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Un monégasque crée un gin et le baptise du nom d'Albert Ier

Avec sa boisson "Prince Explorer", Thomas Van Klaveren rend hommage à l’ancien souverain mais aussi à son arrière-grand-père, qui œuvrait au service d’Albert Ier au siècle dernier.

Cedric Verany Publié le 29/11/2021 à 11:07, mis à jour le 30/11/2021 à 15:28
Thomas van Klaveren a presenté son gin Prince Explorer dans les salons de l’hôtel Métropole Monte-Carlo, où il est aussi à la carte du bar. Photo Jean-François Ottonello

De la passion à la production, la formule pourrait résumer le parcours de Thomas van Klaveren, amateur et collectionneur de gin depuis plusieurs années qui vient de franchir le pas en produisant sa propre boisson alcoolisée, baptisée "Prince Explorer", en écho au prince Albert Ier.

A priori, rien ne conduisait ce trentenaire monégasque, ostéopathe de profession, qui soigne les maux du corps au quotidien dans son cabinet du Larvotto, à tendre vers la production de spiritueux. "Mais en bon passionné, petit à petit, je me suis demandé si le projet de fonder ma propre marque de gin était réalisable et quand tous les voyants ont été au vert, je me suis lancé pour ne pas garder cette frustration toute ma vie", justifie-t-il.

Poivre rose du Brésil et mandarine du Maroc

Passé le côté légal pour être sûr de concilier ses deux activités professionnelles, il a entamé son travail en réfléchissant à la conception d’une recette originale pour une boisson voulue d’emblée exotique, avec un certain tonus.

 

"Avec mes associés, nous avons plusieurs idées. Je voulais à tout prix par exemple mettre du cumin. Au nez c’est fantastique mais au goût ça ne fonctionne pas. Nous avons passé des heures dans une microdistillerie des Alpes italiennes à tester des choses et peaufiner la recette pour rendre ce gin spécial."

Photo Jean-François Ottonello.

Créé aux Pays-Bas à la fin du XVIIe siècle, le gin s’obtient par une distillation de baies de genévrier. Si le genièvre d’Écosse est une des composantes du Prince Explorer, la boisson mêle aussi le poivre du Sichuan, le poivre rose du Brésil, les fleurs de sureau d’Amérique du Nord, la mandarine du Maroc, le thym d’Italie.

Mais aussi la coriandre, l’angélique et la cardamome. "Un ensemble d’ingrédients choisi chez de petits producteurs", assure le concepteur. "C’était notre volonté que notre produit se démarque, pas seulement par son histoire, mais avec une recette et des saveurs que l’on ne trouve pas ailleurs".

Dans le verre ce gin au label princier joue d’ailleurs de l’équilibre entre l’esprit du poivre et la douceur de l’agrume.

"Une boisson de marin"

À l’aune de la célébration en 2022 du centenaire de la disparition du prince Albert Ier, l’équipe de Prince Explorer a souhaité mêler à son produit, l’image du prince explorateur. Un lien qui résonne aussi avec l’histoire familiale de Thomas van Klaveren.

"Mon arrière-grand-père, Sauveur van Klaveren avait fait le chemin des Pays-Bas pour servir le prince Albert 1er, notamment sur son bateau l’Hirondelle. C’est grâce à lui que ma famille depuis s’est établie en Principauté".

 

Si les mémoires du prince Albert 1er ne relatent pas de dégustation de gin sur le pont de l’Hirondelle, il s’agit clairement d’une boisson de marin, utilisée à l’origine pour couper l’amertume de la quinine, qui elle permettait de se prémunir face au paludisme.

Photo Jean-François Ottonello.

Les détails de cet hommage au souverain du début du XXe siècle se trouvent aussi dans l’emballage. Le flacon du Prince Explorer, semblable à un parfum, aux reflets bleu pétrole, se veut un reflet de la couleur de la mer au pied du Musée océanographique. "D’ailleurs nous avons pensé ce flacon entre associés et nous avons presque rendu fou notre verrier pour produire ce bleu vert."

Si l’équipe de Prince Explorer caresse l’espoir d’un jour pouvoir faire produire son élixir dans une distillerie en Principauté, pour l’heure, une série d’établissements monégasques le proposent à la dégustation: au Métropole Monte-Carlo, au Maya Bay, Maya Jah et Maya Mia, à la Note Bleue, et chez Rampoldi. La bouteille de 500 ml est aussi vendue 69 euros sur le site web de la marque.

L’ambition pour l’heure n’étant pas d’inonder le marché. "Nous en sommes aux balbutiements de ce projet et nous produisons en petite quantité étant contraint par l’approvisionnement de nos matières premières", continue Pierre van Klaveren, qui conseille la dégustation de son gin, avec du tonic à faible teneur de sucre, en cocktail. Ou bien sec, avec un glaçon, comme un digestif de fin de repas. Le tout avec modération.

Offre numérique MM+

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