Rubriques




Se connecter à

"J'étais d'accord"... Des courriers accablants pour Janowski dévoilés à l'audience, nouvelle sensation au procès Pastor

Nouvelle péripétie, à Aix-en-Provence, au procès en appel de l'affaire Pastor-Darwich. Ce mercredi après-midi, la cour d'assises a découvert des courriers échangés entre le principal accusé et un ami polonais habitant la région niçoise.

Amandine Rebourg Publié le 27/10/2021 à 21:12, mis à jour le 27/10/2021 à 21:12
Maitre Hertzog, l'avocat de Gildo Pastor franz chavaroche/Nice Matin

Les extraits lus à l'audience démontent ses accusations de "trahison" envers son ancien avocat, Eric Dupond-Moretti. Et elles rendent caduque la convocation à la barre, demandée la veille, de l'actuel Garde des Sceaux.

"Il m'a trahi !"
La diatribe de Wojciech Janowski contre le célèbre pénaliste avait marqué la fin de la première journée d'audience, le 18 octobre. Janowski, 72 ans, ex-consul de Pologne à Monaco, y est accusé d'avoir commandité l'assassinat de sa belle-mère, Hélène Pastor, et de Mohamed Darwich. La milliardaire monégasque et son majordome égyptien avaient été criblés de plombs, le 6 mai 2014, devant l'hôpital L'Archet 2 à Nice.

Janowski était passé aux aveux en garde à vue, avant de se rétracter. Depuis, il nie être l'instigateur des deux crimes. Mais en octobre 2018, coup de théâtre : au terme du premier procès, Me Dupond-Moretti plaide coupable en son nom pour un assassinat, celui d'Hélène Pastor. "Ces mots que vous attendiez de lui sortent de ma bouche". Son client ne réagit pas. Et présente ses excuses à Sylvia.

Eric Dupond-Moretti ne viendra pas

Wojciech Janowski interjette appel de sa condamnation. Puis dépose plainte contre Eric Dupond-Moretti, plusieurs mois plus tard. Il assure n'avoir donné aucun mandat à son ancien conseil pour plaider coupable. Il le répète au procès en appel, n'hésitant pas à tacler sévèrement le ténor des barreaux.

Que s'est-il dit entre eux en 2018 ? Pour le savoir, le président de la cour, Patrick Ramael, a fait une demande inédite. Il a écrit au Premier Ministre pour solliciter la comparution de son Garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, en qualité de témoin. Une démarche qui a suscité l'indignation de ses confrères partie civile. Notamment au nom du secret professionnel.

Cette requête inédite a été débattue en conseil des ministres, ce mercredi. Et rejetée. Eric Dupond-Moretti ne comparaîtra pas au procès Pastor, a indiqué Matignon à l'AFP. Ce n'est de toute façon plus d'actualité.

Perquisitions à Falicon

Le président Ramael a de nouveau écrit au Premier Ministre, ce mercredi soir. Par mail. "M. le Premier Ministre, je vous informe que suite au déroulement des débats de ce jour, la 2e section des assises des Bouches-du-Rhône renonce à l'audition du Garde des Sceaux." Car la journée d'audience a été marquée par la révélation de documents accablants pour Wojciech Janowski.

Mardi 26 octobre, l'un de ses rares amis témoignait à la barre. Ce proche, domicilié à Falicon, a évoqué une abondante correspondance entre eux. Le président Ramael a ordonné que ces courriers soient saisis. Chose faite le soir même. Les gendarmes azuréens ont récupéré ces 183 lettres, et les ont remis à la cour d'assises d'appel.

Scène étonnante : une interprète polonaise a entamé la traduction des courriers à l'audience. Et la lecture de certains extraits s'avère accablante pour Wojciech Janowski. "J'étais d'accord", écrit-il ainsi. "Pour m'éviter la perpétuité, mes avocats ont décidé de dire : Je suis coupable, mais en partie."

 

A au moins deux reprises, le gendre d'Hélène Pastor semble approuver la stratégie de défense de Mes Dupond-Moretti et Febbraro. Il entrevoit même un horizon pour sa libération... cinq ans après le procès en appel.

"Fieffé menteur"

"Ce qu'on vient de lire est de votre main. Cela n'accrédite pas du tout ce que vous avez dit", s'agace le président Ramael. Il qualifie de "gravissimes" les accusations portées contre son ex-avocat. Mal à l'aise dans le box, Janowski les maintient pourtant, contre toute évidence.

Côté partie civile, Me Thierry Herzog fulmine, dénonce "un comportement scandaleux. On ne peut pas, sous prétexte de vouloir se défendre, dire n'importe quoi sur ses avocats. L'audition du Garde des Sceaux ne se justifie absolument pas !" Pour son confrère Me Gérard Baudoux, l'accusé chercherait à "limiter la casse", guère convaincu par son innocence. Me Dominique Mattei, pour sa part, dénonce un "fieffé menteur".

Que faire ? Tout traduire ? Une partie seulement ? "Donnons du temps au temps", suggère Me Jean-Jacques Campana, l'un des avocats de Janowski. Le président Ramael a tranché. L'interprète polonaise a jusqu'à mardi 2 novembre pour rendre sa copie. Celle-ci pourrait fragiliser un peu plus la position déjà inconfortable de Janowski.

Offre numérique MM+

...

commentaires

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.