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Découvrez l'atelier de la céramiste Dobromila, tendre terrienne installée à Nice

Dobromila Golowacz a installé en 2018 son atelier de céramique en centre-ville de Nice. Un univers autour de la terre à la fois doux et pimpant.

Aurore Harrouis Publié le 28/12/2021 à 17:00, mis à jour le 28/12/2021 à 16:25

Sur les étagères de l’atelier Dobrunia, en centre-ville de Nice, les couleurs défilent. En mode pastel. Du parme – "teinte glace à la myrtille", précise la céramiste – moucheté de micro-pois noirs et blancs sur des petits godets à thé, à café, qu’on peut à l’envi transformer en pots à crayons. Des tasses aux anses courbées, bleu ciel. Des assiettes avec des carottes peintes dessus. Des vases blanc et noir, touches de rose, au graphisme chaleureux et soigné. Au centre, la grande table de travail, voit, elle, s’ériger de larges bols. Autour d’eux, les mains de Dobromila Golowacz s’activent. Avec délicatesse.

"En réalité, je suis hyper maladroite", glisse dans un français parfait celle qui est née à Gdansk, la perle médiévale de la Baltique, en Pologne, il y a 46 ans, et que l’on surnommait gamine Dobrunia.

Elle sourit. Propose un thé. Met l’eau à chauffer puis oublie. Un peu tête en l’air, la jolie blonde aux yeux clairs. On se laisse emporter par son histoire. Faite de hasards. De petits malentendus. Et finalement, d’une passion sortie de terre, grâce à des coups de pouce du destin.

"Tout a commencé à Paris, dans une galerie d’art qui proposait une exposition de céramique, entame-t-elle. Non, en fait, c’était avant..."

 

Tombée en amour

Elle reprend, défait le fil. Ça part des bancs des Beaux-Arts, en Pologne. Dobromila rêve d’art et de la France, qu’elle connaît pour l’avoir visitée et aimée en vacances, enfant. Après un an passé comme jeune fille au pair à Paris, elle intègre une école d’art à Marseille, spécialité sculpture/ design métal. "En fait, je voulais toucher la matière et je me suis retrouvée à faire des projections 3D sur ordinateur!"

Pas tout à fait ça... Mais dans le Sud, l’artiste s’émerveille de la lumière des impressionnistes, de Cézanne, avant de remonter à Paris où elle travaille comme vidéaste dans une boîte de production. Tout en courant les expositions. "C’est comme ça que j’ai découvert la céramique, lors d’un vernissage d’une artiste turque de 80 ans, qui travaillait sur l’équilibre. Je suis tombée en amour devant la technique."

Elle s’installe finalement à Nice où elle apprend à dompter la terre, cette matière "vivante, qui ne se comporte pas toujours comme on l’avait prévu. Qui se rebelle parfois."

Émaillée ou brute

Les cours de poterie ont lieu dans l’atelier de Ceramic tatoo, rue Miron, antre qui est devenu sien depuis 2018. "Au début, on partageait le lieu puis je l’ai repris, quand Sophie de Ceramic tatoo a finalement décidé de retrouver son activité de notaire." Depuis, elle y cultive ici son goût pluriel pour la faïence, la vaisselle à vivre. Qu’elle émaille, ou qu’elle laisse brute par petites touches. Au-delà des collections que Dobromila élabore au fil des saisons, elle crée aussi la vaisselle de restaurants azuréens. Eola, place d’Armes, à Monaco, le Café Clay, le Café des amis, le Ruhl plage à Nice. Des longs plats à tapas, des assiettes larges, des pots à sel et poivre.

 

Elle laisse son imagination parler. Ou s’empare de l’aspect utilitaire. "Regardez ce porte-brosse à dents, je l’ai fait car ceux que je trouvais n’étaient pas adaptés à ma manie de collectionner les tubes de dentifrice à moitié entamés!", rit-elle. Il y a aussi le porte-savon, qui accueille largement les gros cubes de savon de Marseille. Les plaques à œufs pour les exposer chez soi. Toutes fines, raffinées. Son art délicat, Dobromila l’enseigne aux curieux, les mardis et jeudis soirs, lors d’ateliers. "Le plus difficile, c’est d’apprendre la patience devant les pièces, le séchage, les lois de la chaleur, de l’humidité, l’indiscipline de la matière qui en découle."

Plus tard, la potière aimerait s’atteler à la porcelaine, au raku et au grès. Signe qu’elle n’a pas fini de faire le tour de la terre...


Atelier Dobrunia, 9 rue Miron à Nice. Avant de s’y rendre, il est conseillé de contacter Dobromila par Instagram (@dobruniadesignatelier) pour s’assurer qu’elle est présente.

Rens. www.dobruniadesign.com

Tarifs: entre 14 et 25 euros la tasse. Entre 70 et 150 euros le vase.

Offre numérique MM+

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