Elle a contribué à la création et au prestige de la Société des Bains de Mer et de Monte-Carlo, qui était Marie Blanc?

Ce mardi, dans le patio de l’Hôtel de Paris, la journée des droits de la femme a permis de mettre en lumière Marie Blanc qui a contribué à la création et au prestige de la Société des Bains de Mer et de Monte-Carlo.

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julie baudin Publié le 09/03/2022 à 15:30, mis à jour le 09/03/2022 à 16:03
Une des seules représentation de Marie Blanc. Photo DR

Elle était brillante. Talentueuse en affaires comme en relations publiques. En avance sur son temps aussi. Et dans une société dominée par les hommes, Marie Blanc osait.

Ce mardi, la SBM a tenu à mettre en lumière cette femme exceptionnelle. Car Marie Blanc, l’épouse du fondateur de Monte-Carlo Société des Bains de Mer, a marqué Monaco d’une empreinte indélébile.

Pourtant, rien ne l’y prédestinait: née en 1833 dans une famille modeste de la région de Francfort, elle ne connaît des affaires que la cordonnerie de son père. Tout bascule en 1847, lorsqu’elle entre au service de François Blanc, un entrepreneur français qui gère le casino dans la ville balnéaire de Homburg.

"Il admirait la vivacité d’esprit et d’intelligence de cette femme, explique Charlotte Lubert, responsable du service Patrimoine à la SBM. Il lui a offert alors une éducation puis l’a épousée à sa majorité."

En 1863 le couple est invité par le prince Charles III de Monaco pour développer le potentiel touristique de la Principauté. "Mais lui hésite à se lancer dans cette aventure. Marie Blanc, elle, est persuadée que tout est possible ici à Monaco où, à cette époque, il y a tout à faire."

 

Elle saura convaincre son époux. En avril 1863, le prince Charles III signe l’Ordonnance souveraine accordant la concession des jeux pour 50 ans à François Blanc: c’est alors la création de Monte-Carlo Société des Bains de Mer et le lancement du Casino de Monte-Carlo.

La décoration de l’Hôtel de Paris et la création des caves

Marie Blanc va alors seconder son mari et participer à l’animation et à l’embellissement de la nouvelle station de Monte-Carlo. "Le couple dépense sans compter: il faut que tout soit beau pour attirer le plus de clients possible. Ils vont relancer les travaux de l’Hôtel de Paris. Et c’est Marie Blanc qui va gérer la décoration. Elle va commander les plus beaux meubles et de l’argenterie: 200.000 francs Or de l’époque seront alors dépensés. À l’époque à Monaco, on s’étonne même de dépenser autant pour un hôtel avec des voyageurs de passage!"

Mais Marie Blanc dépassera vite ce rôle de décoratrice pour s’intéresser à un domaine, pourtant réservé aux hommes à l’époque. "En 1874, elle se rend compte que les caves de l’Hôtel de Paris, construites dans l'urgence, s’avèrent exiguës et mal conçues. Et que les vins y vieillissent mal. Sur ses fonds personnels, elle va alors financer les fameuses caves qui sont encore de nos jours les plus somptueuses du monde. Elle fait appel à l’architecte Dutrou qui les construit sur le modèle des chais de Bordeaux."

Le Café de Paris et l’Opéra Garnier

Des bouteilles à la dégustation, il n’y a qu’un pas. Et Marie Blanc va alors créer le premier Café de Paris. "En face de l’hôtel, il y avait les remises et les écuries. Elle va y aménager le Café divan qui va alors avoir l’aspect d’un chalet de montagne. Elle veut en faire un lieu à la mode où les clients puissent trouver ce qu’ils ne trouvent pas ailleurs: une parfumerie, un tabac, une salle de billard, une salle de restaurant et une partie bar."

 

La mort de François Blanc en 1877 ne va pas éteindre l’ambition de cette femme de caractère. Charles Garnier vient de terminer en 1974 l’Opéra de Paris. Marie Blanc veut pour Monaco la même chose.

Charles Garnier devra s’acquitter de sa tâche en six mois et n’aura d’autre choix pour tenir les délais que de recourir au travail de nuit. Le 25 janvier 1879, le nouvel établissement de la SBM est inauguré en présence de la princesse Florestine et, sur scène, de Sarah Bernhardt, que Marie Blanc a fait venir pour l’occasion.

Au-delà de tout ce parcours, que reste-t-il aujourd’hui comme souvenirs de Marie Blanc dans la Principauté? "Elle était une femme généreuse. Malheureusement, Monaco ne lui a pas forcément rendu hommage, regrette Charlotte Lubert, du service Patrimoine de la SBM. Il y a bien une allée François-Blanc. Mais son épouse, elle, semble être tombée dans l’oubli, malgré l’empreinte qu’elle a laissée ici."

Le coup de bluff de Marie Blanc

La grande aventure de la céramique de Monaco, un des trésors de la Principauté, va commencer par un formidable coup de bluff de Marie Blanc.

"Un bluff calculé, qui révèle le génie philanthrope incroyable de Marie Blanc", précise Agnès Roux, la présidente du Logoscope.

En 1873, Monaco est invité à l’Exposition universelle de Vienne et confie le projet à Marie Blanc. Dans le pavillon seront présentés des produits issus du terroir monégasque et de l'artisanat local fabriqués par la Société industrielle et artistique de Monaco, créée en 1871 par Marie Blanc.

Mais elle est peu satisfaite de production et décide alors d’acheter et de faire expédier à Vienne un lot de céramiques réalisé par Charles Fischer, un céramiste qui dirige un atelier de poterie dans les Pyrénées.

Elle s’assure l’exclusivité de cette production qu’elle baptisera "Poteries de Monaco".

Suite au vif succès remporté par ces poteries, elle réussit à convaincre les époux Fischer de venir s'installer à Monaco. Et c'est ainsi qu'au début de 1874, la poterie artistique de Monaco voit le jour et allume son premier four.

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