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Pourquoi le nombre de motards tués sur les routes augmente dans les Alpes-Maritimes

Mis à jour le 03/05/2016 à 05:14 Publié le 03/05/2016 à 15:11
En 2015, la moitié des victimes sur les routes azuréennes étaient des pilotes de deux-roues.

En 2015, la moitié des victimes sur les routes azuréennes étaient des pilotes de deux-roues. A. L.

Pourquoi le nombre de motards tués sur les routes augmente dans les Alpes-Maritimes

Accidents en baisse mais nombre de morts en augmentation sur les routes azuréennes. Huit des douze personnes qui ont perdu la vie sont des pilotes de deux-roues

Les chiffres, comme la vitesse, sont repartis à la hausse.

Selon l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 257 personnes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine en mars 2016. Douze dans le seul accident impliquant un minibus et un poids lourd dans l'Allier.

Certes. Mais comparé au mois de mars 2015 où l'on avait déploré 225 morts sur les routes, le premier trimestre a enregistré trente-deux tués supplémentaires, soit une hausse de 14,2 %.

Les Alpes-Maritimes n'échappent pas à ce funeste bilan. "Alors que l'année 2013 avait été l'année la plus faible en terme de mortalité routière (avec 46 décès, ndlr), 2014 et 2015, avec 56 victimes recensées sur les routes azuréennes, donnaient déjà des signes inquiétants du retour des comportements à risque", explique François-Xavier Lauch, directeur de cabinet du préfet.

"Et ce début d'année 2016, comme au plan national, n'échappe pas à la règle et commence encore plus mal que l'année précédente: avec 12 victimes contre 10". Et ce, alors que le contexte général est plutôt encourageant avec un recul de 10 % du nombre d'accidents et de blessés.

C'est peut-être parce que les deux-roues paient un plus lourd tribut aux fous du volant, aux aficionados de la vitesse. Ou alors qu'ils ne respectent pas toujours les règles élémentaires de sécurité et d'équipement.

"Sur les douze victimes azuréennes de ce début d'année, huit circulaient en deux-roues", poursuit le représentant de l'État, lui-même motard quand il en a l'occasion. "En 2015, ils représentaient la moitié des victimes de la route".

Quels comportements à risque?

La Direction de la sécurité et de la circulation routières, face au bilan, a demandé aux préfets, par circulaire en date du 31 mars, « d'accentuer les contrôles routiers et de solliciter la mobilisation des maires pour que les polices municipales viennent renforcer l'action des forces de l'ordre ».

Alcool, vitesse excessive, usage des téléphones portables… Défaut d'équipement. A quel facteur doit-on imputer ce retour brutal et violent de la mortalité routière dans des proportions inquiétantes ?

Dans son baromètre annuel du comportement des Français au volant, l'assureur AXA dressait pourtant, il y a quelques jours, un bilan plutôt rassurant pour la région Méditerranée. Certes, le panel interrogé s'est exprimé sur la base de la bonne foi. Il en ressort ainsi que la consommation d'alcool a baissé par rapport aux années précédentes. Même si le taux est toujours supérieur à la moyenne nationale.

Pas seulement la vitesse

Le téléphone ? Ils jurent ne plus s'en servir au volant. Le recul est spectaculaire : 24 % contre 40 % en 2015. La vitesse ? Ils sont 36 % à reconnaître rouler à plus de 65 km/h en centre-ville (46 % en 2015) et 12 % à admettre rouler à plus de 160 km/h sur autoroute… Ce qui semble bien peu quand on a l'habitude de prendre régulièrement l'A8.

Victimes les plus exposées, les motards sont montés au créneau en début d'année, via les Motards en colère. Pestant contre les politiques de lutte contre la vitesse, ils dénoncent plutôt, « nous qui sommes vraiment dans la circulation, l'usage des distracteurs embarqués (téléphone, GPS, écrans…) et le non-usage des rétroviseurs et des clignotants sont des dangers sur lesquels il faudrait communiquer… » Des comportements difficiles à « flasher ». Enfin, dernier élément troublant dans ce bilan : la surexposition des piétons aux risques routiers. Sur les 12 premières victimes de l'année dans les Alpes-Maritimes, deux étaient des piétons. Ils représentaient 25 % des victimes de 2015. De quoi donner à réfléchir…

François-Xavier Lauch, directeur de cabinet du préfet des A.-M.: « Des stages pour optimiser les capacités sur route »

Comment expliquez-vous que les deux-roues soient plus souvent concernés que les automobilistes dans ce bilan de début d’année?
Huit des douze premières victimes de 2016 sont effectivement des conducteurs de deux-roues. Ils représentaient la moitié des tués en 2015 alors que la moyenne nationale était de 24 %. C’est notamment dû au fait qu’ils sont plus nombreux dans notre département en raison des conditions climatiques à l’année. On peut également parler de mauvaises relations avec les autres usagers de la route qui ne les voient pas toujours.Inversement, les deux-roues (et je suis motard) n’ont pas toujours les bons comportements: vitesse, alcool, stupéfiants. Ils roulent vite, ne connaissent pas toujours les bonnes trajectoires ou freinent trop tard.

Comment remédier à ce constat?
Il existe un plan de prévention départemental de la sécurité routière. Nous sommes en relations avec la Fédération des Motards en colère.Et même si nous ne sommes pas toujours d’accord sur tout, nous soutenons les stages de conduite qu’ils organisent et qui visent à augmenter les capacités sur route.

L’État s’inscrit lui aussi dans cette politique d’apprentissage?
Tout à fait, par le biais des stages « Courbes et trajectoires », qui sont organisés par des policiers ou des gendarmes qui illustrent, par la pratique, les cours théoriques.

Les contrôles routiers sont-ils efficaces pour lutter contre le retour des comportements à risque?
Oui.Nous les multiplions dans les zones à risque: Roya, route Napoléon, bord de mer… On en profite généralement pour contrôler les équipements qui, sauf le casque, ne sont pas toujours complets.


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