Les conseillers nationaux pressent l'Etat sur la question de la mobilité intra-muros à Monaco

À l’occasion de la première séance publique du budget primitif, ce lundi, les conseillers nationaux de Monaco ont appelé à une décision sur une solution de transport public, de préférence souterraine.

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Marie Cardona Publié le 09/12/2022 à 09:00, mis à jour le 09/12/2022 à 09:17
Les élus ont regretté que l’expérimentation sur la gratuité des bus en Principauté ne soit pas prolongée au-delà du 2 janvier 2023, date arrêtée par le gouvernement princier. Photo Cyril Dodergny

Si la question du logement des Monégasques a occupé une large partie des échanges lundi soir à l’occasion de la première séance publique du budget primitif pour l’année 2023, le Conseil national a à nouveau attiré l’attention du gouvernement princier sur la problématique de la mobilité.

Par la voix de leur vice-président, Balthazar Seydoux, les élus ont souligné la "priorité" de prendre "une décision sur une solution de transport public structurante, de préférence souterraine". Et ce pour une mise en œuvre "dans les plus brefs délais".

Un métro à Monaco?

La livraison prochaine du parking-relais, de la nouvelle sortie d’autoroute dite "de Beausoleil" et le projet de trémie à Cap-d’Ail "seront de nature à améliorer l’accès à Monaco en particulier pour les salariés pendulaires", a convenu Balthazar Seydoux. Mais c’est bien la mobilité à l’intérieur du pays qui inquiète les élus. "Aux heures de pointe, le temps de trajet pour se rendre d’un point à un autre de Monaco est excessif en particulier dans un pays de 2,02 km²."

Bien entendu, des solutions existent déjà: les bus, les vélos Monabike, l’autopartage Mobee, les liaisons mécanisées, les applications de covoiturage comme Klaxit ou plus récemment le test de gratuité des bus. "Elles fonctionnent mais d’évidence ne sont pas suffisantes."

Aussi, le Conseil national a insisté sur l’urgence de proposer une solution de transport public. Des projets ont souvent été évoqués: transport en commun en site propre, télécabine, métro.

"Toutes ces solutions présentent des avantages et des inconvénients. D’évidence, la meilleure solution consisterait à disposer d’un transport souterrain, idéalement en partenariat avec le pays voisin, permettant de desservir l’ensemble de nos quartiers", ont tranché les conseillères et conseillers nationaux, qui pressent le gouvernement pour "passer des études aux décisions".

Dans sa réponse au rapport du Conseil national, le gouvernement a cependant fait valoir une approche plus "globale" et "multimodale". "L’objectif prioritaire d’une nouvelle infrastructure n’est pas dans la desserte interne de la Principauté, mais dans la nécessité d’assurer la fluidité de ses accès", a précisé Pierre Dartout.

Des pistes de solutions à court terme

Pas de priorité, donc, pour un métro à Monaco. Mais "les annonces faites récemment par le président de la République concernant le développement du RER dans 10 métropoles sont encourageantes [annonce faite par Emmanuel Macron fin novembre, ndlr] et vont nous conduire à prendre contact avec les autorités françaises", a accordé le Ministre d’État.

Il a par ailleurs lancé des pistes de solutions à court terme. Dont certaines pourraient ne pas remporter "l’adhésion du plus grand nombre".

"Je songe à la mise en place de nouveaux couloirs dédiés aux bus, et je confirme, à ce titre, que des expérimentations vont être menées en 2023", a annoncé Pierre Dartout. Mais se posera alors la question du stationnement en voirie dans certains quartiers.

Et de poursuivre: "Je songe également à des mesures qui pourraient inciter la population résidente à délaisser le véhicule individuel, en augmentant les tarifs des parkings de centre-ville ou en repensant la franchise horaire ou l’attribution des différents chèques parkings."

Le gouvernement s’est encore montré sceptique quant à l’efficacité de l’expérimentation menée sur la gratuité des bus. Laquelle est prolongée jusqu’au 2 janvier, le temps de récolter "suffisamment de données objectives". Le Conseil national avait appelé à une prolongation du test jusqu’au mois de mars.

Dans une volonté d’améliorer le fonctionnement actuel entre le gouvernement et le Conseil national, le Ministre d’État a évoqué la possibilité de rétablir le comité de suivi des procédures législatives créé en 2009. Photo Romain Fondacaro/Conseil national.

Des échanges toujours vifs mais...

"L’heure est désormais aux choix. Nous attendons des réponses claires du gouvernement." Tel est le message à nouveau martelé par le Conseil national ce lundi face à l’urgence des questions relatives au logement et à la mobilité.

"La gestion publique se heurte toujours à des situations difficiles et à des demandes parfois contradictoires, il convient de trouver le bon équilibre", a rappelé le Ministre d’État, assurant le "respect" du gouvernement envers les élus. "Là où le Conseil national voit parfois un manque de transparence, le gouvernement voit souvent la nécessité de prendre le temps de disposer de données vérifiées et validées, issues d’analyses objectives. Les solutions sur des sujets tels que le logement ou la mobilité ne se trouvent pas en un simple claquement de doigts."

La réponse de la présidente du Conseil national ne s’est pas fait attendre. "Le Conseil national a prouvé à de multiples reprises et l’a encore fait mercredi dernier : il répond présent lorsque l’intérêt de la Principauté est en jeu. [...] Il entend que la réciproque soit vraie. C’est aussi cela le pas vers l’autre. [...] Que chacun de nous réponde présent et nous avancerons encore et mieux ensemble. Notre lecture de la Constitution est saine. S’il y a des frictions il faut qu’elles soient constructives. S’il y a des désaccords, alors nous pouvons ou non voter, c’est vrai. Mais c’est un fonctionnement sain pour notre régime : celui de la monarchie constitutionnelle que nous entendons tous et toutes protéger."

Le Ministre d’État s’est dit "conscient de la nécessité d’améliorer le fonctionnement actuel". En ce sens, il a proposé au Conseil national de "rétablir le comité de suivi des procédures législatives qui avait été créé dans ce but en 2009". "Comme nous en avons convenu, je propose de prévoir des rencontres régulières avec le Conseil national qui nous permettraient de nous accorder sur les priorités législatives à venir et leur éventuel calendrier d’examen."

La décla’

"L’État est propriétaire d’un parc totalisant 660 appartements qui se situent dans des immeubles principalement érigés à Cap-d’Ail, Beausoleil et Roquebrune-Cap-Martin. Le gouvernement poursuit les discussions avec la partie française, avec l’objectif que les spécificités de la Principauté puissent être prises en considération. Permettre aux pendulaires de se loger au plus près de Monaco concourt naturellement à fluidifier les accès à la Principauté.", le Ministre d’État, Pierre Dartout, sur la question du logement des salariés pendulaires.

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