Quel avenir pour le mouvement "Nouvelles Idées pour Monaco" de Daniel Boeri après sa défaite aux élections nationales?

Avec seulement 10,3% des suffrages exprimés en leur faveur, le groupe NIM n’a pas pu prétendre à un fauteuil au sein de l’hémicycle. Daniel Boeri fait le point pour la suite.

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CEDRIC VERANY Publié le 07/02/2023 à 10:45, mis à jour le 07/02/2023 à 10:49
Le chef de file des Nouvelles Idées pour Monaco, Daniel Boeri, n’a pas réussi à obtenir un siège pour sa liste. Photo Jean-François Ottonello

Leur meeting aura été marqué par la reprise bien sentie du titre de Charles Aznavour Mes amis, mes amours, mes emmerdes. Pour rester dans la chanson française, au lendemain de ce dimanche électoral, la liste Nouvelles idées pour Monaco (NIM) pourrait s’accompagner du titre de Gilbert Bécaud, Et maintenant?

Le pari porté par Daniel Boeri de proposer une alternative aux élections nationales via une deuxième liste de quatorze candidats n’a totalisé que 8.401 voix. Soit 10,3 % des suffrages valablement exprimés. Pas assez pour empocher au moins un siège à l’assemblée. Le chef de file livre son analyse.

Quel est votre état d’esprit après cette défaite?
Déçu, clairement! À 14 contre 24, même la baisse de participation des électeurs n’arrivait pas à inverser les courbes. Si nous avions eu un ou deux candidats en plus, nous aurions peut-être eu un ou deux élus. Mais nous n’étions que 14… et les Monégasques ont tranché! Je ne regrette absolument pas, je suis même content d’avoir lancé cette action avec l’équipe pour éviter une liste unique, monolithique. Nous avons laissé vivre la démocratie. C’est bien pour le pays et vis-à-vis du monde extérieur.

Le mouvement NIM, impulsé par cette campagne, a-t-il un avenir?
Nous allons nous réunir bientôt. Si des colistiers ont envie de reprendre le flambeau, c’est tout à fait possible. Ce ne sera pas moi. Mais je suis content d’avoir porté des sujets importants en termes de société, d’éducation, de culture au cours de cette campagne. L’Union a proposé une vision court-termiste, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas l’avoir. Et nous avons eu, peut-être, une vision trop moyen ou long terme. Compte tenu de mon expérience, de ma vie, je ne suis pas spontanément prêt à me battre pour des logements. Je comprends qu’il les faut. Je préfère travailler sur d’autres valeurs, sur l’évolution du monde. Ce n’est pas par hasard que l’on disait: quel Monaco préparer pour les enfants de dix ans? On ne peut plus compter sur les emplois traditionnels pour remplir tous les espaces et les besoins des Monégasques. Il faut s’interroger maintenant sur ces questions, alors que nos finances sont saines.

La proposition portée par Juliette Rapaire de rouvrir le débat sur l’IVG a trouvé écho dans la société, car la candidate a obtenu 706 voix, et se place en troisième position sur votre liste...
Cette question sociétale a eu une double lecture. Les pro-IVG l’ont soutenu et les anti nous ont rayés. Mais nous avions besoin d’agiter des questions de société. Notre Etat est ce qu’il est. On peut le faire bouger, en y allant progressivement.

Regrettez-vous ce débat télévisé qui n’a pas eu lieu entre les deux listes?
La réponse, pour moi, est oui. Le texte de l’arrêté sur ce débat permettait d’avoir deux visions: tête de liste contre tête de liste, ou être plusieurs. Une émission d’une heure, avec seulement deux débatteurs aurait ennuyé les gens. Quatre personnages, c’était plus libre. C’est dommage.

C’est la fin pour vous de quinze ans à siéger dans l’hémicycle, vous tournez cette page?
J’ai vidé mon bureau au Conseil national. Je pars au Brésil dimanche pour un mois et je vais en profiter pour travailler à mon nouveau livre. Et préparer une conférence que je dois donner à New Delhi sur les mutations.

Ce livre parlera de votre expérience politique?
J’y raconte plusieurs anecdotes. Que je pourrais augmenter avec un paragraphe intitulé Tintin au pays des Soviets, pour évoquer cette campagne. Car vraiment, pour constituer l’équipe, ça a été la croix et la bannière. Je ne m’y attendais pas du tout. Les pressions réelles ou supposées dans l’ensemble de la population étaient invraisemblables. Il y a sûrement de l’auto-censure, mais j’ai eu l’impression quand même, au regard d’exemples, que des pressions réelles ont existé pour ne pas rejoindre cette liste. Ce n’est pas normal dans notre société démocratique où l’on ne craint pas grand-chose.

L’Union a remporté les 24 sièges du Conseil national dimanche soir. Vous pensez que cette grande entente durera tout un mandat?
Il le faut (sourire). Il faut pour Monaco, même si c’est aussi bien quand la diversité peut s’exprimer.

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