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Elle ne veut pas être mère et témoigne du non-désir d'enfant, un sujet presque tabou

Mis à jour le 11/04/2021 à 10:06 Publié le 11/04/2021 à 11:30
(Photo DR/Unsplash)
Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Elle ne veut pas être mère et témoigne du non-désir d'enfant, un sujet presque tabou

Chloé Chaudet raconte dans un essai à paraître le 15 avril aux éditions Iconoclaste à quel point son choix de ne pas avoir d’enfant suscite des réactions. J’ai décidé de ne pas être mère, parution le 15 avril. 222 p. 19 euros.

Lors du mouvement de libération de la femme, un slogan était repris en boucle pour justifier notamment l’importance de permettre à toutes d’accéder à la contraception: "Un enfant, quand je veux, si je veux". Si la première partie de la phrase est aujourd’hui une évidence, la seconde a étrangement été un peu mise de côté. Car celles qui ne souhaitent pas engendrer de descendance sont souvent regardées avec, au choix, de l’inquiétude, de l’incompréhension ou de la réprobation. Chloé Chaudet, chargée d’enseignement à l’Université de Clermont-Ferrand et résidant en région parisienne, le sait bien. Elle a 36 ans, mène une brillante carrière et file le parfait amour avec son compagnon. Elle ne désire pas enfanter. Et a écrit un essai sur ce thème.

A priori l’on pourrait se demander pourquoi: elle n’a pas envie d’avoir un bébé, elle fait ce qu’elle veut, est-ce une raison pour en faire un bouquin? Et bien oui justement. Car les choses ne sont pas aussi simples. Au fil des pages, elle raconte les incessants questionnements émanant de proches mais aussi de parfaits inconnus. Le scepticisme de certaines de ses amies qui ne comprennent vraiment pas sa décision.

"La question pour une femme de choisir de ne pas avoir d’enfant dépasse la sphère intime... comme si cela revenait à remettre en cause une logique bien établie, raconte l’autrice. Comme le dit le slogan "le personnel est politique". Pourtant je me suis rendu compte que cette thématique était relativement peu abordée. Des travaux sont régulièrement publiés – depuis l’époque de Simone de Beauvoir, mais ils restent dans la sphère littéraire et scientifique. Je souhaitais au contraire écrire un ouvrage accessible au grand public. Mais attention, je ne voulais pas non plus donner l’impression de parler au nom d’autres femmes. Je livre mon histoire et mon analyse qui peuvent servir de point de départ à la discussion. Et aider chacun à mieux saisir ma démarche."

4,5% des femmes

Chloé Chaudet signe un ouvrage
passionnant sur un sujet presque tabou.
(Photo Céline Nieszawer)

Pourtant lorsque Chloé Chaudet a commencé à contacter des éditeurs, certains lui ont opposé un refus, estimant qu’un tel livre ne susciterait que peu l’intérêt des lecteurs. "Peut-être s’appuyaient-ils sur un chiffre: on estime à 4,5% le nombre de femmes de 18 à 79 ans qui ne veulent pas être mères. Mais mon essai ne s’adresse pas qu’à elles; il s’adresse aussi aux hommes, à celles qui ont des enfants ou qui l’envisagent. Il a vocation à ouvrir le dialogue. D’ailleurs, les éditions Iconoclastes l’ont compris immédiatement et m’ont donné carte blanche."

L’autrice dévoile un peu plus ce qui l’a poussé à s’atteler à la rédaction. Tout est parti d’une rencontre fortuite. "J’assistais à un stage de tennis et une femme de mon âge, que je ne connaissais pas deux heures avant, m’a demandé pourquoi je n’avais pas d’enfant. Et finalement, je n’ai pas su que répondre. Car finalement, les gens ne s’accommodent pas d’un simple “je n’en ai pas envie", d’autant que cette réponse peut leur sembler agressive; ce qui est contre-productif.".

Chloé Chaudet a repéré certains mécanismes; des questions qui reviennent régulièrement, souvent très personnelles, même lorsqu’elles émanent d’inconnus comme cette personne au tennis. Elle entrevoit souvent des peurs que projettent sur elle ses interlocuteurs: "La peur de finir toute seule, la peur de regretter un jour... Finalement, cela peut semble assez intrusif mais ce n’est pas ainsi que je l’envisage. Je pense qu’il y a une part d’empathie, surtout lorsque cela vient de mes proches. C’est un peu comme s’ils s’inquiétaient pour moi".

Engager la discussion

L’autrice prend les choses avec beaucoup de recul. L’exercice ne semble pourtant pas évident car lorsqu’on se met à sa place, on imagine comment ces "interrogatoires" peuvent être déstabilisants ou agaçants.

En tant que lecteur, on se retrouve dans une position paradoxale: on a envie de comprendre son point de vue (c’est assez facile car il très bien expliqué, avec force exemples et références y compris tirés de la littérature et de l’histoire récente); pour autant on a presque envie de lui dire "vous ne voulez pas d’enfants, ok, ça ne regarde que vous".

"Certes, c’est le cas dans l’absolu, ça ne regarde que moi, mais toutes ces conversations que j’ai eues montrent que ce n’est pas le cas. Le regard de la société est encore pesant sur les femmes qui ne souhaitent pas devenir mère. Nous sommes presque dans une forme d’“anormalité". En rédigeant cet essai, j’ai l’impression d’aider les jeunes femmes que je côtoie en tant qu’universitaire à expliquer leur choix. J’ai eu beaucoup de retours positifs. Ce qui me réjouit, c’est que cet ouvrage permet d’engager la discussion. Certaines de mes amies qui apparaissent dans ces pages ont elles aussi apprécié, elles m’ont dit que cela leur avait permis aussi de prendre conscience des tenants et aboutissants de cette thématique, et de ce que je vis. 

Offre numérique MM+

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