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SUR LA ROUTE DES MUNICIPALES. Peymeinade, l’avenue électrise la campagne

Mis à jour le 06/02/2020 à 12:20 Publié le 06/02/2020 à 13:30
Pauline Serre et Laura Dogali constatent les effets collatéraux des bouchons : « Des gens veulent partir car ils en ont marre d’être coincés au rond-point... »

Pauline Serre et Laura Dogali constatent les effets collatéraux des bouchons : « Des gens veulent partir car ils en ont marre d’être coincés au rond-point... » Patrice Lapoirie et C.C

SUR LA ROUTE DES MUNICIPALES. Peymeinade, l’avenue électrise la campagne

A 38 jours du premier tour, des citoyens disent leurs préoccupations et leurs espoirs pour leur commune, avec des propositions pour améliorer le quotidien. Quatrième étape de notre road trip hebdomadaire à Peymeinade, le village devenu ville de passage.

Pour le débat ? Prenez tout droit ! Quittez Grasse, suivez la route de Draguignan, engagez-vous dans Peymeinade puis remontez l’avenue de Boutiny. Impossible de la rater : cette artère centrale est partout. Au cœur de la cité et de la vie quotidienne. Surchargée matin et soir, trop vite avalée à midi. Incontournable, infatigable, exaspérante.

« Peymeinade, c’est une belle petite ville avec un joli cadre de vie. Le problème, c’est la route », résument Karen et Sandra, deux trentenaires venues récupérer leurs enfants à l’école Mirabeau. 11 h 30. à cette heure-là, le trafic routier fait relâche, ou presque. Mais la voie alimente les débats. Et interroge Peymeinade sur son identité.

Grand village ? Petite ville ? Point de passage ? « Cité dortoir » pour classes moyennes ? Sans doute tout cela à la fois. Trait d’union entre le Var et le bassin grassois, Peymeinade n’a cessé de grandir pour atteindre les 8 200 habitants. « C’était un cadre assez tranquille. C’est devenu une ville dortoir, au sens où tout le monde travaille à l’extérieur, observe Sandra, née ici il y a trente-huit ans. C’est un lieu agréable... mais on se demande s’il va le rester. »

« C’est fou ! »

Patrice Lapoirie et C.C

De joyeux cris d’enfants fusent de la cour de l’école. Un ballon en mousse franchit la haie et finit dans les mains de Gian Pietro Merzi, 77 ans. Le retraité le renvoie comme on passe un témoin entre générations - « merci m’sieur ! »

Voilà bientôt deux ans que Gian Pietro et Renée Merzi ont quitté Paris pour Peymeinade. Coup de cœur. Ils restent « béats. On se réjouit tous les jours. Tout est superbe, les gens sont aimables, il y a tout ce qu’il faut au niveau médical et commercial. » Bon, ils songent toutefois « aux pauvres qui vont travailler. Dès 6 h, il y a une circulation sur cette voie, c’est fou ! »

Nous y revoilà. à Peymeinade, tous les chemins mènent à l’avenue de Boutiny. Devant la chapelle Sainte-Réparate, un soleil généreux baigne la fontaine provençale et la brasserie de La Jeunesse. Tiens, justement : Gérard Bail trinque à ses 63 printemps. Naguère gardien d’immeuble à Cannes, il est « tombé amoureux direct » de Peymeinade. Il y a été « accepté tout de suite ». Sauf sur les passages piétons.

élections pestilentielles

« Il faut traverser vite ! », maugrée Francisco Egea Millan. Cet Espagnol de 62 ans est encore « secoué » par la mort d’un ami, 83 ans, fauché non loin de là en septembre dernier. « Il n’est pas le premier, il ne sera pas le dernier. Quand vont-ils prendre des mesures pour que les gens circulent à 30 ? » Bernard Jacquet, 56 ans dont 35 à Peymeinade, a vu « pas mal d’accidents » ici. Scrutateur lors des élections, il a aussi observé quelques dérapages... de langage.

« Moi, dans les bulletins, j’en ai lu des choses », lâche cet ancien porte-drapeau. « J’ai même trouvé du papier toilette ! » Le maire sortant, Gérard Delhomez, a eu la même surprise dans sa boîte aux lettres, la semaine passée. Le papier emballait un cadeau très personnalisé...

Cet épisode consterne les habitants. « Les excréments ? Les gens pensent ce qu’ils veulent, mais on ne fait pas ça », s’indigne Bernard Jacquet. à Peymeinade, le climat politique est d’autant plus délétère qu’approchent les municipales. Trois listes y affrontent Gérard Delhomez, maire minoritaire depuis fin 2018. Coluche aurait parlé d’élections pestilentielles.

« ça sera positif »

A Peymeinade, tous les chemins mènent à l'avenue de Boutiny
A Peymeinade, tous les chemins mènent à l'avenue de Boutiny Patrice Lapoirie et C.C

Et la route des municipales nous ramène aux... parkings. « Il en manque. Ils sont trop loin des commerces », estime Alexia Barboux, 31 ans, derrière le comptoir de La Jeunesse. Dans cette esquisse de cœur de ville, un projet fait débat : l’ensemble immobilier annoncé par le maire sur le très stratégique parking Lebon. « Faire sauter le parking public, ce n’est pas une bonne idée. ça va faire couler les commerçants », s’inquiètent Pauline Serre, 61 ans, et Laura Dogali, 34 ans. Exit le parking public ? Que nenni, corrige René Laurent, 72 ans « et demi ». Cet ex-VRP se gare sur le parking en question. « Ils veulent construire un ensemble de logements, recentrer le village. Le parking sera souterrain, mais toujours gratuit. ça sera positif. En revanche, ça ne va pas améliorer les choses pour entrer et sortir de Peymeinade... De 7 h à 9 h, c’est infernal. Et de 16 h à 19 h, c’est la folie ! »

David Frizon, 48 ans, scrute le parking d’un œil inquiet. Le Fleuriste des cèdres pense que, quel que soit le projet, le stationnement pâtirait des travaux. Il rêve de voir fleurir un « beau petit panneau “Pensez à vos commerçants, arrêt minute” », pour aider son commerce, la pharmacie et le tabac voisins.

Le fleuriste aimerait aussi « que la police passe plus souvent ». Faute de place, ou par flemme, certains se garent devant les entrées d’immeubles. « La dernière fois, ça s’est réglé à coups de battes de baseball et de rétroviseurs éclatés ! »

À COUPS DE BATTE

Patrice Lapoirie et C.C

Ouf : l’avenir routier est parfois pavé de bonnes intentions. À l’image du parking dédié au covoiturage, inauguré pour les fêtes à l’entrée de Peymeinade. Cela n’a pas fluidifié les trajets de Kevin Vanczak, 22 ans : « Matin et soir, je me chope les bouchons. Ça rajoute trente minutes de trajet. » Pas de quoi écœurer ce jeune technicien spécialisé dans les piscines : « Peymeinade, c’est cool. C’est pas trop loin de la ville, pas trop dedans non plus. »

Ah ! la route, la route ! Plus à l’ouest, elle conduit aux commerces du quartier de la Cardelle, et aux étals de L’Artisan primeur où Elisabeth Mandrea fait le plein de fruits et légumes. Désormais, le matin, cette quinqua doit décoller pour Grasse à 6 h 30 au lieu de 7 h. Elle aimerait que les élus « trouvent une solution » pour désenclaver Peymeinade. Et, pour commencer, que l’on « instaure un seuil maximum de logements. Sinon, ça promet ! »

qui sont les candidats

Gérard Delhomez, maire depuis 2014, est depuis peu candidat à sa réelection et investi par Les Républicains. En minorité depuis la démission de son premier adjoint fin 2018, il veut créer un cœur de ville reliant la place du Centenaire au parking Lebon. Cet espace prévoit des logements, une résidence sénior, des commerces, un parc de 2000 m2 et une place végétalisée, le parking public passant de 170 à 235 places. Autre projet au cœur des polémiques électorales : la salle de spectacle.

Eliette Trouche, gérante d’une société d’aide à domicile, est candidate sans étiquette mais de sensibilité de droite. L’ex-adjointe aux finances (2001-2008) s’oppose au projet Lebon de longue date, estimant qu’il achèverait d’embollir le trafic routier.

Philippe Sainte-Rose Fanchine, ingénieur à la retraite, candidat sans étiquette lui aussi, était adjoint de Françoise Brousteau (2008-2014) en charge du plan local d’urbaisme. C’est sous cette municipalité qu’avait émergé le projet Lebon.

Fabrice Anacario, cogérant d’une entreprise de carrelage, part avec l’étiquette La République en Marche. Colistier d’Eliette Trouche en 2014, il entend pour sa part remodeler le projet Lebon.

les propositions des citoyens pour améliorer le quotidien

Ville traversante aux airs de village méridional, Peymeinade a beaucoup grandi au fil des ans. Dès lors, la commune est en quête d’une identité propre et d’équipements pour ses 8 200 habitants.
Ville traversante aux airs de village méridional, Peymeinade a beaucoup grandi au fil des ans. Dès lors, la commune est en quête d’une identité propre et d’équipements pour ses 8 200 habitants. Patrice Lapoirie et C.C

« Il faudrait limiter les constructions pour éviter les embouteillages matin et soir. »

Karen, 37 ans, et Sandra, 38 ans toutes deux mamans

« Je couvrirais la piscine de façon à encourager les enfants à faire partie d’un club nautique avec les stimulations sportives (matchs, etc.) que cela implique. »

Renée Merzi, 75 ans, retraitée

« Je limiterais toute la traversée de Peymeinade à 30 km/h au lieu de 50, pour éviter des accidents parfois mortels. »

Francisco Egea Millan, Espagnol de 62 ans

« Il faudrait refaire le parc pour les enfants, leur proposer plus d’animations et en sécurité. »

Alexia Barboux, 31 ans salariée de la brasserie La Jeunesse

Patrice Lapoirie et C.C

« Je refuserais les immeubles du parking Lebon pour conserver les places vitales pour le commerce. »Laura Dogali, 34 ans auto-entrepreneuse

« J’installerais des dos d’âne sur l’avenue de Boutiny pour inciter les automobilistes à ralentir. » Pauline Serre, 61 ans

« Un pont à la place de l’ancien chemin de fer »

« Je referais le pont à l’endroit où il y a les arches du chemin de fer. »

René Laurent, 72 ans, ex-VRP

Patrice Lapoirie et C.C

« Pensez à vos commerçants : des arrêts minute feraient du bien, d’autant qu’il y a de la place pour les créer. »

David Frizon, 48 ans, fleuriste

« Etre mieux desservi au niveau des bus, cela permettrait aux jeunes d’aller à Grasse, à Cannes, ou d’aller à l’école sans prendre sur le temps de travail des parents. »

Adeline, 25 ans, vendeuse à la boulangerie Charlotte

« Dans les hauteurs, il nous manque la fibre. Il faudrait l’installer dans les quartiers plus à l’écart. »

Kevin Vanczak, 22 ans, technicien dans les piscines


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