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"Le jardin, ma nouvelle passion"... Audrey Fleurot, marraine du Festival des jardins de la Côte d’Azur, se confie

L’actrice, marraine de l’édition 2021 du Festival des jardins de la Côte d’Azur, s’est découvert une toute récente passion: le jardinage. Rencontre et confidences.

Nathalie RICCI nricci@nicematin.fr Publié le 19/05/2021 à 19:39, mis à jour le 19/05/2021 à 19:56
Audrey Fleurot Photo CRT Côte d’Azur France/Camille Moirenc

On l’a découverte en Dame du Lac dans "Kaamelott", parfois détestée en avocate sans scrupule dans "Engrenages", on l’adore en ce moment en consultante pour la police, déjantée et un peu hystérique, mais tellement attachante dans "HPI" sur TF1. C’est un tout autre rôle qu’elle a tenu sur la Côte d’Azur, celui de marraine et présidente du jury du Festival des jardins. Elle avait un programme bien chargé avec les visites de toutes les créations végétales éphémères en compétition, mais elle a tout de même pris le temps de s’attabler sur le rooftop de l’Hôtel Aston à Nice, avec les membres du jury de la presse.
Pendant près d’une heure, elle a discuté à bâtons rompus, en toute décontraction, en sirotant un Coca Light puis un jus de tomate. Expliquant sa toute récente passion pour le jardin, évoquant sa vision d’un lieu végétal idéal, demandant des conseils aussi. Morceaux choisis de cet entretien.

La motivation à accepter ce rôle de marraine


"Il se trouve que c’est ma nouvelle passion, les jardins. J’ai la chance d’en avoir un depuis peu. J’ai acheté une maison en Normandie. Je devais signer pile au moment du premier confinement, les anciens propriétaires se sont retrouvés coincés dedans et je n’ai pas pu aller me confiner là-bas, hélas. J’ai eu un vrai coup de cœur pas tant pour la maison que pour le jardin. C’est dans l’Eure, en bord de Seine, sur la commune des Andelys. J’ai un grand jardin qui donne dans la Seine. L’hiver, elle remonte jusqu’à la moitié du jardin et j’ai des cygnes qui y flottent. C’est assez magique. C’est un nouveau centre d’intérêt, je suis totalement débutante, et je me suis dit, qu’ici, j’allais rencontrer plein de gens qui s’y connaissent bien mieux que moi, que j’allais apprendre des choses, piquer des idées. Et puis, les mots “festival”, “Côte d’Azur” et “jardins”, je trouvais que dans la même phrase c’était assez réjouissant !"

"Champ des possibles vertigineux"


"J’aime bien l’idée de ponctuation dans un jardin, d’endroits avec des fonctions différentes selon les endroits. Il y a peu de choses qui calment plus, qui enthousiasment plus qu’un jardin. Pourtant, il y a quelques années, si on m’avait parlé de jardin… Je prends un petit coup de vieux en disant cela ! (rires)"
"Je n’ai toujours eu que des balcons. Là, d’un coup d’un seul, j’ai un champ de possibles vertigineux. C’est un terrain de jeu et d’expérimentation qui s’ouvre à moi et qui m’enthousiasme."

Ambiances au jardin

"Ma maison n’est pas très loin de Giverny, qui est une sorte d’idéal de jardin à n’importe quelle saison, avec cette idée de profusion. J’aime aussi l’idée d’un jardin odorant, je suis très sensible aux odeurs, passer quelque part et sentir le jasmin ou le chèvrefeuille… J’ai une mémoire olfactive assez forte et c’est très émotionnel, ça touche notamment à l’enfance."

"J’aime beaucoup les nénuphars. J’adorerais avoir un plan d’eau! Mais c’est vrai que c’est un peu gonflé en ayant déjà la Seine dans mon jardin! Il y a un côté zen dans le plan d’eau qui est vraiment une ponctuation poétique."

 

"J’aime l’idée que l’on puisse penser que les choses n’ont pas été totalement placées par la main de l’homme, qu’elles se sont faites un peu naturellement. J’aime ce qui est faussement fouillis et l’idée qu’à toutes les saisons ce soit joli."

Prendre le temps

"Je n’ai pas voulu aménager mon jardin tout de suite. J’ai l’impression qu’il faut le vivre un peu et en découvrir les usages, passer du temps dedans, voir de quoi j’ai envie. J’ai des enfants, dont deux petits. J’aimerais mettre en place une structure de jeu qui soit de l’ordre de la sculpture, en bois, ajourée, qu’ils puissent grimper dedans, faire une cabane."Que ce jardin ait vraiment une fonction d’envoyer les enfants dehors qui est importante. Je voudrais trouver l’anti-trampoline qui est quand même la verrue de beaucoup de jardins. Tout en se faisant aussi plaisir à soi. Dans cette structure, il pourrait y avoir un coin en demi-ombre pour lire."

Main verte

"Je n’ai pas la main verte. Il faut avoir du temps. Il y a une vraie déception quand on fait crever une plante, un sentiment d’échec. Je dois les renouveler régulièrement et je le vis assez mal ! En général, je les fais crever de trop d’eau, de trop d’attention. Je pars régulièrement, et pendant mon absence personne ne prend le relais. Quand je rentre, je m’en occupe beaucoup et puis je repars…"

Saule pleureur

"Les anciens propriétaires de ma maison, je sens que ce n’était pas vraiment leur truc le jardin. À gauche et à droite, il y a des arbres centenaires absolument sublimes, mais sur mon terrain, il n’y a pas grand-chose. J’ai déjà mis un saule pleureur parce que c’est mon arbre préféré. Je m’étais toujours dit que je n’achèterais pas une maison qui n’a pas un saule pleureur. Il n’y en avait pas, donc c’est la première chose que j’ai plantée. Maintenant, j’ai hâte qu’il grandisse et qu’on puisse y manger dessous."

"Caricature"

"Jardiner fait partie de mes plans."Mais je n’ai pas énormément de temps, je suis à un moment de ma vie où je travaille beaucoup, j’ai des enfants en bas âge que je vois peu. Je suis une vraie caricature de Parisienne… Il y a des fleurs qui ont poussé dans mon jardin, j’ai eu limite une petite larme. Pourtant, toute ma famille vient de Bourgogne, de la campagne, ma grand-mère avait une ferme, j’y ai passé toutes mes vacances. Mais c’est différent d’être à l’origine des choses. Je suis aussi une caricature dans le sens où je corresponds à cette tendance de Parisiens qui en ont ras le bol, qui ne trouvent plus leur compte dans Paris. J’ai envie de choses plus simples, d’un retour à la nature… ça me fait rire parce que mes parents ont acheté leur maison de campagne quand ils avaient quarante ans. Et moi aussi. Avant, je voulais voyager. Et puis, avec les enfants, toutes les six semaines, il y a des vacances, vous êtes constamment en train de louer quelque part et au bout d’un moment vous vous dites que ce serait bien d’avoir à un seul endroit ses affaires, ses habitudes. Pour les enfants, c’est du bonheur. Plutôt que de faire La Villette, tous les week-ends… J’ai un fils asthmatique, allergique. Je pense que s’il avait grandi ailleurs, les choses auraient été différentes."

Festival des jardins de la Côte d’Azur. Vingt-quatre jardins à découvrir dans neuf communes des Alpes-Maritimes, jusqu’au 9 juin. Rens. festivaldesjardins.departement06.fr

 

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