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Perry de la Rosa réécrit les codes de la joaillerie en lettres rocks et baroques

Depuis 1991, le bijoutier niçois Pierre Salou réécrit les codes de la joaillerie en lettres rocks et baroques. Il revisite désormais ceux des douceurs, au sein du Delarosa café.

Aurore Harrouis Publié le 08/02/2022 à 13:00, mis à jour le 08/02/2022 à 13:44
(Photos Franz Chavaroche)

Des pâtisseries comme des bijoux. C’est sa nouvelle lubie. D’un tiroir, Pierre Salou, alias Perry de la Rosa, extrait un moule qu’il vient d’imaginer. Trois têtes de mort trônent en reines dessus. Douceurs rock. Après avoir révolutionné les codes de la joaillerie, fait flirter des diamants avec des scoubidous plastiques fluo, Perry veut chambouler l’univers du dessert. Vitesse éclair. Trop chou.

"En fait, l’idée est ici d’avoir un café avec une thématique bijoux. De traiter la pâtisserie avec la même esthétique que mes bijoux", explique-t-il en montrant encore des palets issus de son imagination, imprimés diablesses pour venir s’acoquiner avec les religieuses. Et accompagner les laits frappés qui lui rappellent ceux de sa jeunesse, qu’il sirotait au kiosque Chez Charlie, à Gambetta. Tant d’idées à dérouler dans la vitrine de son écrin rose et noir, rue Gubernatis, qui a ouvert ses portes il y a quelques semaines.

Autre bonbonnière

Cette bonbonnière, le Delarosa café, tenu par Alexandra, l’épouse de Perry, vient compléter celle de la rue Alphonse-Karr à Nice, uniquement dédiée aux bijoux. Deux salles, deux ambiances. La nouvelle a été créée dans l’avant-boutique de l’atelier, où sont fabriquées depuis 2005 les créations Perry de la Rosa, marque qui emploie désormais sept personnes. Mais il faut remonter plus tôt pour comprendre... Comme souvent, ça débute par un coup de foudre. Enfant, Pierre visite le musée Léonard de Vinci, en Touraine.

"Immédiatement, la machinerie et le dessin m’ont passionné. Mais avec un grand-père architecte naval et un père pilote de course, aventurier, journaliste et aimant dessiner, je n’étais jamais assez bon pour eux dans cette discipline", glisse sans amertume Perry, ainsi surnommé depuis sa plus tendre enfance, sur les rives de Tanger, qui était alors la base arrière d’Hollywood et où il faisait bon avoir un prénom à consonance américaine...

 

La matière pour s’exprimer

Puis, il a fallu creuser, littéralement. "Un jour de vacances à Belle Île, dans les dunes de sable, j’ai trouvé une pierre fossilisée. Dedans, j’ai taillé un bélier. C’était avec la matière que j’allais m’exprimer."

Mais quelle matière? "Jeune, j’avais un ami bijoutier à Nice. Quand j’allais dans son atelier, j’étais obnubilé par la flamme du bijoutier..."

Au commencement, Perry se lance dans la vente de joaillerie. Puis, ses contacts lui donnent accès aux usines. Le mi-Breton, mi-Marocain commence à créer, à produire. Immédiatement, l’esthétique baroque émerge. Inspiration Renaissance et Moyen Âge. Camées revisités, têtes de mort, madones – "une figure harmonieuse et gracieuse" –, croix – il visite les cimetières pour trouver l’inspiration – intègrent son vocabulaire usuel. "Mes parents étaient de cultures différentes. Alors à la maison, il n’y avait pas d’esprit de chapelle!" Il apprend par lui-même. Nuits blanches. Cendriers noirs.

"Blasphématoire"

"J’aime le côté très manuel de la joaillerie. Mais j’aime aussi aujourd’hui utiliser la technologie, les imprimantes 3D. Je n’ai aucun complexe avec ça. Pour faire des inclusions de matière, des poches dans des pierres, insérer du métal... C’est d’une précision redoutable et ça permet des choses qu’on ne peut pas faire avec des outils classiques."

"Blasphématoire", toujours, comme il s’autodéfinit. "J’ai des méthodes de travail bien à moi. Ce qui peut surprendre d’autres joailliers!"

 

Pour le travail de l’ivoire, du bois, Perry emprunte les codes de la coutellerie. L’acétate, le plastique sont, eux, traités comme en lunetterie.

Le joaillier ne recherche jamais le parfait, mais plutôt le "roots". Il aime l’accumulation de choses fines, mêlées à des pièces plus volumineuses. Et les pierres rares, qui dictent le travail, le façonnage autour. "Je voyage dans le monde entier pour en trouver et je vais au salon de Tucson, en Arizona, une Mecque de la pierre."

Porte-bonheur

Voilà pour le gros du boulot. Mais Perry s’attelle encore, avec Anthony, son chef d’atelier, à bousculer les codes de la bijouterie. Au Delarosa café, on peut ainsi faire personnaliser des bijoux sur mesure en 15, 30 ou 60 minutes. Le temps d’une pause café-chou aux fruits rouges, à la crème de marrons, ou salés, si le cœur vous dit. On repart avec un jonc martelé ou lisse, gravé d’initiales, ou d’un mot qui nous parle. Un collier à son prénom. Un "My first diamond" (lire ci-contre). Ou un bracelet sans fermoir, qu’on porte comme un tatouage, un talisman à son poignet. "Car c’est là toute la force du bijou, c’est souvent un porte-bonheur...On nous sollicite souvent pour des créations avec de l’or de famille que nous fondons et ne mélangeons pas...", analyse Perry. Il marque une pause. Songe à l’avenir. Rêve d’une collection pour les mariés. Rock’n’roses, évidemment. Pour la vie, aussi.


Delarosa café. 25, rue Gubernatis. Ouvert du mardi au vendredi de 8h30à 17h30 et le samedi de 10h à 18 heures. éclairs ou choux: 5 e. Boutique au 1 rue Alphonse-Karr.

Bijoux My first diamond dès 79 e. Bijoux à personnaliser dès 60 e. Pour une pièce de joaillerie, dès 400 e.

Rens. www.perrydelarosa.com

Diamant sur fil électrique

C’était en 2011. Il entortille un diamant sur un fil électrique. Ça matche. Il conçoit alors des modèles de bracelets en cuir, coton ou polyvinyle, surmontés d’un ou plusieurs diamants. Rihanna, alors à Monaco, pose avec. My First Diamond est lancé. Et l’idée convainc petits et grands, se vend un peu partout dans le monde, dans les bijouteries traditionnelles, chez les revendeurs Rolex et dans les petits concepts stores branchés. admet Perry.

Offre numérique MM+

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