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On a rencontré le vainqueur du Rallye Monte-Carlo 2020

Mis à jour le 26/05/2020 à 10:35 Publié le 26/05/2020 à 10:35
Thierry Neuville: "Lors de la dernière étape (du Rallye Monte-Carlo 2020), j’ai parfaitement géré mon rythme. Tout était sous contrôle."

Thierry Neuville: "Lors de la dernière étape (du Rallye Monte-Carlo 2020), j’ai parfaitement géré mon rythme. Tout était sous contrôle." Photo Jo Lillini

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On a rencontré le vainqueur du Rallye Monte-Carlo 2020

Après avoir épinglé le Rallye Monte-Carlo à son tableau de chasse en début d’année, le ’’pilier’’ belge de Hyundai, vice-champion du monde puissance 5, le martèle: il veut rejoindre les Loeb, Ogier et Tänak sur les tablettes du WRC

On l’avait quitté le 26 janvier, ivre de bonheur, au crépuscule du 88e Rallye Monte-Carlo où il venait de détrôner Sébastien Ogier avec brio. On l’a retrouvé la semaine dernière, loin du champ d’action d’un WRC mis entre parenthèses par la déferlante du coronavirus.

Rendez-vous en terre varoise, au circuit de karting du Luc, cour de récréation choisie pour remettre les gaz en bonne compagnie après un mois et demi de confinement dans son appartement monégasque.

"Rien n’est encore planifié mais j’espère bien que l’on fera une séance d’essais au mois de juin, peut-être en Allemagne à côté de l’usine de Hyundai Motorsport", répond Thierry Neuville quand nous le sondons sur les perspectives de reprise.

"Côté course, l’hypothèse la plus optimiste prévoit un nouveau départ en fin d’été. On croise les doigts..." Actuellement 3e du classement pilotes, le porte-drapeau belge ne rumine pas la panne électrique l’ayant privé de gros points au Mexique, juste avant le break longue durée. Seul l’avenir l’intéresse.

Pour lui, à bientôt 32 ans, horizon rime plus que jamais avec ambition. En pole position, évidemment, figure celle de gommer l’étiquette d’éternel dauphin collée sur sa combinaison de quintuple vice-champion du monde...

Thierry, avant de reprendre le volant ici, quelle fut votre première action de "déconfiné"?
Avec Deborah et Camille (sa compagne et sa fille âgée de 10 mois, ndlr), nous sommes allés prendre l’air à la campagne. Je possède depuis peu une maison de vacances à Callas, dans le Haut-Var. Après sept semaines de surplace entre quatre murs, une mise au vert s’imposait.

On dit souvent que la paternité change un homme. Quid du pilote?
(L’air surpris) Je n’ai pas l’impression d’être un autre pilote depuis l’arrivée de Camille. Ott Tänak a deux enfants, Sébastien Ogier un fils, Elfyn Evans des jumeaux. Ils sont plus rapides maintenant, non? (Rires)

Vous êtes résident monégasque depuis 2013. Vous avez signé un bail longue durée?
Ma compagne visite aujourd’hui une crèche pour la petite. Donc aucun départ planifié à court ou moyen terme. Avant d’agrandir la famille, on a changé d’appartement. La mer est en face, la salle de sport en bas de l’immeuble. Je me sens bien à Monaco. J’ai pas mal d’amis. Des pilotes originaires du coin ou d’ailleurs, ainsi que d’autres sportifs dont quelques compatriotes, cyclistes et tennismen belges.

Cette victoire au Rallye Monte-Carlo 2020, où figure-t-elle sur votre échelle de valeurs?
A vrai dire, je pense qu’elle restera la plus prestigieuse, la plus importante, quand sonnera l’heure du bilan. Gagner le Monte-Carlo, ça marque les esprits. Donc les gens s’en souviendront. Personnellement, sans hésitation, je place en tête le Rallye de Sardaigne 2018, ce duel assez tendu contre Ogier remporté dans la dernière spéciale. Vu le contexte du moment, il y avait une tension énorme au départ de la "power stage". Tempête sous le casque! Vous savez, en général je ne me laisse pas submerger par les émotions. Là, ce fut une exception. Jamais je n’ai ressenti une telle joie, autant de fierté. Ni avant, ni après. C’était "waouh!" (Il réfléchit un instant) Mais, bon, dans trente ans, OK, sûr que je parlerai d’abord du Monte-Carlo 2020 à mes petits-enfants...

La clé de la réussite, ce fut votre prise de risques le dimanche matin sur les pentes du Turiniet du Braus?
(Du tac au tac) Non. Lors de la dernière étape, j’ai parfaitement géré mon rythme, ma progression. Aucune folie. Tout était sous contrôle. La preuve: on prend les 5 points dans la "power stage" sans être à la limite, en lâchant une seconde et des poussières, ici et là, en fin de parcours. Je me sentais plus à l’aise, plus constant, que les jours précédents alors que les autres (Ogier et Evans) étaient apparemment un cran en dessous. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en ai aucune idée. (Large sourire)

Illustration
Illustration Photo Jo Lillini

Ogier pointe aujourd’hui en tête du classement pilotes. Craignez-vous le sursaut d’orgueil du champion détrôné?
Même s’il ne s’exprime pas encore pleinement avec la Toyota, son adaptation à la voiture et à l’équipe saute aux yeux. Nul doute qu’il sera meilleur cette saison qu’en 2019 chez Citroën.

Contrairement aux autres ténors du WRC, qui ont la bougeotte, vous êtes un pilier stable, chez Hyundai depuis 2014. Pourquoi cette fidélité?
Tout compte fait, il n’y a pas eu tellement d’opportunités d’aller ailleurs. Toyota m’a contacté au début de son aventure actuelle (courant 2016). Ils voulaient que je teste et que je développe la voiture en cachette. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, c’est juste impossible! Après, j’aurais pu retourner chez Citroën (en 2019). Ogier a tenté ce défi. Il l’a raté. Alors pour quelle raison quitter Hyundai? Ici, chaque pilote est traité de la même manière, dispose du même matériel. Entre eux et moi, la fidélité est réciproque. Notre bout de chemin ensemble se prolonge. Tant mieux.En cette période où les perspectives sont ô combien incertaines, je peux m’estimer très, très heureux de posséder un contrat pour la saison 2021.

Le premier titre constructeurs décroché l’an dernier peut-il constituer un déclic?
Ce déclic, comme vous dites, il s’est produit un an plus tôt. Le changement de patron, début 2019, a insufflé une nouvelle dynamique. Avec Michel Nandan, ça se passait bien. Mais en tant qu’ingénieur de formation, il privilégiait la technique. Andrea Adamo, lui, est un meneur d’hommes. Il sait mettre un tour de vis, motiver les gens. Coup de boost efficace puisque l’équipe a enfin atteint le sommet.

Sous sa direction, deux champions du monde, Sébastien Loeb et Ott Tänak, sont arrivés à vos côtés. Cette concurrence interne génère-t-elle un surcroît de motivation, justement?
A partir du moment où nous sommes eux et moi sur un pied d’égalité, tout va bien!  Ott veut garder le titre et je veux lui subtiliser. Pour l’instant, personne n’est avantagé. Des consignes tomberont peut-être en fin de saison, si l’un ou l’autre a pris le dessus. En attendant, je pointe devant lui après les trois premières échéances malgré le souci électrique qui m’empêche de marquer le moindre point au Mexique. L’équipe compte sur son expérience, ses connaissances acquises l’an passé dans la maison d’en face (Toyota), afin de faire progresser la i20. S’il possède la meilleure voiture cette saison, ça veut dire que moi aussi. Alors, je me sens capable de le battre.

Illustration
Illustration Photo Julien Perez

Si votre trajectoire en WRC était à refaire, depuis 2012...
Sans doute que je ne changerais rien, ou pas grand chose. (Il réfléchit, puis soupire) Impossible de dire si l’histoire aurait été meilleure ou pire avec d’autres choix, d’autres équipes. Jusqu’à maintenant, je n’ai pas à rougir de ma carrière. Il reste une cible et nous l’atteindrons. La stabilité, la fidélité, le travail finiront par payer.(D’un ton ferme) ça viendra!

Que vous manque-t-il pour coiffer la couronne suprême?
Il y a ce petit creux en milieu de saison qui nous coûte cher. En Finlande, on a toujours du mal à rivaliser (Aucune victoire Hyundai depuis les débuts de la marque sud coréenne en 2014). Une crevaison en Allemagne, une erreur en Turquie... Les points perdus chaque été nous ont coûté cher. Cette fois, l’été sera court puisqu’on espère une reprise en août ou en septembre.

Selon vous, combien de manches faudrait-il disputera minima pour décerner les titres WRC?
On compte déjà trois résultats (Monte-Carlo, Suède, Mexique). Aux dernières nouvelles, les promoteurs du championnat tablent sur quatre manches supplémentaires. Soit un total de sept au lieu des treize initialement prévues. Pour moi, c’est le minimum. Et ça veut dire que la course au titre ne concerne plus d’ores et déjà qu’une poignée de pilotes, quatre ou cinq. On devra donc marquer des gros points partout car il n’y aura aucun joker.

A Antibes, en 2009, cette Citroën C2 R2Max finira au pied du podium (4e). Une prouesse signée Neuville!
A Antibes, en 2009, cette Citroën C2 R2Max finira au pied du podium (4e). Une prouesse signée Neuville! Photo Frantz Bouton

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