"Qatar m’a tuer", le nouveau graffiti engagé d’un artiste niçois

Rue Louis de Coppet sous le tunnel piéton à Nice, le nouvel happening de TOOLATE dénonce les conditions des travailleurs pendant la Coupe du monde organisée au Qatar.

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Alexandre ORI Publié le 23/11/2022 à 20:45, mis à jour le 23/11/2022 à 17:47
Le graffeur niçois TOOLATE a encore frappé: une mise en scène sinistre pour dénoncer la coupe du monde au Qatar. Photo A. O

En lettre de sang: "Qatar m’a tuer". Référence évidente à l’affaire Omar Raddad, le graffiti entend bien choquer les passants avec sa mise en scène sinistre.

Au sol, le mannequin d’un ouvrier, son gilet jaune, son casque, sa main inerte sur le mur tagué. Comme un dernier cri, un dernier message avant de mourir. La scène de crime factice se trouve rue Louis Coppet sous le tunnel piéton à Nice.

Mais, le crime dénoncé a été commis à 4.488km de là. Doha, capitale du Qatar, organisateur du mondial le plus décrié de tous les temps, notamment au sujet du respect des droits de l’Homme.

À l’origine de l’happening: le graffeur niçois TOOLATE (trop tard en anglais). L’artiste espère "qu’en mettant ceci sous leurs yeux, les gens pourront les ouvrir".

 

Ouvrir les yeux face aux 6.500 ouvriers morts – selon les dernières estimations – sur les différents chantiers de préparation de la coupe du monde 2022.

Le graffeur qui signe par Homo Homini Lupus (l’Homme est un loup pour l’Homme), n’a pas choisi Nice par hasard: "Le maire compte diffuser les matchs en fan zone, alors que beaucoup de villes françaises ont décidé de boycotter l’événement".

Nuance de taille... La ville de Nice n’a pour l’heure rien acté de définitif. Se réservant le droit d’organiser ou non une fan zone si la France atteint la demi-finale.

En attendant une décision, le graffeur questionne les Niçois: comment est-ce possible de "regarder les matchs comme si tout était normal"?

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