une décision inédite et impérieuse, celle de fermer toutes les écoles jusqu’à nouvel ordre. Pourquoi maintenant ? A-t-il été envisagé de le faire plus tôt ?
Bien entendu cette fermeture a été envisagée et préparée dès le début de la crise, en concertation avec tous les experts à notre disposition et en écoutant ce qu’il se passe dans les pays voisins. La situation sanitaire ne nécessitait pas une telle décision plus tôt.
À Monaco nous avons heureusement moins de cas positifs qu’ailleurs, et moins de personnes testées aussi, donc il n’y avait je pense aucune nécessité de prendre cette décision plus tôt. Mais il faut être cohérent aussi. Il y a une fermeture dans le pays voisin, dans la région voisine, et ça aurait été un peu difficile de maintenir l’argument de ne pas fermer les écoles à Monaco. Aujourd’hui, la fermeture des établissements scolaires est un impératif pour limiter la propagation.


Car les enfants sont a priori moins touchés par le virus mais peuvent en être le vecteur…
C’est pour ça aussi que se pose la question de la garde des enfants, qu’il ne faut par exemple pas confier aux grands-parents dans la mesure du possible. Je peux vous assurer que cette décision de fermer les écoles n’a pas été prise à la légère.

"Personne ne sera laissé sur le trottoir,
je vous le garantis"


Un deuxième cas positif de Coronavirus a été détecté à Monaco ce jeudi [un troisième cas positif a été détecté ce samedi matin, ndr], faut-il s’attendre à une multiplication des cas comme l’annonçait jeudi le président Macron en France ?
Même si le pays est de petite taille et que notre population n’est pas très élevée en nombre, nous formons une communauté extrêmement cosmopolite avec des gens qui, même s’ils se déplacent beaucoup moins maintenant, se sont déplacés. On a évidemment envisagé dès les premières réunions qu’il faut préparer nos services de santé à une éventualité d’un nombre plus important de cas à Monaco, et c’est pour ça que des lits ont été préparés au CHPG mais aussi à l’IM2S et au Centre cardio-thoracique. Et si les cas vont au-delà de nos capacités, on envisage d’autres solutions.


Avec vos partenaires français ?
Bien sûr, nous sommes en constante relation avec les centres hospitaliers français de la région voisine.


Aucun Monégasque ne sera donc laissé sur le trottoir. Il y aura toujours une solution, même au pic de la pandémie ?
Personne ne sera laissé sur le trottoir, je vous le garantis. Nous nous occuperons de chaque cas comme il se doit avec, comme partout ailleurs, une priorité aux cas les plus graves. Le système de soins à domicile est déjà activé également et pourra être renforcé avec des personnels qui ont d’ailleurs spontanément mis leurs compétences à notre service, y compris des médecins et aides soignants à la retraite. Je les remercie et leur rends hommage d’ores et déjà.

"Impératif
que les banques contribuent
à cet effort"

"Je ne lis pas souvent les réseaux sociaux mais on m’a rapporté des discours totalement déplacés et même assez inadmissibles."
"Je ne lis pas souvent les réseaux sociaux mais on m’a rapporté des discours totalement déplacés et même assez inadmissibles." Photo Gaëtan Luci / Palais princier

L’impact économique de cette pandémie sera assurément considérable, quel message souhaitez-vous adresser aux entreprises, artisans et commerçants, qui souffrent et s’apprêtent à passer des mois difficiles ?
Je suis conscient des difficultés économiques engendrées par cette pandémie dans différents domaines. Le tourisme, avec l’annulation de différents congrès et manifestations. Les commerces de restauration, dont le chiffre d’affaires baisse continuellement. Tous les secteurs sont impactés, le secteur événementiel aussi.
Il y aura une évaluation des conséquences économiques afin de définir toutes les mesures qu’il serait nécessaire de prendre. Il y a d’ailleurs un point d’accès des entreprises et des activités de commerces pour toutes demandes et questions liées à la situation actuelle, c’est le Monaco Welcome Office.


Des mesures de soutien ont également été annoncées par le gouvernement…
Une réflexion est engagée et des mesures ont été lancées pour faciliter le télétravail, faciliter le chômage partiel et temporaire, également le paiement des charges sociales. La Commission d’assistance des entreprises en difficulté a été activée, tout comme le Fonds de garantie pour soutenir le prêt aux entreprises. Et puis nous sensibilisons de manière plus forte maintenant les banques de la place qui doivent contribuer à cet effort. C’est absolument impératif.

"Il faut se garder de stigmatiser des personnes"

La liberté de circulation des salariés frontaliers, à commencer par celle des Italiens, a crispé certains Monégasques ces derniers jours. Est-il envisageable que les frontières de la Principauté soient un temps fermées ?
Si, comme le président Macron le laissait envisager jeudi, la crise s’aggravait, bien entendu que la fermeture des frontières de la France ne serait pas exclue. Et nous avons une frontière ouverte avec la France qui peut se fermer, mais ce n’est pas envisagé pour l’instant. En tout cas, si de telles mesures devaient être prises, ce serait en cohérence et en fonction de la situation des pays voisins pour une meilleure efficacité dans la lutte contre cette pandémie.
Je crois surtout qu’il faut se garder de stigmatiser telle ou telle catégorie de personnes. ça n’a aucun sens et c’est contraire à nos valeurs.


Certains propos tenus ces derniers jours à l’égard des Italiens sont dérangeants…
Je ne lis pas souvent les réseaux sociaux mais on m’a rapporté des discours totalement déplacés et même assez inadmissibles. C’est un moment où nous devons faire preuve de solidarité et non pas d’égoïsme.
Cet égoïsme n’a pas sa place chez nous. Il faut au contraire essayer d’accompagner les personnes et si elles ont un problème chez nous, quelle que soit leur nationalité, il faut les orienter le mieux possible vers un centre qui peut soit les tester, soit les soigner.

"Ma famille est prudente ET ATTENTIVE"

Par vos fonctions, vous êtes en contact permanent avec beaucoup de personnes, comment allez-vous ?
Je fais très attention et j’ai constamment sur moi une petite bouteille de gel hydroalcoolique, et il y en a partout dans le Palais. Je prends tous les jours des petits sachets pour booster mon système immunitaire, beaucoup de vitamine C aussi. Mais bien entendu je me garde la prérogative de modifier mon agenda et l’alléger considérablement.
J’ai des réunions extrêmement fréquentes avec mon cabinet et le gouvernement et des conversations téléphoniques permanentes avec ces personnes, c’est vraiment le point d’agenda numéro 1. Plusieurs événements inscrits dans mon agenda se sont annulés d’eux-mêmes et je vais faire beaucoup moins de voyages à l’étranger, uniquement ceux qui sont absolument nécessaires.
Bien évidemment ma famille est extrêmement prudente et attentive à ce qu’il va se passer.


Et puisqu’il faut rester positif, comme beaucoup de parents vous allez avoir la chance de passer plus de temps avec vos enfants ces prochains jours…
Voilà. Dès demain [lire aujourd’hui], je vais pouvoir célébrer mon anniversaire en famille. Le temps n’est pas à la fête mais on peut au moins profiter de sa famille dans le calme et dans la sérénité, sans faire des choses exagérées.

Grands Prix :  "Tout peut être envisageable"

Le monde s’apprête à vivre une saison sportive quasi-blanche et le Rolex Monte-Carlo Masters est d’ores et déjà annulé, êtes-vous confiant sur la tenue des Grands Prix en mai alors que la FIA annule et reporte les Grands Prix un à un (Australie, Bahreïn, Vietnam) ?
Je ne suis pas en mesure de répondre tout de suite. La situation évoluant au quotidien nous sommes amenés à réévaluer constamment les mesures à prendre. La décision finale en ce qui concerne les Grands Prix historique et de F1 sera prise avec l’Automobile Club de Monaco, en concertation avec la FIA et l’entité qui régit la Formule 1, Liberty.Cela dépendra de l’évolution de la crise sanitaire mais bien entendu ce serait très dommageable pour l’économie locale si le Grand Prix venait à être supprimé. Il faut voir dans quelle mesure nous pourrons accompagner l’Automobile Club.


Si une vraie menace d’annulation venait à peser, j’imagine que vous feriez tout pour, au moins, reporter?
Bien sûr. Reporter, envisager un huis clos, tout peut être envisageable mais en concertation, bien entendu, avec les autorités compétentes.


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