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"Certains me disent que c’est la meilleure de ma carrière": à Monte-Carlo, Jane Seymour se confie sur sa nouvelle série

L’actrice de 71 ans, qui est actuellement la tête d’affiche de la série britannique Harry Wilde, ne désespère pas de terminer l’aventure Docteur Quinn, femme médecin, 25 ans après l’arrêt de la série.

Mathieu Faure Publié le 21/06/2022 à 15:10, mis à jour le 21/06/2022 à 15:22
Jane Seymour, rayonnante au Grimaldi Forum. Photo Franz Chavaroche

142 épisodes et le mythe n’a jamais disparu. Entre 1993 et 1998, Jane Seymour est Docteur Quinn, cette femme médecin de l’Ouest américain de la fin du XIXe siècle. Un rôle iconique pour une actrice qui, en 2022, ne s’arrête jamais de tourner. Passant facilement de l’anglais au français, Jane Seymour se raconte en toute simplicité au Festival de télévision de Monte-Carlo.

Les téléspectateurs français n’ont pas encore vu votre prochaine série, Que pouvez-vous nous en dire?

Certains me disent que c’est la meilleure série de ma carrière. C’est drôle, amusant, bien écrit, je joue une professeure d’anglais fraîchement retraitée qui ne peut s’empêcher de s’intéresser aux affaires criminelles de son fils policier.

 

Vingt-cinq ans après l’arrêt de Docteur Quinn, on parle encore de l’impact de votre rôle. Comment le vivez-vous?

Cette série était en avance sur son temps, on abordait les thèmes de l’immigration, du racisme, de la religion, de la place de la femme par rapport aux hommes, surtout dans le milieu médical. Une femme médecin, quelle drôle d’idée (rires). Je suis très fière de ce rôle. C’est une série qui a eu du succès dans plus de 90 pays.

Vous vous êtes récemment confiée dans une interview sur la possibilité de faire une sorte d’unitaire pour clore la série. Où en est ce projet?

Nous essayons depuis très longtemps de monter quelque chose autour de Docteur Quinn. L’action se passerait trente ans après la fin de la série et on retrouverait tous les personnages, on pourrait ainsi voir comment tout le monde a évolué. On a envie de le faire mais on n’y arrive pas (rires). C’est un western, c’est difficile. Cela dit, je suis à la tête d’une série, Harry Wilde, à 71 ans, alors tout est possible. Je suis une baby-boomer, je ne vais pas rester là à attendre la fin (rires).

On vous a vu récemment dans plusieurs comédies comme avec Michael Douglas, une série qui se moque de la vieillesse notamment. Comment l’avez-vous vécu?

 

C’est ce que j’aime dans cette série. Il n’y a pas de filtre, on assume qui on est et ça fonctionne. J’aime jouer la comédie, c’est quelque chose de très difficile. Je n’ai pas de secrets spécifiques pour être comme je suis à 71 ans. Je bois beaucoup d’eau, je mange bien, je fais de l’exercice, je ne m’expose pas trop au soleil, rien de particulier. Sur mon visage, on voit que j’ai 71 ans et je l’assume.

Outre Docteur Quinn, vous avez incarné une James Bond Girl dans avec Roger Moore. Quels souvenirs en gardez-vous?

J’étais très jeune et j’avais une voix perchée (rires). J’ai encore très peur des serpents car c’était l’une de mes premières scènes, on a répété la scène une vingtaine de fois, c’était stupéfiant.

Aviez-vous des modèles féminins à vos débuts?

Non mais je me rends compte aujourd’hui que les amies de ma fille sont aussi mes amies, elles me demandent des conseils. Je ne sais pas si je suis un modèle mais j’essaie de partager au maximum avec les jeunes générations. Chaque ère a ses soucis.

Vous avez débuté très jeune, au moment où le mouvement MeToo n’existait pas encore...

Quand j’étais jeune, j’étais à Hollywood et j’ai passé des essais pour un film. Un producteur a appelé mon agent et lui a demandé que je vienne refaire des essais chez lui. On me dit qu’il s’agit d’une soirée avec pas mal de gens. Quand j’arrive dans sa maison, il n’y a personne… C’est un piège. Là, il me dit que je suis une actrice fantastique, que je suis parfaite pour le rôle. Il me touche la cuisse et me dit: "Tu sais ce que tu dois faire". Je m’éloigne le plus loin possible de lui sur le canapé et je lui demande de m’appeler un taxi. Il me menace et me dit que si je répète ça à quelqu’un, je ne pourrai plus jamais travailler. J’ai mis un an à m’en remettre, je ne voulais plus faire ce métier.

 

Aujourd’hui, vous êtes productrice. Pensez-vous que les choses ont changé?

Aujourd’hui, tout le monde est effrayé de tout. On est passé d’un extrême à l’autre, peut-être qu’il faudrait trouver un juste milieu. Le plus important, avant tout, est de faire ce que j’ai fait: dire non. Mais il faut aussi être bien conseillée car mes agents auraient pu me prévenir quand ce producteur les a appelés. J’ai failli arrêter ma carrière à la suite de cet événement, j’ai mis un an avant de retourner à Hollywood. Je suis finalement revenue et j’ai revu ce producteur… qui ne se souvenait absolument pas de moi car il devait faire ça à toutes les actrices. Ça ne sert à rien de révéler son nom, il est mort.

Comment êtes-vous devenue Docteur Quinn?

Je ne faisais que des mini-séries à cette époque et ça marchait bien. J’étais mariée avec mon comptable qui gérait tout mon argent mais il m’a fait tout perdre. J’avais une dette abyssale, plusieurs millions. J’ai donc appelé mon agent et je lui ai demandé de me trouver un rôle, peu importe lequel. J’avais littéralement besoin d’argent. Il m’a envoyé un scénario le soir même, je devais lui donner ma réponse le lendemain. C’était un unitaire avec une femme médecin dans un western. J’ai dit oui d’emblée car je devais payer les factures. Le lendemain, je suis dans le costume de Docteur Quinn et l’unitaire devient une série mythique.

Êtes-vous triste que la série n’ait jamais vraiment eu de fin?

La série a été annulée du jour au lendemain alors que des épisodes devaient encore se tourner. Je l’ai appris par des bruits de couloir, j’étais choquée. C’est pour cela que l’on veut faire un dernier unitaire, fermer le chapitre autrement. Dire au revoir aux fans. On est tous encore en contact entre nous, c’était une vraie famille.

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