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"C’est important que les gens sachent ce que nous avons vécu"... Pablo Montanelli en concert pour célébrer "Les Merveilles" après Alex

Le pianiste argentin Pablo Montanelli interprétera samedi 2 octobre, à Breil, en l’église Santa Maria in Albis, les morceaux de son album "Merveilles", composé après la tempête dans la Roya.

Alice Rousselot Publié le 01/10/2021 à 18:12, mis à jour le 01/10/2021 à 18:09
Pablo Montanelli à Saorge NICE MATIN

Habitué à voyager dans le monde entier pour la musique, le pianiste de tango moderne Pablo Montanelli a trouvé en Saorge – dont il est tombé amoureux – un refuge où rompre avec ce rythme effréné. Au point d’y avoir acheté un appartement avec sa femme, en 2019. Quand la tempête Alex s’est abattue sur la Roya, l’Argentin se trouvait dans le village perché.

"C’était spécial de vivre une telle expérience, très fort. En contrebas, tout était détruit. Nous, nous étions isolés, sans électricité, sans eau. Cela m’était déjà arrivé à Buenos Aires, mais j’ai découvert ce qu’était la solidarité en montagne. Moi qui ai toujours été en ville", expose-t-il. Ajoutant avoir rapidement joué des notes sur son piano.

En écho. "La musique est venue comme ça. C’est assez bizarre. Ce n’était pas du tango ou ce que je fais d’habitude, plutôt du new age. Je voulais exprimer tout ce que j’avais vécu", glisse-t-il. En à peine deux mois, neuf morceaux sont ainsi sortis de son clavier. Comme un souffle vital. Comme si la musique était dans l’air et qu’il suffisait de la capter, dit-il.

Sortie d’un album sur les plateformes numériques

Pablo Montanelli explique qu’un label italien – Raighes factory – s’intéressait à son travail depuis un moment. En attente de morceaux à éditer. L’occasion était toute trouvée, et l’album "Merveilles" sortira demain, samedi 2 octobre, sur les plateformes numériques. Date de l’anniversaire de la tempête. Date du concert que le pianiste proposera aux oreilles de la Roya demain soir, à 18h, en l’église Santa Maria in Albis. En hommage aux victimes, et à ceux qui œuvrent pour la renaissance des vallées sinistrées.

 

"J’avais demandé au maire de Breil de pouvoir jouer. Je me suis senti le bienvenu ici, alors c’est ma façon de dire merci aux habitants. Ma musique est pour eux, mais aussi pour la nature – en hommage aux paysages, à la montagne. Le message est très clair: ce que nous vivons est la conséquence du réchauffement climatique. Je voulais apporter ma graine à cette réflexion."

Les gens vont pouvoir imaginer ce qu’il s’est passé. Et c’est important qu’ils sachent ce que nous avons vécu.

Le confinement et la tempête ont poussé Pablo Montanelli à de nouveaux choix de vie. Aussi a-t-il arrêté de jouer en orchestre, comme il le faisait depuis dix ans, privilégiant une carrière solo. Aussi souhaite-t-il opter pour de plus courtes tournées. "Je pense jouer ces morceaux inspirés par la tempête lors de mes concerts de tango. Cette expérience n’était pas une parenthèse, mais un nouvel embranchement. Mon objectif, avec la musique, c’est de provoquer quelque chose de bien chez les gens qui l’écoutent", poursuit l’artiste.

Conscient que la reconstruction de la Roya nécessite des travaux, des bénévoles… mais aussi de la culture. Lui qui avait déjà joué en solitaire – pendant le confinement – sur le piano Pleyel qui sera quelques mois plus tard détruit par les eaux, puis interprété sa musique à Saorge lors du festival des Passeurs d’Humanité, se dit aujourd’hui "très reconnaissant " de pouvoir monter sur scène le jour de l’anniversaire. "J’espère qu’il y aura beaucoup de monde. Les gens vont pouvoir imaginer ce qu’il s’est passé. Et c’est important qu’ils sachent ce que nous avons vécu."

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