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Restauration et distanciation sociale? Les enseignes de Monaco vont gagner de la place en terrasse

Mis à jour le 26/05/2020 à 11:39 Publié le 26/05/2020 à 10:40
Chez Woo, l’extension de la terrasse permettrait d’avoir le même nombre de places assises qu’auparavant.

Chez Woo, l’extension de la terrasse permettrait d’avoir le même nombre de places assises qu’auparavant. Photo Jean-François Ottonello

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Restauration et distanciation sociale? Les enseignes de Monaco vont gagner de la place en terrasse

À quelques jours de la réouverture des restaurants, à partir du 2 juin à Monaco, ceux qui régalent la Principauté et ses visiteurs se préparent à remettre le couvert, dans une ambiance toute particulière. Afin de générer le même flux de clients tout en respectant les règles de distanciation sociale, les restaurateurs de Monaco étendent leur terrasse.

Ici et là en Principauté, on observe les restaurateurs, mètre manuel ou infrarouge en main, mesurer la distance entre les tables. 1,50 mètre minimum, à moins d’installer une protection entre celles-ci. Les mesures sanitaires édictées par le gouvernement princier - aussi indispensables soient-elles pour limiter la propagation du Covid-19 - peuvent rapidement virer au casse-tête pour les restaurateurs. D’autant plus vrai pour les petites surfaces, où grignoter du mètre carré relève littéralement de la chimère.

Chez Woo, niché en haut de la rue Princesse Caroline, l’intérieur atteint à peine les 30 m², toilettes et cuisine compris. Avant la pandémie, sans compter la terrasse, les six tables espacées d’à peine quelques centimètres donnaient une promiscuité conviviale avec les voisins.

Avec le Covid-19, les patrons ont revu leurs plans. "Il n’y aura plus de places assises à l’intérieur, confirme Élodie Her, responsable du restaurant familial, qui laissera du personnel en chômage total temporaire renforcé. On a eu l’autorisation d’un propriétaire voisin, d’un commerce voisin inoccupé et des Domaines pour mettre nos tables à l’extérieur sur les côtés et en face de la rue. Il n’y aura pas de service à table mais les gens pourront prendre à emporter et s’asseoir aux tables"

Avec cette extension de terrasse, le restaurant Woo conserverait le même nombre de couverts qu’auparavant. Reste le feu vert de la mairie de Monaco, compétente en la matière. A ce jour, une quinzaine de dossiers ont atterri sur les bureaux du service du domaine communal, halles et marché.

"Les dossiers sont étudiés au cas par cas et officiellement validés après l’approbation du conseil communal, précise Georges Marsan, le maire de Monaco. Cela dépend, d’abord, des contraintes techniques comme l’accès des pompiers et un passage réglementaire pour les piétons. Parfois, cela implique aussi l’autorisation de commerces voisins ou de syndics d’immeubles."

Pour l’extension de terrasse, le restaurant devra s’acquitter normalement du prix au m², qui diffère selon le quartier d’implantation. En revanche, pour sa terrasse "normale", un geste financier sera accordé par la mairie aux restaurateurs.

"Du 1er mars au 2 juin, les restaurateurs ont été exonérés du prix de l’occupation de la voie publique, rappelle Marjorie Crovetto-Harroch, en charge du domaine communal, des commerces, halles et marchés. À compter du 2 juin, on va leur accorder une réduction de 50 % du tarif annuel au prorata temporis, c’est-à-dire qu’ils bénéficieront de cet abattement jusqu’à ce que le gouvernement décide de lever les mesures sanitaires. L’extension ne pourra pas dépasser ce qu’ils avaient déjà en nombre de tables."

Chez Salad’In, bar à salades rue des Açores, l’espace est aussi fortement limité. Avec les mesures sanitaires, la capacité théorique de couverts sera divisée par deux. "Pour l’heure, on n’a pas fait de demandes d’extension. La première semaine sera vraiment un test. On a laissé trois employées en chômage total temporaire renforcé et on tournera à trois ainsi que nos trois livreurs, explique Laurent Massiera-Porceddu et Guillaume Bogliari, cogérants. On reste inquiets. Même si le gouvernement nous a bien aidés et a été très réactif, on ne retrouvera pas les mois perdus. L’inconnu reste la fréquentation. On s’adaptera en fonction."

Même crainte chez Eat Me, du côté de Monte-Carlo. "J’ai moins peur de la baisse de surface que de l’absence de clientèle, réagit Madeleine Badia, la patronne des lieux, laquelle a rouvert la vente à emporter depuis le 11 mai. Depuis trois semaines, je pleure. Je faisais parfois 50 euros de chiffre d’affaires par jour. Qu’est-ce qu’on va se mettre sous la dent ? On sait que les frontières ne vont pas toutes rouvrir tout de suite, que les gens ne vont pas tous voyager, qu’ils ne vont pas tous revenir travailler sur site. Pour ma part, je vais capitaliser sur la vente à emporter qui était déjà 40 % de mon activité avant le Covid-19."

Pendant le confinement, l’entrepreneuse a développé, en interne, une application pour commander à distance. "Soit les clients viennent chercher sur place, soit ils sont livrés. Si on s’attend à reprendre comme avant, on va beaucoup souffrir. Le secret, c’est de se réinventer. C’est une question de survie, sinon on est morts…"

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