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Le scénario du braquage de la bijouterie Cartier reconstitué heure par heure

Mis à jour le 28/03/2017 à 18:23 Publié le 28/03/2017 à 17:20
Braquage à Monaco.

Braquage à Monaco. Photo Michaël Alesi

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Le scénario du braquage de la bijouterie Cartier reconstitué heure par heure

Huit minutes. C'est le temps que trois braqueurs armés ont mis pour dévaliser la boutique Cartier, samedi après-midi place du Casino.

Menaçant « deux ou trois employés » avec deux armes et prenant la fuite de manière rocambolesque dans les rues de Monaco. « En moins de 7 heures, trois des 4 membres de cette équipe ont été interpellés et on a récupéré la totalité du butin », préfère retenir Richard Marangoni qui livre un récit détaillé du hold-up.

15 h 45

Une « tierce personne » appelle le 17 « de l'extérieur » et indique qu'il se passe « quelque chose de grave et important dans la bijouterie Cartier ». Pourquoi les policiers en faction dans le coin n'ont rien vu ? « Car les policiers s'assurent de toute la place du Casino. Ils ne sont pas 24 h s/24 devant Cartier...», justifie Richard Marangoni.

Au moment de l'alerte (15 h 45), les trois malfaiteurs sont sur place depuis 5 minutes. « Ils sont entrés dans la bijouterie de manière tout à fait normale mais dans un accoutrement qui n'était pas celui du client habituel de la bijouterie Cartier. Le premier est rentré et il a fait entrer les deux autres. Ils portaient des casquettes, écharpes et lunettes. » Des conditions d'accès troubles…

15 h 46

Le plan de sécurité et d'intervention est mis en place par la Sûreté publique. En tout, une « soixantaine » de policiers viendront renforcer le dispositif du jour. 23 enquêteurs de la division judiciaire, l'ensemble de l'Unité Spécialisée d'Intervention et de Voie Publique (USIVP) en tenue lourde, des techniciens de police scientifique, des effectifs du PC Sécurité…). Le quadrillage vidéo est lancé. « Nous ne savons toujours pas à cet instant s'il s'agit d'un vol à main armée », précise Richard Marangoni.

15 h 48

« Trois individus dissimulant leur visage quittent le commerce par la porte principale. La phase 2 du plan de sécurité est enclenchée. À la vue des policiers, ces trois personnes prennent la fuite et abandonnent deux sacoches contenant des bijoux, des téléphones portables et un pistolet semi-automatique… »

 15 h 49

Le premier individu est arrêté quasi-instantanément et menotté contre une palissade du chantier voisin. Il donne son identité et son adresse. Une perquisition à son domicile sera plus tard menée par le parquet de Grasse.

la fuite

« Concomitamment, les deux autres braqueurs prennent la fuite avenue des Beaux-Arts [actuellement fermée pour travaux, ndlr] en franchissant une palissade du chantier. Ils se séparent. Un agent de police poursuit l'un des deux qui se dirige vers le square Saint-James où un véhicule avec le chauffeur attend. » Depuis quand ? « On est en train de déterminer à quelle heure il est arrivé. En tout cas il n'a pas bougé pendant toute la commission des faits. »

La voiture démarre « rapidement » et « face aux forts soupçons que l'individu soit armé », l'agent de police fait feu à quatre reprises en direction du pneu avant gauche du véhicule. « Ce qui va bien sûr ralentir la fuite et nous permettre les interpellations plus tard. »

Alors qu'un des individus prend la fuite à pied, les deux à bord du véhicule descendent l'avenue d'Ostende, puis remontent la rue Grimaldi et, à défaut de pouvoir rejoindre l'autoroute puisque la bretelle est « fermée par un véhicule de police », repartent dans l'autre sens. En direction du Portier.

Un trajet délicat car le véhicule est accidenté. « Il semble que les pneus et le moteur aient été touchés. En dehors du fait qu'on roule plus lentement avec un pneu crevé, il semble qu'il y avait aussi une balle dans le radiateur ou le moteur. Le véhicule n'était plus utilisable (...) Ils se savent pourchasser et, au niveau de la bretelle d'accès au rond-point du Portier, les deux individus abandonnent le véhicule et l'incendient à l'aide d'un jerrican d'essence », narre le procureur Dorémieux. Laissant présager de la préméditation (lire ci-dessous).

Au rond-point du Portier, ils essayeront par trois reprises, et en vain, de voler un véhicule…

Fin d'après-midi

Une demande d'entraide avec la France est activée, notamment avec la police judiciaire de Nice et le Parquet de Grasse. « Parce qu'il fallait en urgence réaliser des perquisitions sur le territoire de la commune de Vallauris… », rappelle Jacques Dorémieux.

Les personnes confinées dans les magasins et hôtels autour de la place du Casino ont été peu à peu évacuées.

21 h 55

« Un deuxième individu correspondant aux diffusions de recherche est intercepté. Il s'était réfugié dans l'église anglicane, avenue de Grande-Bretagne. » Sur lui, quelques bijoux dans les poches et, étrangement, « il a essayé de se changer et n'a rien trouvé de mieux que de mettre une veste de Père Noël ! ».

Simultanément, un troisième individu est repéré sur le « secteur balnéaire ». « Il tente de prendre la fuite. »

22 h 15

Ce troisième individu est interpellé en territoire français, à Roquebrune, sur la route menant au Monte-Carlo Beach Hôtel. « Caché dans des talus », il s'avère être le chauffeur de l'expédition.

22 h 25

Le plan sécurité est toujours opérationnel et le filtrage à toutes les frontières de la Principauté actif lorsque, « au carrefour Saint-Roman, nous procédons au contrôle du chauffeur d'un véhicule dont l'apparence et le comportement nous paraissent suspects. Il s'agit, après vérification, du frère, d'un des mis en cause. Qui sans doute venait exfiltrer son frère. » Quatrième et dernière interpellation en date.

Lundi midi

La troisième et dernière sacoche est retrouvée non loin du Beach Hotel, dans des buissons, suite aux aveux du chauffeur arrêté à proximité samedi soir.

L'un des braqueurs est toujours en cavale, « potentiellement armé », voire avec quelques bijoux dans les poches...


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