"Notre banque est toujours une entreprise familiale", dit la baronne Ariane de Rothschild, de passage à Monaco

De passage à Monaco, où elle est venue rencontrer les 230 salariés de sa banque, la baronne Ariane de Rothschild se confie sur les multiples projets, qu’elle mène avec dynamisme et enthousiasme.

Propos recueillis par Joelle Deviras Publié le 25/09/2022 à 10:55, mis à jour le 25/09/2022 à 10:57
interview
La baronne Ariane de Rothschild ici sur un balcon de sa banque monégasque. Photo Jean-François Ottonello

Avec quelque 230 salariés, soit le double d’il y a dix ans, Edmond de Rothschild se place aujourd’hui au sixième rang des banques monégasques. Dans les locaux qui s’étendent sur six niveaux d’un immeuble, dont est propriétaire la SBM entre les Thermes Marins et les Terrasses du Casino de Monte-Carlo, "la patronne", la baronne Ariane de Rothschild, fait de la grande salle de réunion son bureau.

À Monaco, elle vient régulièrement, mais uniquement trois ou quatre fois par an. Et regrette de ne pas être davantage au bord de cette mer Méditerranée qu’elle aime tant. Il faut dire que son agenda est chargé, entre les banques, les vignobles, l’hôtellerie et la restauration, les parfums Caron, les courses hippiques et la prochaine Route du Rhum à laquelle participera le Maxi Edmond de Rothschild. Rencontre.

Pourquoi êtes-vous à Monaco?

Je ne suis venue qu’une fois depuis la fin de la crise sanitaire. Il était important que je vois les équipes conduites dorénavant par Gérard Ohresser, qui a succédé en juillet dernier à Hervé Ordioni, dont il était l’adjoint durant huit ans.

On vous sait passionnée de la mer. Un de vos prochains challenges, n’est-ce pas une place de choix dans la prochaine Route du Rhum avec le Maxi Edmond de Rothschild?

 

Le bateau a évolué et sa technologie est poussée au maximum. Les foils ont été retravaillés, ce qui permet de gagner en stabilité. Je ne dis pas que le bateau fera 50 nœuds en solitaire, ça me paraît déraisonnable, mais nous avons augmenté en vitesse moyenne. Je serai comme toujours au départ à Saint-Malo le 6 novembre prochain. C’est très important. Je suis plus que jamais attachée à la mer. Je viens de passer trois semaines en Bretagne à La Trinité, La Mecque de la voile.

La mer, c’est aussi votre lien avec Monaco…

J’adore! C’est magnifique. En 2017, le Gitana 16, également appelé Mono60 Edmond de Rothschild, a été vendu au Yacht-Club de Monaco et est devenu Malizia II barré par Boris Herrmann. Je l’ai vu plusieurs fois à Lorient. Il y a un attachement entre notre famille et la Principauté avec les régates, mon beau-père, mon mari… C’est une longue histoire.

Insufflez-vous la même énergie débordante dans le milieu pourtant feutré de la banque?

Nous sommes l’actionnaire unique de cette banque. Je partage l’esprit d’engagement avec mes filles. Il est inconcevable de toucher des dividendes sans implication. Ensuite, quand j’étais CEO, j’étais dans le cœur du réacteur. Donc je connais la banque par cœur. C’est aussi une des particularités des entreprises familiales, de surcroît parce que cette banque porte notre nom, d’insuffler un esprit et de donner une orientation forte. Tous nos clients sont des entrepreneurs. Nous sommes nous-mêmes des entrepreneurs. Donc nous parlons le même langage et avons les mêmes enjeux. Les équipes sont challengées pour un service au client toujours plus juste.

 

Comme dans certains secteurs, avez-vous du mal à recruter?

Non. Ce qui est certain, c’est que la jeune génération est beaucoup en demande de sens de l’entreprise. Nous avons la chance de nous inscrire dans tout un écosystème qui mêle la banque, la viticulture, le parfum, la fromagerie, la philanthropie... L’exigence est de créer des entreprises correctement. Il y a une cohérence entre nos entreprises.

Avez-vous des projets nouveaux?

Nous venons d’acheter un vignoble de Pinot noir en Nouvelle-Zélande. Les équipes ont travaillé durant près de deux ans et une cinquantaine d’hectares, déjà en production, viennent d’être achetés. Nous sommes très motivés car nous avons un vignoble de Sauvignon blanc qui a été primé en 2021 avec 97/100, une note jamais obtenue pour un vin blanc de Nouvelle-Zélande. Caron se porte bien également, avec le prix du meilleur parfum de niche pour Poivre sacré, que l’on a sorti il y a un an et demi. Caron était une marque très abîmée. Les archives de l’entreprise étaient incroyables. C’est une belle histoire.

Vos salariés passent-ils d’une entreprise à l’autre?

Rarement. Peu de gens sont à l’aise pour passer d’un métier à l’autre. Moi j’aime beaucoup, parce que ça nourrit.

La période est particulière pour l’embauche et l’emploi. Que faites-vous pour motiver vos équipes? Le télétravail est-il mis en avant?

 

Nous avons mis en place le télétravail il y a plus de six mois dans tout le groupe bancaire. Il faudra faire un point d’étape à la fin de l’année. Beaucoup de salariés n’y sont pas favorables, pour que leur vie privée soit respectée et/ou pour garder le lien social. Le télétravail impose un ajustement du type de management. Comment motiver ou contrôler les équipes? Il y a une vraie interrogation sur la cohésion, la culture et l’identité d’entreprise. D’ailleurs, les plus gros supporters du télétravail (comme les entreprises de high-tech aux États-Unis) reviennent actuellement sur leurs décisions, car ce nouveau mode de fonctionnement demande des transformations de fond qui n’ont pas été faites.

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