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Il reste le boss de la pétanque: le Varois Dylan Rocher champion du monde en triplette et en tir de précision

Licencié au club de Fréjus international pétanque, Dylan Rocher a conservé ce week-end en Catalogne ses titres de champion du monde en triplette et en tir de précision acquis en 2018.

Olivier Bouisson Publié le 23/11/2021 à 18:27, mis à jour le 23/11/2021 à 18:26
Le boss, c’est toujours lui! (Photos Philippe Arnassan)

Reportés d’un an à cause de la pandémie de coronavirus, les championnats du monde de pétanque se sont déroulés du 11 au 21 novembre dans la commune catalane de Santa Susanna, en Espagne.

Et à l’instar des Bataves qui règnent sur le patinage de vitesse, la pétanque reste une affaire bien française. La preuve avec les deux titres majeurs remportés par les tricolores: en triplette et en tir de précision.

Dans l’épreuve reine, la France était représentée par deux joueurs licenciés à Fréjus: Dylan Rocher, 29 ans, installé à Valence et le Hyérois Henri Lacroix. Avec eux, deux autres légendes: Philippe Quintais (club de Langon-sur-Cher, Loir-et-Cher) et Philippe Suchaud (club d’Arlanc, Puy-de-Dôme).

Le quatuor a réussi à conserver son titre acquis en 2018 au Canada mais cela n’a pas été un long fleuve tranquille. Après un premier tour à cinq victoires, ils ont ensuite chuté face à la Suède, les obligeant à passer par un barrage contre les États-Unis. Une formalité leur ouvrant les portes des huitièmes face à la Belgique.

 

Frayeur en huitième

Un match serré, remporté 13-9 aux forceps. " ça a été une partie moyenne des deux côtés. On s’est fait des frayeurs mais c’est plus joli de gagner dans la souffrance que de dominer de bout en bout", témoigne Henri Lacroix. Du coup, en quarts, les Français sont intraitables. 13-0 face au Maroc. "Dylan a tapé très fort!". Pluie de carreaux pour plier le match en trois mènes sèches (6-6-3). Sur leur lancée, ils n’ont laissé aucune chance à l’Italie de Diego Rizzi en demie (13-5) pour s’offrir une finale face à l’Espagne.

Dominateurs mais maladroits, les Français balbutient leur pétanque avec un Rocher malade et peu adroit et un Lacroix qui ne place qu’une boule sur deux. Les Bleus se font remonter de 7-1 à 8-7 et décident de faire entrer Quintais à la place de Lacroix, de laisser le tir à Suchaud en replaçant Rocher milieu. Les trois points suivants sont perdus mais les Bleus finissent fort pour l’emporter 13-10. Et conserveur leur titre!

Les Français ont conservé leur titre acquis en 2018 avec de gauche à droite Philippe Suchaud, Dylan Rocher, Henri Lacroix et Philippe Quintais. (Photo DR).

Dylan Rocher: "On était encore plus soudés que d’habitude"

Vous avez conservé vos deux titres mondiaux. Avec quelle émotion?
Ça fait plaisir de gagner deux beaux titres et de remettre les pendules à l’heure! On a vécu une année compliquée en raison de la Covid. On était en manque de compétition et on n’était pas en pleine confiance. En plus, la sélection a été critiquée. Défendre un titre n’est jamais facile et, là, on a montré à tout le monde qu’il n’y avait pas besoin de polémiquer.

Racontez-nous comment vous avez remporté le tir de précision...
En 2018, ça ne s’était pas très bien passé en finale puisque le Malgache avait pris deux cartons rouges et je n’avais pas pu vraiment apprécier le titre. Là, oui! En tirs de qualifications, je passe de justesse en étant 7e sur huit. En quart, je bats le Thaïlandais en faisant quatre tirs au bouchon à la suite. En demie, je prends l’Espagnol chez lui, ça a été très chaud et ça se joue sur les deux dernières boules. En finale, face à l’Italien Diego Rizzi, un spécialiste, je suis en retard quasiment toute la partie. Je réussis à renverser la vapeur et je gagne sur les deux derniers tirs au bouchon.

En triplette, vous avez également tremblé...
C’est vrai que l’on a été accroché en huitième par la Belgique. Moi, je venais de finir le tournoi de tir et à 21h30 je basculais sur ce match sans avoir eu le temps de dîner. Ce n’est pas une excuse mais on n’a pas fait une belle partie. Le lendemain, on a déroulé jusqu’à la finale.

L’entente du quatuor français a-t-elle fait la différence?
On était encore plus soudés que d’habitude car entre la Covid, les critiques et la der de Quintais, on avait vraiment envie de gagner, mais surtout pour Philippe.

Une légende s’en va...
Je suis fier d’avoir pu jouer avec lui. On ne l’appelait par le Roi Quintais pour rien.

Visez-vous son record de 14 titres mondiaux?
Oui, c’est un objectif. Je suis encore jeune alors je vais essayer de rester régulier, de gagner un maximum de titres et on verra d’ici 15 à 20 ans où j’en serai!

Henri Lacroix, le plus Varois des grands joueurs de pétanque

" On n’a rien lâché ", se réjouit le Varois.

Il est né à La Seyne-sur-Mer, réside à Hyères, est employé par la Ville de La Crau et joue pour le club de Fréjus. Henri Lacroix, 46 ans, est définitivement le plus Varois des grands joueurs de pétanque français.

Ce week-end en Catalogne, il a décroché son treizième sacre mondial. " C’est toujours un grand moment. Ce titre est quand même particulier car c’était la dernière compétition internationale de Philippe Quintais et il a été énorme tout au long du championnat", souffle-t-il depuis son canapé, heureux mais fatigué par plusieurs jours de lutte.

Il faut dire que les Bleus n’ont pas toujours été à la fête, en huitième et en finale notamment. "On n’était pas super en forme avant d’y aller, mais on a su gérer d’autant que les autres équipes n’étaient pas mieux. Ce titre, on est allé se le chercher! Il y avait la possibilité de se rendre la finale plus facile. On a connu un peu de maladresse et de la méforme mais on n’a rien lâché!", se réjouit Henri Lacroix qui, au moment de lever les bras, a pensé très fort à son papa décédé trop tôt en janvier 2000.

À une marche des deux Philippe

"On est champion du monde le 21 novembre, le jour de sa date d’anniversaire. Il est mort l’année ou ça a décollé pour moi et je pense à lui à chaque fois que je remporte un titre." Il aurait été fier de voir son fils décrocher son treizième titre mondial, ce qui le place toujours à une marche des deux Philippe (Quintais et Suchaud), sacrés à quatorze reprises.

 

"Je ne cherche pas à les battre car ce sont deux légendes", tempère-t-il. Cette énième breloque ira toutefois garnir sa salle des trophées déjà bien pleine. "Je ne garde que les principaux car j’en ai gagné plus de 2000. Les autres, je les donne à des écoles de pétanque et des clubs."

Ce mercredi matin, à partir de 10h, Henri Lacroix sera justement auprès des enfants de l’école de boules de La Crau, sur le boulodrome de la commune qui l’emploie. Il n’oublie pas de les remercier, tout comme son club de Fréjus. La reconnaissance du champion.

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