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Monaco intensifie sa 1,6 milliard d’euros pour connecter la Ligurie 8 millions d’euros chaque année pour le développement du TER politique ferroviaire Réduire de 20 % le flux de véhicules en 2030

Mis à jour le 03/02/2020 à 11:32 Publié le 03/02/2020 à 11:32
« On devrait vraiment commencer à voir une amélioration du service TER à la fin de l’année, notamment avec le doublement des rames », prédit le conseiller Marie-Pierre Gramaglia.

« On devrait vraiment commencer à voir une amélioration du service TER à la fin de l’année, notamment avec le doublement des rames », prédit le conseiller Marie-Pierre Gramaglia. M.A./Dir.Com.

Monaco intensifie sa 1,6 milliard d’euros pour connecter la Ligurie 8 millions d’euros chaque année pour le développement du TER politique ferroviaire Réduire de 20 % le flux de véhicules en 2030

Le gouvernement a confirmé devant les représentants de l’Union européenne et des pays voisins sa volonté de financer le développement et l’entretien du TER. Le service devrait s’améliorer fin 2020

Gare de Monaco. 8 h 20, jeudi dernier. Parmi les milliers de salariés pendulaires et touristes qui débarquent chaque matin sur les quais souterrains de la Principauté, inaugurés il y a vingt ans, une délégation d’officiels ne passe pas inaperçue.

Partis à 8 h 01 de Nice Riquier, dans un train Thello, des représentants de la Métropole Nice Côte d’Azur, des régions Ligurie et Piémont, ainsi que la coordinatrice slovaque de l’Union Européenne pour le Corridor méditerranéen (Marseille-Gênes), Iveta Radicova, et le vice-président délégué aux Transports de la région PACA, Philippe Tabarot, n’ont pas eu à subir de retard. Une chance même si, selon ce dernier, la tendance est à l’amélioration. « Les choses vont mieux. L’opérateur SNCF fonctionne mieux. Est-ce qu’on le doit à l’ouverture à la concurrence dans quelque temps ? Est-ce qu’ils se sont mieux réorganisés en interne ? Est-ce qu’ils faisaient tellement mal qu’ils ne pouvaient pas faire encore plus mal ? »

Déjà moins de retards

En 2017, le ministre d’État Serge Telle n’avait ainsi pas caché sa contrariété à l’ex-président de la SNCF, Guillaume Pepy, lors d’une réunion de travail. Face au profond et chronique marasme SNCF dans la région, Pépy affirmait comprendre « l’impression de jamais-fini » des usagers et promettait « des progrès dès 2019-2020 ». Maintenant, donc.

Pourtant, les « Naufragés du TER » tardent à mesurer l’embellie. Certes, l’aménagement des voies à Nice Riquier a permis d’accueillir des double-rames « Régio2N ». « Une offre particulièrement capacitaire à la pointe, avec trois des quatre trains qui sont en double composition et arrivent à transporter plus de 800 personnes assises et presque autant debout », avance Philippe Tabarot, qui concède toutefois « que la perception de l’amélioration par les usagers n’est peut-être pas aussi évidente que ça après deux périodes de grève - contre la loi sur le Pacte ferroviaire et la réforme des retraites - très longues et compliquées ».

Alors l’homme politique rappelle que, depuis une convention signée il y a trois ans, les abonnés TER bénéficient des services Thello « pour 3 euros de plus dans l’abonnement SNCF », et brandit des statistiques pour prouver l’efficacité du lobbying de la Région. « Quand on est arrivé en 2015, il y avait 25 % des trains qui étaient, soit en retard (15 %), soit supprimés (10 %). Aujourd’hui, on dénombre 10 % de retard et 1,5 % de trains supprimés ».

« Accroissement de l’offre aux heures de pointe »

Centre névralgique de la ligne Mandelieu-Vintimille, avec près d’un voyageur sur deux y faisant halte chaque jour, Monaco ne saurait s’en contenter. D’autant que le taux de fréquentation de la troisième gare de la région, après Marseille Saint-Charles et Nice-Ville, suit la courbe exponentielle de la croissance économique du pays. « Tous les matins et soirs, on a environ 30 000 voyageurs à Monaco. Ils veulent voyager dans de bonnes conditions, à de bons tarifs, avoir des places et être à l’heure, car leurs employeurs n’en ont rien à faire que le train soit en retard », admet Philippe Tabarot.

Face à Iveta Radicova, émissaire de l’Union européenne (lire ci-dessous), le conseiller de gouvernement-ministre de l’Équipement, Marie-Pierre Gramaglia, est donc revenu à la charge. « Nous militons pour améliorer et intensifier l’offre actuelle de la desserte ferroviaire de la Principauté, avec un accroissement de l’offre aux heures de pointe du matin et du soir. »

En réponse à un audit de la desserte de la gare de Monaco - sur le budget de la Région PACA, un accord d’ampleur va ainsi sortir des cartons. « Jusqu’à présent, la Région prenait en charge une partie des billets des gens qui venaient à Monaco. On va signer une convention où Monaco va s’engager à verser huit millions d’euros chaque année pour participer au développement du TER. »

Déjà partenaire financier de travaux, comme à la gare Riquier et jusqu’à Vintimille, la Principauté va donc étendre ses compétences dans la gestion du rail.

Un accord « juste »

« Avec nos prédécesseurs, Monaco avait financé du matériel [cinq rames notamment, N.D.L.R.] mais n’avait jamais participé au fonctionnement à la convention TER, rappelle Philippe Tabarot. On a négocié pendant des années et il nous semble juste, puisqu’on assure une partie de la desserte de Monaco, qu’en contrepartie la Principauté participe au fonctionnement. Un rapport de la Chambre régionale des comptes a aussi dit qu’on ne pouvait pas financer les abonnements de TER pour des non-contribuables français. Chaque année, la Principauté participera donc au fonctionnement du service TER qui relève des usagers qui utilisent le TER monégasque. Et ils participeront à l’entretien et la révision mi-vie du matériel qu’ils avaient acheté. »

Outre les 8 millions d’euros finançant une desserte renforcée de Monaco, l’État monégasque payera 3,7 millions d’euros par an pour assurer la remise en état des rames acquises, l’installation éventuelle de systèmes de vidéosurveillance, ou le déploiement du système européen de surveillance du trafic ferroviaire (ERTMS), « qui peut permettre à un train de circuler plus proche s’il est reconditionné » et donc de passer de quatre à six trains par heure. Pour, au final, doubler les rames TER aux heures de pointe d’ici fin 2020.

Jeudi dernier, la question des enjeux transfrontaliers de mobilité était centrale. Venus observer l’état du réseau ferroviaire en PACA, les responsables des corridors européens se sont particulièrement attardés sur la « complexité » de connecter France et Italie, et notamment l’axe Marseille-Gênes. Dans un trait d’humour, Marco Gabusi, représentant de la région Piémont, a « invité les Français à venir voir la situation en Italie s’ils pensent qu’il n’y a qu’en France qu’il est difficile de réformer ». Son homologue de Ligurie, Gianni Berrino, s’est, lui, tourné vers l’Europe dans l’espoir de réunir les « 1,6 milliard d’euros » nécessaires pour doubler la ligne ferroviaire sur 34 km en Ligurie. « Nous avons besoin de l’Europe, de la France et de Monaco pour faire pression sur le gouvernement italien ». Appuyant son discours sur l’impact de l’effondrement du pont de Gênes, du Portugal à l’Europe de l’Est, d’autant que la région accuse une hausse de 7 % par an du trafic autoroutier. Avec les conséquences qu’on imagine en termes de pollution.

« On a encore des infrastructures vieillissantes et c’est là qu’on a besoin de l’État et de l’Europe pour pouvoir avancer. Avoir des interlocuteurs et décideurs européens qui s’intéressent à nos problèmes, voire à nos galères de transport, c’est très réconfortant pour l’avenir pour trouver des solutions et, quelquefois, des financements », s’est réjoui Philippe Tabarot, « même si on n’a pas eu un chèque en blanc qui a été signé ». Intérêt confirmé par la coordinatrice slovaque de l’Union Européenne pour le Corridor méditerranéen, Iveta Radicova : « Je vous invite à vous concentrer sur tous ces projets qui sont sur la table, et si nous pouvons vous aider, nous le ferons ».

C’est avec sa double casquette de conseiller de gouvernernement-ministre de l’Équipement et de l’Environnement que Marie-Pierre Gramaglia a présenté à ses homologues européens la politique nationale de mobilité indissociable des objectifs environnementaux fixés par le prince Albert II, à savoir une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50 % d’ici à 2030 et la neutralité carbone de la Principauté en 2050. La mobilité étant, avec la gestion énergétique des bâtiments et celle des déchets, un des trois vecteurs fondamentaux de la transition énergétique.

Après avoir rappelé que 45 000 salariés français et italiens convergent chaque jour en Principauté par la route et le rail, le conseiller a justifié l’implication grandissante de Monaco dans le rail par sa volonté, entre autres, « d’emboliser » le trafic routier aux portes de l’État comme intra-muros. « Nous favorisons le report modal vers les transports publics avec pour objectif à l’horizon 2030 de réduire d’environ 20 % les flux de véhicules légers. Cela représente près de 13 000 véhicules entrants et sortants et 10 000 véhicules en interne. »

« On fait tout pour que le train se développe et qu’il y ait une sorte de fiabilité des usagers sur le train. Le fait de relancer des appels d’offres et qu’il y ait une mise une concurrence devrait fiabiliser un peu les trains », nous précisait Marie-Pierre Gramaglia au sortir de la réunion, prônant le rapprochement avec les autorités françaises et italiennes pour développer le corridor Marseille-Gênes (lire page précédente). « Nous sommes un maillon incontournable de ce maillage ferroviaire et il faut qu’on travaille avec la France et nos amis italiens. Là, ça fait deux ans qu’on travaille sur cette convention avec la Région. Avec des implications financières fortes pour la Principauté, mais c’est le prix à payer pour améliorer l’accessibilité de Monaco. »

(Archives NM)
J.-F.O
La marche à pied reste le principal mode de déplacement à Monaco.
La marche à pied reste le principal mode de déplacement à Monaco. Cyril Dodergny

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