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Quinze ans après, retour sur les premières traces azuréennes de Fabio Quartararo, une graine de champion "increvable"

En 2006, un an avant d’entamer sa fulgurante ascension en Espagne, le Niçois couronné champion du monde MotoGP ce dimanche 24 octobre, s’entraînait sans relâche, ou presque, dans le sillage du voisin cannois Florian Marino. Flash back...

Gil Léon Publié le 25/10/2021 à 16:12, mis à jour le 25/10/2021 à 16:15
Avril 2006: Fabio Quartararo (à droite) s’entraîne à fond avec Florian Marino à La Sarrée. Archives Thierry Marino

La machine à remonter le temps démarre au quart de tour. Quand on lui demande de faire une marche arrière d’une quinzaine d’années pour évoquer l’éclosion de la graine de champion, Thierry Marino ne mégote pas sur la consommation de salive. Les anecdotes fusent, en mode rafale. Les images puisées dans l’album de famille, aussi.

"Je connais Étienne (Quartararo, le père de Fabio, ndlr) depuis l’adolescence", raconte le Cannois. "En 1976, on se croisait régulièrement sur les courses de côte du championnat de Provence, à Coaraze, La Gaude, Tanneron... J’avais 16 ans, lui 17. Il pilotait une 125 et moi une 50.Ensuite, il est parti courir sur circuit".

"On faisait tous les déplacements ensemble"

Leurs trajectoires se croiseront à nouveau trente ans plus tard. Fin 2005, exactement, lorsque Florian Marino, le fils de Thierry évoluant aujourd’hui en championnat du monde d’Endurance, remporte la Conti Cup. "C’est là que j’ai découvert Fabio. Etienne venait justement de lui acheter une Conti 50 d’occasion qui appartenait à Alan Techer".

S’il n’a pas l’âge minimum requis (10 ans) pour aiguiser son pilotage en compétition dans l’Hexagone, le petit diable niçois de 7 ans va s’entraîner dans le sillage du voisin devenu copain avant de mettre le cap sur l’Eldorado espagnol.

 

"Moi, en 2006, j’avais 12 ans", se remémore Florian, rencontré dans le paddock du dernier Bol d’Or, au Castellet. "Je disputais le championnat de France Open 50. On faisait tous les déplacements ensemble. Fabio venait avec sa moto car il roulait en démonstration".

"Capable de bouffer ses pneus jusqu’à la moelle"

Entre chaque manche, les apprentissages s’enchaînent sans relâche, ou presque. "À côté de chez nous, le circuit de karting de La Sarrée n’accueillait pas les motos", raconte encore Thierry. "Mais grâce aux relations d’Étienne, les mômes disposaient parfois d’un créneau entre midi et 14h. Sinon, en général, on allait à Eyguières (près de Salon-de-Provence), le tracé le plus proche".

Autant d’occasions de constater le talent précoce de Fabio. "D’abord, il exploitait pleinement sa machine. Ses 10 chevaux, il les cravachait à fond! Mais surtout, il ne voulait jamais lâcher le guidon, il était increvable. Capable de bouffer ses pneus jusqu’à la moelle. Regardez cette photo : on ne voit plus le sigle Dunlop sur les flancs!"

"Seules la nuit ou une panne pouvaient l’arrêter, à moins qu’Étienne lui jette un seau d’eau", rigole Florian. "Fabio, c’était un gamin qui roulait, roulait, roulait... Avec cette régularité, cette aisance hors du commun. Et avec ce caractère bien trempé, déjà. Il savait exactement ce qu’il voulait, il se fixait des objectifs précis, des chronos à atteindre. Et quand ça ne marchait pas, il tirait la gueule, fulminait".

Pour Thierry, la suite ne faisait aucun doute: "Fabio ne pouvait que foncer vers un destin doré. À l’époque, je l’ai écrit sur des forums. Étienne n’y croyait pas. Moi, oui! Je le savais".

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