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Devenue une véritable ferme urbaine, Terre de Monaco devient Terrae et s'exporte à l'étranger

La société d’agriculture urbaine change de nom et de calibre pour semer des projets de plus grande envergure dans plusieurs villes en Europe. Une success story est en cours.

CEDRIC VERANY cverany@monacomatin.mc Publié le 08/03/2021 à 14:08, mis à jour le 08/03/2021 à 14:10
Dans les travées de sa ferme urbaine au pied de la tour Odéon, Jessica Sbaraglia fait germer en cette saison pousses d’épinards et plantes aromatiques pour les résidents de l’immeuble. Photo Cyril Dodergny

Terrae signifie terres en latin. Simple et efficace, Jessica Sbaraglia a choisi ce nom pour rebaptiser son entreprise Terre de Monaco. Un changement significatif pour accompagner le bourgeonnement de sa société - lancée en Principauté en 2016 - à l’international.

"Aujourd’hui, le modèle de Terre de Monaco plaît et va s’exporter dans d’autres villes", détaille celle qui a dû batailler pour imposer son projet il y a quelques années: celui de lancer l’agriculture urbaine en Principauté.

"Faire pousser des tomates ou avoir des poules en ville, au tout début les gens ont rigolé. Mais je suis têtue, j’ai réussi à trouver une place à Monaco pour mon projet, même au pied de l’appartement le plus cher au monde", plaisante-t-elle en bêchant la terre autour de ses pousses d’épinard au pied de la tour Odéon où s’est installée sa ferme urbaine, cœur de sa société.

Mais pas seulement. Active sept jours sur sept pour faire vivre sa start-up avec deux autres maraîchers, Jessica Sbaraglia exploite aussi un toit végétalisé sur l’immeuble Ruscino, un potager au Monte-Carlo Bay, un autre au CHPG.

Des projets en France et en Belgique

La production cultivée à Monaco est réservée aux propriétaires des sites qui lui ont permis de trouver des mètres carrés pour planter en Principauté. C’est cette formule qui a su séduire.

 

Ainsi, Terrae développe pour 2023 un méga projet à Nice, dans le quartier Méridia. L’équipe sera en charge d’installer sur les sept toits de la résidence Joia Meridia une véritable ferme urbaine avec 3.000 mètres carrés et plantations et 2.000 mètres carrés pour loger des poules, des ruches, une serre et un bar à salade ouvert au public.

"Ce sera un écosystème complet accessible aux résidents de l’immeuble qui pourront aussi, s’ils le souhaitent, cultiver leur propre carré potager sur le toit. Le public pourra aussi venir acheter la production réalisée", complète-t-elle.

Un projet plus vaste encore vient d’être signé pour, toujours en 2023, faire pousser à Tubize en Belgique, à 30 minutes de Bruxelles, 16.000 mètres carrés de maraîchage sur les toits de plusieurs immeubles et ainsi créer un gigantesque complexe d’agriculture urbaine.

À moyen terme, Terrae investit aussi pour développer un potager pour l’hôtel de luxe en développement plage Marquet, à Cap-d’Ail. Ainsi que pour cultiver des terres, à l’horizon 2027, sur le toit du futur centre commercial de Fontvieille.

 

"L’envie et la passion"

Forcément, avec tous ces projets l’entreprise va s’étoffer et, dans un futur proche, l’équipe de Terrae va s’appliquer à former des agriculteurs urbains.

"Nous voulons leur apprendre notre savoir-faire. L’agriculture urbaine ressemble à l’agriculture qui se pratiquait il y a un demi-siècle, c’est très physique, pas mécanisé car nous sommes sur de petites surfaces, nous n’utilisons pas non plus de pesticides. On travaille surtout le bon sens, il faut avoir l’envie et la passion. Et nous arrivons à produire des légumes qui ont du goût. C’est la première chose que nous disent nos consommateurs".

Aujourd’hui, la production reste confidentielle, pas assez pour vendre au grand public. Mais Terrae compte déjà une quarantaine de clients particuliers en Principauté qui ont demandé l’expertise de l’équipe pour développer un potager à domicile, de quelques centimètres carrés sur un balcon à de plus grandes surfaces. Le printemps commençant à poindre, pour les amateurs c’est le moment de se lancer!

 
La basse-cour a su se faire apprécier du voisinage. Photo Cyril Dodergny.

Une ferme urbaine au pied de la tour Odéon

Une poule se met à chanter.

"Elle fait ce bruit quand elle a pondu", précise Jessica Sbaraglia. La scène est insolite en plein cœur de la Principauté. Elle rappelle que nous sommes bien dans une ferme!

Environ 450 mètres carrés en terrasses exploités depuis cinq ans par Terre de Monaco, au pied de la tour Odéon. Dans ce jardin dédié aux habitants de la tour, une Arche de Noé version green a élu domicile.

Voisines d’une dizaine de ruches chargées d’abeilles, une soixantaine de poules cohabitent. On croise Eugénie, Kiwi, ou Coucou qui ne font pas que pondre.

"La base de leur nourriture, ce sont des déchets végétaux des jardins que je cultive, ainsi que ceux de certaines cantines et restaurants de la Principauté. Sur l’année 2020, nous avons calculé, elles ont mangé et fait disparaître six tonnes de déchets".

Aussi efficaces que la SMA ces poulettes actives sont capables (aussi) de produire plus de 200 œufs à la semaine. Et le mélange des races donne une sélection d’œufs aux couleurs variées, du blanc au rouge en passant par le vert acidulé.

"Mais ils ont tous le même goût", précise la patronne des lieux qui, chaque mercredi, respecte le rituel de déposer des œufs dans les boîtes aux lettres des résidents de la tour Odéon qui peuvent admirer la ferme urbaine depuis leur fenêtre. Et y goûter.

Le jardin en culture raisonné est actif toute l’année. Navets, salades, plantes aromatiques en cette saison. À la mi-mars, l’équipe de Terrae entamera les semis de tomates, de courgettes, d’aubergines et de poivrons pour préparer l’été…

 
 
 
 
 
L’hiver n’étant pas la saison préférée des potagers, les semis sont surtout consacrés aux salades et aux légumes racines en ce moment, en attendant les plants estivaux. Photo Cyril Dodergny.
Une soixantaine de poules cohabitent au pied de la tour. Photo Cyril Dodergny.
La production d’œufs multicolores est due à une grande variété de poules différentes. Photo Cyril Dodergny.

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