Projets abandonnés et retards dans les chantiers: Manquera-t-on d'appartements pour les Monégasques dès 2024?

À l’occasion de la première séance publique du budget primitif, lundi soir, les conseillers nationaux se sont dits inquiets sur l’avenir du logement pour les Monégasques.

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Joelle Deviras Publié le 07/12/2022 à 11:00, mis à jour le 07/12/2022 à 12:09
Les projets abandonnés et les retards dans les chantiers inquiètent les élus. Photo Jean-François Ottonello

"La situation économique globale de la Principauté reste favorable."

C’est sur ces mots que Balthazar Seydoux, vice-président du Conseil national, a présenté son rapport du projet de loi sur le budget primitif 2023 en séance publique lundi soir. Une première soirée de politique générale conduite par Brigitte Boccone-Pagès, présidente du Conseil national, avant d’éplucher les lignes budgétaires de l’État ces prochains jours.

Et les bons chiffres de Monaco, qui s’inscrivent de surcroît dans la durée, auraient de quoi faire pâlir d’envie plus d’un pays en quête de croissance.

"Depuis 2018, le volume du Budget a augmenté de près de 65%, et, mis à part l’année 2020, celle où le Covid a frappé, notre budget a systématiquement été en excédent durant les cinq dernières années. Ce simple fait est, en soi, une réussite, puisque, dans le même temps, la Principauté a poursuivi ses très importants investissements structurels, au premier titre desquels, ceux pour le logement de nos compatriotes."

Et voilà la politique de logement qui continue à faire parler d’elle...

Bien que la fin de la pénurie soit prévue en fin d’année 2023, "l’avenir du logement des Monégasques n’est pas garanti", affirme Balthazar Seydoux.

600 logements crées en cinq ans

Le rapporteur note tout de même que l’État se donne largement les moyens pour que les nationaux puissent être logés dans leur pays. "Les dépenses d’Équipement et d’Investissement représentent la part la plus importante de nos dépenses publiques, au sein desquelles, les investissements consacrés au logement des Monégasques totalisent près de 236 millions d’euros, soit environ 28% (...)."

Les résultats sont d’ailleurs significatifs depuis le lancement du Plan National pour le Logement. "Au bilan de la mandature qui s’achève, ce sont près de 600 logements neufs qui seront livrés d’ici à la fin 2023, mettant ainsi un terme provisoire à la pénurie."

Mais les élus s’inquiètent des projets abandonnés et des retards dans les chantiers.

Avec la présidente du Conseil national, Brigitte Boccone-Pagès, et le ministre d’État Pierre Dartout, le Conseil national a démarré lundi soir par l’étude du projet de loi sur le Budget primitif 2023. Photo Conseil national - Romain Fondacaro.

Et Balthazar Seydoux de pointer du doigt le projet de reconstruction du Bel Air qui aura trois ans de retard sur la livraison. Outre le décalage sur le planning des créations de logements, le vice-président insiste sur les coûts engendrés.

"L’État paie plus de 6 millions d’euros par an pour prendre en charge le relogement des anciens locataires durant toute la durée des travaux, soit encore au moins pour trois exercices budgétaires. Cette décision prématurée de relogement, qui aurait fait économiser au moins 12 millions d’euros à l’État, et dont les anciens résidents de l’immeuble se seraient sans doute passés, est un exemple de ce que le Conseil national considère comme une mauvaise gestion de nos finances publiques."

Concernant Testimonio II bis (également appelé Tour Réséda), dont une surélévation de 5 étages vient d’être décidée (soit 30 appartements en plus), "les élus ont (...) demandé au gouvernement qu’un récolement partiel puisse être effectué, et donc de livrer la plus grande partie des appartements initialement prévus dès que ceux-ci seront achevés, sans attendre la fin des travaux de la surélévation."

Le Conseil national presse le gouvernement. Mais la politique se heurte à la réalité. "Après avoir consulté le constructeur et l’architecte, les conditions ne sont pas réunies pour pouvoir assurer une entrée dans les lieux en toute sécurité avant l’aboutissement de la surélévation. Nous parlons toutefois d’un décalage de trois mois", souligne le ministre d’État Pierre Dartout.

850 logements attribués en 2022-2024

Dans son allocution, le ministre d’État a rappelé que "la priorité absolue du gouvernement et du Conseil national demeure le logement des Monégasques." Et de souligner "un engagement budgétaire particulièrement important et en nette croissance: 167 millions d’euros en 2019, 160 millions d’euros en 2020, 192 millions d’euros en 2021, environ 232 millions d’euros en 2022 et 286 millions d’euros pour 2023, ce qui correspond, pour l’année qui nous intéresse, à 32% des dépenses d’équipement, soit un total d’environ 1 milliard 37 millions d’euros pour la période 2019-2023."

Et il n’y aura pas de pénurie en 2024 selon Pierre Dartout. "Ce seront 850 logements environ qui seront attribués sur la période 2022-2024. Ce chiffre particulièrement conséquent permettra de répondre à la quasi-totalité des besoins."

Le ministre liste également toutes les avancées faites ici et là pour créer des appartements. "Concernant l’opération "Les Lierres/Nathalie", avenue de l’Annonciade, (...) depuis une date récente, l’État a la maîtrise foncière du site, (...) avec un objectif de réception pour la fin de l’exercice 2026."

Pleinement rassurant, le ministre d’État note que "si l’on regarde (...) la période qui vous préoccupe jusqu’à fin 2026, il est important de souligner que le solde est positif de 47 appartements par rapport à l’annonce initiale, et même de 64 si l’on prend en compte le Bel Air dont la livraison est prévue entre fin 2026 et début 2027."

En 2023, les nouveaux conseillers nationaux sauront certainement rester vigilants afin que se réalisent les objectifs du Plan national pour le Logement lancé en mars 2019, qui sont, rappelons-le, de créer plus de 1 800 logements neufs sur 15 ans.

Quelques chiffres à retenir

Le Budget Primitif 2023 présente un excédent prévisionnel de recettes de +9,10 millions d’euros, programmes compris.

Le Budget de l’exercice 2023 affiche des prévisions de recettes s’élevant à 2,03 milliards d’euros en hausse de +7,5% (soit +141,20 millions d’euros) par rapport à celles du Budget Primitif 2022 (1,8 milliard d’euros) et des prévisions de dépenses s’élevant à 2,02 milliards d’euros en hausse de +7,2% (soit +135 millions d’euros) par rapport à celles du Budget Primitif 2022 (1,88 milliard d’euros).

Les recettes fiscales sont en hausse de 233 millions d’euros et notamment les transactions commerciales (+197 millions d’euros) au regard de la reprise de l’activité observée sur les premiers mois de l’année (+136 millions d’euros sur la TVA hors TVA Immobilière) et de l’impact des grands projets immobiliers de la Principauté qui se traduit par la progression des recettes de TVA immobilière (+ 61 millions d’euros).

Les recettes sont en hausse de +15,6%, soit +263,20 millions d’euros, par rapport au Budget Primitif 2022.

Le montant des prévisions de dépenses atteint 1,93 milliard d’euros pour l’exercice 2023, soit +257 millions d’euros (+15,3%) de plus qu’au Budget Primitif 2022.

Les dépenses d’équipement et d’investissements s’établissent à 742,20 millions d’euros, en hausse de +82,50 millions d’euros (+12,5%) par rapport au Budget Primitif 2022.

Les crédits d’équipement inscrits au Budget Primitif 2023 restent très largement consacrés à la poursuite des opérations du Plan National pour le Logement des Monégasques, qui entreront dans leur quatrième année pleine de travaux pour un montant total de 236,60 millions d’euros.

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