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En pleine flambée d'Omicron, Boris Johnson fragilisé par la fronde de ses troupes

En pleine flambée du très contagieux variant Omicron, le Premier ministre britannique Boris Johnson voit mercredi sa légitimité remise en question après une rébellion sans précédent au Parlement de ses troupes contre ses nouvelles restrictions sanitaires.

AFP Publié le 15/12/2021 à 13:28, mis à jour le 15/12/2021 à 13:30
Boris Johnson. Photo AFP

Deux ans après sa victoire électorale historique, le dirigeant conservateur est déjà fragilisé par une série de scandales, sur les conflits d'intérêt au sein de son parti ou encore des fêtes à Downing Street fin 2020 au mépris des règles sanitaires. Il risque jeudi la perte d'un bastion conservateur lors d'une législative partielle test.

Mardi soir, il a subi un camouflet à la Chambre des Communes: 99 députés de sa majorité ont voté contre l'instauration d'un pass sanitaire pour les grands événements. Il a fallu le soutien de l'opposition travailliste pour adopter cette mesure phare du gouvernement pour lutter contre le "raz-de-marée" des cas d'Omicron dans un pays qui comptabilise déjà 146.500 morts du Covid-19.

Il s'agit de la plus grosse rébellion subie par Boris Johnson. A l'échelle du parti, seule l'ex-Première ministre Theresa May avait déjà essuyé pire soufflet depuis la Seconde Guerre mondiale, avant d'être destituée par les siens.

"Coup de massue", "grand revers" ou encore "Boris meurtri": les journaux britanniques soulignaient mercredi l'ampleur de la défiance, alors que seuls une soixante de Tories rebelles étaient initialement attendus.

"Que tant de députés conservateurs retirent leur soutien à Johnson sur ce sujet est fatal à son autorité", estime le chroniqueur politique Rafael Behr dans le Guardian.

 

Le ministre des Transports Grant Shapps a lui essayé tant bien que mal de défendre le leader conservateur sur LBC Radio. "Comparer des chiffres comme ça est un peu vide de sens", a-t-il avancé, vantant "le vrai leadership" et "la détermination" du Premier ministre, qui a selon lui conduit les Britanniques à suivre en masse ses consignes de rappel vaccinal.

"Message très clair"

Cette rébellion signe le mécontentement de certains Tories à l'encontre de mesures sanitaires qu'ils jugent liberticides et néfastes pour l'économie britannique. Mais il s'agit aussi d'un vote sanction plus large à l'encontre d'un gouvernement qui multiplie les scandales.

Le Premier ministre a "reçu hier le message très clair que ses collègues ne sont pas contents de la façon dont le gouvernement fonctionne en ce moment", a indiqué sur Times Radio le député conservateur Mark Harper

Selon lui, "tout a commencé il y a plusieurs semaines" lorsque Boris Johnson a tenté de modifier les règles disciplinaires du Parlement au profit d'un député conservateur, Owen Paterson, qui a dû démissionner pour une affaire de lobbying.

A cela s'ajoutent des révélations explosives sur la tenue d'événements à Downing Street en décembre 2020 -quand le gouvernement exigeait des Britanniques qu'ils limitent extrêmement leurs interactions sociales- et de nombreuses accusations de corruption.

 

Devant ce ras-le-bol des Tories, le parti Conservateur pourrait organiser un vote de défiance à l'encontre de son dirigeant, en perte drastique de popularité dans les sondages. Le député Goeffrey Clifton-Brown a déjà publiquement indiqué sur Sky news souhaiter un tel scrutin.

"Les vautours tournent à nouveau, deux ans à peine après que le parti conservateur a déchiré son dernier dirigeant", a estimé dans le Guardian l'éditorialiste Polly Toynbee, pour qui la ministre des Affaires étrangères Liz Truss constituerait "la candidate évidente pour succéder" à Johnson.

Élection symbolique 

"Le gouvernement dépend maintenant (du leader du Labour) Keir Starmer pour fournir une majorité stable à sa politique", souligne dans un édito du Times Daniel Finkelstein, selon qui "le gouvernement est en fonction, mais plus au pouvoir".

La légitimité du Premier ministre sera mise à l'épreuve dès jeudi lors d'une élection partielle à valeur de référendum dans le North Shropshire (centre de l'Angleterre), destinée à remplacer Owen Paterson.

Selon les experts, ce bastion "tory" pourrait échapper au Premier ministre au profit des Libéraux-démocrates.

"Certains députés ont suggéré en privé que la perte du North Shropshire enfoncerait le dernier clou du cercueil du leadership de M. Johnson", affirme le Daily Telegraph.

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