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Fermeture définitive de Foreplast à Monaco: le plan social a du mal à passer

Mis à jour le 09/08/2019 à 08:34 Publié le 09/08/2019 à 08:35
Cet été, les salariés de Foreplast ont découvert que les serrures avaient été changées.

Cet été, les salariés de Foreplast ont découvert que les serrures avaient été changées. Photo Jean-François Ottonello

Fermeture définitive de Foreplast à Monaco: le plan social a du mal à passer

L’usine historique de la Principauté a fermé ses portes sans que les concertations n’aient abouti. Les employés dénoncent un plan au rabais. Le groupe Novares déplore, et veut maintenant passer à la suite.

"Le groupe Novares s’est vu contraint d’envisager une procédure de fermeture de sa filiale Foreplast, installée à Monaco." C’est en ces termes que démarre le communiqué de presse que nous a fait parvenir le groupe Novares (ex-Mecaplast), propriétaire de l’usine Foreplast, plusieurs jours après avoir été contacté.

Mecaplast était l’une des plus anciennes entreprises industrielles de Monaco et produisait des pièces en plastique injecté pour des constructeurs automobiles comme Volkswagen, Toyota ou le groupe PSA (Peugeot Citroën). Mecaplast a absorbé un autre équipementier, Key Plastics, pour devenir le groupe Novares. Il réalise en 2018 un chiffre d’affaires de 1.123 millions d’euros, avec un bénéfice avant impôts en hausse de 9,1%.

Le point de vue de Novares

La fermeture de l’usine avait été annoncée en avril dernier, à l’issue d’une grève menée par les employés, inquiets de voir le seul chargé d’affaires de l’entreprise licencié sans motif, et non remplacé.

"Comme elle s’y était engagée, la direction de Foreplast a tenu 11 réunions sur une durée de 14 semaines, avec les délégués du personnel et délégués syndicaux afin de partager les enjeux liés à la situation", poursuit le communiqué. Des réunions dont les employés n’ont retenu que la rigidité d’une stratégie établie sans eux. La direction de Novares a engagé le 26 juin 2019 la procédure légale de consultation des représentants du personnel en vue d’un plan social.

Le communiqué revient alors sur la date de fin de la période consultation, qui a évolué plusieurs fois, passant du 27 juillet 2019 au 5 septembre. "Treize réunions de négociation se sont ainsi tenues, chacun écoutant les positions et arguments de l’autre partie."

Avant d’arriver au constat : "Le 30 juillet 2019, le personnel du site de Foreplast s’est mis en grève. Le 31 juillet, la direction de Foreplast a tout de même confirmé par écrit être prête à prolonger la période de consultation si les conditions d’un dialogue constructif étaient présentes. Les délégués de personnel ont alors annoncé la poursuite de la grève jusqu’au samedi 3 août matin."

Le conseiller de gouvernement-ministre des Affaires sociales et de la Santé a convoqué une dernière réunion le 2 août sur les mesures du plan. La direction affirme avoir fait des concessions lors de cette réunion qui a duré quatre heures. Pourtant, aucun accord n’en est ressorti. "La direction du groupe Novares regrette profondément qu’aucun accord n’ait été trouvé malgré les points suivants qu’elle souhaite rappeler : 24 réunions avec les délégués du personnel sur une période de plus de trois mois, un ensemble de mesures améliorées par rapport au plan de 2014 qui avait, à cette date, été validé par les délégués du personnel, des propositions de reclassement interne dans le groupe, dont une partie composée de postes localisés à Monaco, une intervention de la direction du Travail afin de se positionner en médiateur, une attitude de la direction de Foreplast ouverte et respectueuse, à l’écoute de ses interlocuteurs et de l’ensemble du personnel, soucieuse du respect de ses engagements."

Changement de serrures à l’insu des salariés

Ce n’est pas exactement la vision du personnel et de leur représentante, Me Delphine Frahi. "En dépit des propositions formulées en amont par les représentants du personnel, la dizaine de réunions organisées durant le mois de juillet est demeurée stérile, révélant un simulacre de concertation."

Les employés se plaignent de n’avoir pas été réellement écoutés, et dénoncent un plan social « low-cost ». Un destin décidé d’avance. Avec une ancienneté moyenne de 28 ans, ces ouvriers, dont beaucoup ont dépassé la cinquantaine, craignent pour leur avenir.

La réunion du 2 août, ils l’attendaient. Ils espéraient avoir enfin été entendus sur la casse sociale, sur les avenirs brisés. Sur les familles qui comptaient sur ces emplois. Ils espéraient que la responsabilité sociale du groupe Novares l’emporterait. En vain : "Malheureusement encore, après plusieurs heures de discussions, la direction de Novares n’a pas concédé d’avancée notable. Ses propos durant la réunion ont même alerté les représentants du personnel sur les véritables intentions du groupe qui ne cache pas vouloir mettre à exécution ses plans sans plus attendre, même durant la période de fermeture estivale. Le personnel s’est alors montré vigilant et a surpris mardi 6 août l’émissaire parisien du groupe en train de faire changer toutes les serrures de l’établissement. Alertées, inspection du travail et direction du travail se sont immédiatement rendues sur place pour constater les faits."

"Que les clients retrouvent vite de la sérénité"

Si le conseiller Gamerdinger a proposé une nouvelle réunion le 30 août prochain, les salariés craignent un "déménagement sauvage" de l’usine, pour l’heure en fermeture estivale.

De son côté, Novares conclut son communiqué en appelant à la mise en œuvre rapide des démarches de reclassement et d’accompagnement, qu’ils entendent démarrer "tout début septembre".

L’entreprise souhaite que "les clients du groupe retrouvent au plus vite de la sérénité et de la visibilité sur les productions réalisées par le site de Foreplast". Rappelant qu’il reste 190 employés à Monaco (essentiellement dans la recherche et le développement, et la facturation, NDLR), la direction déclare, non sans ironie, "renouveler son attachement à la Principauté de Monaco et aux emplois qui y sont localisés". Des propos que les salariés interprètent avec inquiétude : "Dénué de tout scrupule, le groupe Novares n’hésite pas également, dans ce contexte, à laisser planer la menace sur les 190 collaborateurs de Novares encore en poste à Monaco."


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