L’hommage du Prince Albert II au Roi Pelé

Alors que le peuple brésilien vient d’enterrer "O Rei", Albert II témoigne.

Thomas Michel Publié le 05/01/2023 à 19:10, mis à jour le 05/01/2023 à 18:59
Pelé lors de son troisième titre mondial, en 1970. Photo AFP

"J’ai eu l’occasion de le rencontrer plusieurs fois aux États-Unis, ici à Monaco, et durant différentes Coupes du monde, c’était vraiment un grand Monsieur." 

Amoureux du beau jeu, le prince Albert II n’est pas resté insensible au décès de Pelé, qu’il place lui aussi au sommet dans l’histoire du football. "C’est toujours difficile de comparer les époques, mais c’est le plus grand pour moi."

Un constat sans équivoque pour le souverain, qui a eu le plaisir de voir jouer le numéro 10 du Brésil à la télévision, et même une fois en vrai. C’était en 1977, à New York.

Le Prince venait de poser ses bagages aux États-Unis pour entamer un cursus universitaire à l’Amherst Collège du Massachusetts. Le Roi, lui, avait rejoint le Cosmos FC en 1975 et s’apprêtait à tirer sa révérence, à 37 ans.

"C’était l’un de ses derniers matchs, se souvient le prince Albert II. Par sa technique, son intelligence de jeu, sa clairvoyance et son sens du but, il a fait évoluer le football de façon incroyable."

"L’instrument du bien"

S’il est devenu pareille icône, c’est aussi que Pelé fut l’un des premiers à transcender le football. À rayonner en dehors des terrains jusqu’à épouser une carrière politique dans les années 90.

Objet de toutes les convoitises, il aura su préserver son indépendance, quitte parfois à souffrir de son mutisme. Contrairement à Socrates, il n’aura ainsi émis aucune critique à l’égard de la junte qui prit le pouvoir en 1964 dans son pays. Lui dont le soft power était déjà pourtant au firmament avec deux titres de champion du monde.

Mais il aura aussi eu ce pouvoir incroyable de mettre en suspens des conflits par sa simple présence. En 1969, son équipe de Santos, en tournée en Afrique, avait ainsi affronté l’équipe nationale du Nigéria provoquant un cessez-le-feu de 48 heures.

Une aura telle qu’au Bénin, le gouverneur militaire de l’époque avait rendu férié le jour de la présence de la bande à Pelé. "Mon père m’a appris que le football est un instrument du bien", tweetait le Roi en 2020.

"Il a offert de la joie"

"Pelé a aussi mené beaucoup d’actions caritatives en dehors de son pays, salue le prince Albert II. Il avait l’envie de faire partager tout ce que le football lui a apporté. Lui qui venait d’un milieu modeste, il a offert beaucoup de joie au monde".

Né dans un quartier déshérité du Nord de Rio, Edson Arantes do Nascimento aura toute sa vie eut à cœur de gommer les injustices, comme le rappelait récemment sur l’antenne de RCM Sport son assistant personnel et ami de quarante ans, Marcus Miralha.

"Il voulait aider le monde entier. Mais il ne pouvait pas y arriver, c’était impossible. Il pleurait beaucoup quand il voyait les petits enfants pauvres."

Ce mardi, le Brésil a fait ses adieux à "O Rei" après un long cortège funéraire passé notamment devant la maison de la maman de Pelé, Dona Celeste (100 ans), qui, selon sa fille au micro d’ESPN, ne peut réaliser la perte de son fils.

"Elle va bien, mais elle est dans son propre monde. (...). Parfois, je dis: Dico [le surnom de Pelé] est comme ça, mais prions pour lui, n’est-ce pas, maman?’ Parfois, elle ouvre les yeux… Mais elle n’est pas consciente."

Le monde, lui, n’oublie pas.

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