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Braquage de la bijouterie Cartier à Monaco: le verdict attendu ce lundi soir

Mis à jour le 16/12/2019 à 09:00 Publié le 16/12/2019 à 07:30
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Braquage de la bijouterie Cartier à Monaco: le verdict attendu ce lundi soir

Deux des quatre auteurs présumés de l’attaque à main armée de la boutique de la place du Casino, comparaissent depuis mercredi devant le tribunal criminel de Monaco. Ils risquent de lourdes peines de prison ferme.

Au quatrième et dernier jour du procès de Walid Bekkada et Sofiane Gallah, les deux braqueurs présumés de la bijouterie Cartier (*), sur la place du Casino, l’audience promet d’être longue. Très longue !

Dès 9 heures ce matin, Maîtres Cédric Porteron (Nice) et Clyde Billaud (Monaco) entameront leurs plaidoiries, afin de demander les réparations des préjudices subis par leurs clients, au nombre de cinq. L’agent de sécurité, dont ce braquage a eu des conséquences catastrophiques sur sa santé, viendra défendre sa cause en personne devant le tribunal criminel.

Puis, ce sera au tour du premier substitut Cyrielle Colle de requérir des peines d’emprisonnement, certainement ferme, plus ou moins longues, tout en sachant que les deux individus sont incarcérés depuis le 27 mars 2017.

Évidemment, ce temps de détention provisoire passé à la maison d’arrêt pendant l’instruction de l’affaire viendra se soustraire au quantum soutenu à l’audience par le ministère public.

La défense, représentée par Maître Marie Seguin (Nice) pour Walid Bekkada, et Maître Thomas Brezzo (Monaco) pour Sofiane Gallah, mettra un point final aux débats lancés depuis mercredi 11 décembre. Ces avocats n’ont nullement l’intention de faire acte de présence. Mais plutôt à cœur de dénier avec opiniâtreté les accusations des parties adverses.

Au cours des interventions précédentes, ils ont immanquablement entrepris de contrer tous reproches de la part des antagonistes.

Les 127 bijoux récupérés

Le procès ne sera pas terminé pour autant. La présidente du tribunal criminel Françoise Carracha, ses conseillers, M. Adrien Candau et Mme Carole Delorme-Le Floch, se réuniront avec les quatre jurés afin de décider de la condamnation à prononcer. Sans s’immiscer dans le secret de la délibération, la magistrate sera la voix prépondérante d’une décision juste. Il était palpable, au cours des journées précédentes, de voir sa foi dans le respect des règles régissant les rapports humains. Comme son sens de procéder à une connaissance exhaustive des divers éléments et conséquences du dossier.

Le droit sera-t-il l’armurier des accusés ? Les faits ayant été reconnus, le maximum encouru pour vol en bande organisée est la réclusion à perpétuité lorsqu’il est commis soit avec usage ou menace d’une arme.

Le butin de cent vingt-sept bijoux entièrement récupérés, pour un montant de 6 millions d’euros, entraînera-t-il pour les deux auteurs du braquage de possibles circonstances atténuantes ? Connus de la police, notamment pour des faits de vol en réunion, violences volontaires, menaces et usages de stupéfiants, pareil palmarès ne plaide pas en leur faveur.

Enfin, ces deux jeunes adultes, domiciliés dans la cité de la Zaïne, dans les Hauts de Vallauris, ont souvent souligné leur « espoir de pouvoir tourner la page, de changer de vie, de déménager très loin afin de se réinsérer dignement dans la société civile » !

Ont-ils changé depuis qu’ils sont incarcérés ?

Une façon de se faire oublier… Serait-ce l’assurance d’arrêter à vie les délits répétés ? Est-ce possible quand témoins et policiers ont fait part de délinquants déterminés à mener jusqu’au bout leurs méfaits malgré le mal causé ?

Quand il est décrit l’entourage nocif des quartiers défavorisés, des fréquentations jusqu’à la chute néfaste ? Ou bien à l’écoute de ces récits de descente aux enfers, d’horreur des condamnations, des prisons, des abominations, jusqu’à la haine du rejet ?

À ce niveau, seules les mères, unanimes, évoquent des « fils qui ont changé depuis qu’ils sont incarcérés à la maison d’arrêt de Monaco ». Ça fera presque trois ans… Un temps suffisant pour se refaire une identité convenable ?

Walid Bekkada : « Je ne suis pas un voyou »

Personnage complexe, porté à l’introversion, avec une légère tendance, peut-être simulée, à l’autisme, Walid Bekkada distille un mélange raffiné de consternation et de témérité quand il s’adresse au tribunal criminel.

Au fil de ses révélations, on sent cet homme de 25 ans comme hanté par un sentiment d’infériorité qu’il compense par un réconfort puisé dans les fictions de l’imagination.

Peu de sourires ! Souvent furtifs et corrosifs… Mais il assure : « Je suis là pour dire la vérité. J’ai une famille derrière… Je suis venu à Monaco pour faire ce que l’on m’avait demandé. »

La présidente lui rappelle qu’il était armé ce jour-là : « Vous n’aviez pas peur que ça tourne mal ? »

La réponse est claire : « Oui, j’ai sorti l’arme au moment de rentrer dans la boutique. C’était un pistolet. Une femme très choquée, en pleurs, m’a supplié : “ne me tuez pas “. J’ai essayé d’être le plus délicat possible pour la rassurer. Je l’ai saisie par le poignet afin de la calmer. Quand je suis parti, tous les employés étaient au sous-sol sains et saufs. Je ne suis pas un voyou. »

Alors est-ce la coke, comme il le prétend - jusqu’à 2 grammes absorbés quotidiennement- qui l’a aveuglé sur les conséquences d’un acte atroce. Est-ce l’alcool ingurgité à foison qui a inhibé sa conscience, au point de se familiariser avec des méthodes issues des actions liées au grand banditisme ? L’accusé irait-il jusqu’à un spectacle digne de compassion parce qu’il se trouve harassé et abattu comme une brebis qui n’a plus de pasteur ? Pour lui aussi, la prison a été synonyme de réflexion, semble-t-il.

Sofiane Gallah : « J’aimerais demander pardon »

Étrange contraste ! Ce jeune homme impliqué dans un vol à main armé apparaît docile, attentionné, presque sympathique. Un « dédoublement de la personnalité » dû à un trouble lié à un traumatisme durant l’enfance ? Ou une facette subtile pour attendrir magistrats et jurés ?

Il semblerait que l’accusé est plutôt enclin à un acte de contrition volontaire et sincère. « J’aimerais demander pardon ! affirme-t-il avec un petit sourire de compassion pour les victimes. Je remercie l’agent de sécurité d’avoir dit la vérité. À l’époque, je venais d’avoir 19 ans et j’étais étudiant. Je n’ai pas été violent ».

« Mon rôle se limitait à une surveillance active et attentive : personne dans la boutique ne devait appeler la police. Quand je suis rentré et une fois gravi les marches pour monter à l’étage, j’ai remarqué la présence d’une personne. Il m’a suffi de lui imposer de descendre au sous-sol. Je n’avais aucune arme dans les mains et je n’étais pas accompagné. Ma tâche, je vous l’assure, était de ne jamais relâcher ma vigilance. »

Celui qui se présente comme un petit jeune égaré, habitué à paresser dans l’oisiveté et addict aux jeux vidéo, assure ne pas avoir vraiment l’âme, ni l’âge d’un délinquant expérimenté. « J’habite dans un quartier où il n’y a que de mauvaises fréquentations. Il faut partir si je veux réussir le reste de mon existence. J’ai la jeunesse pour moi. Je veux aller très loin, en Bretagne où j’ai de la famille, pour fonder un véritable foyer avec ma compagne et changer de comportement. Vous savez, la détention porte conseil… »

* Les deux autres accusés, Antonio Bova et Selin, sont incarcérés en France. Si le premier a été interpellé sur le territoire de Roquebrune-Cap-Martin par les policiers monégasques, il a été remis aux autorités françaises. Le second, grâce aux investigations des enquêteurs de la Principauté, a été arrêté sur le territoire des Alpes-Maritimes. Comme il en est dans la majorité des pays, leurs nationaux ne sont pas extradés.


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