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Réforme des retraites, urgence climatique, sécurité, impôts, EDF... Ce qu'il faut retenir du discours de politique générale d'Elisabeth Borne

Elisabeth Borne s'est présentée, ce mercredi, devant les députés pour son discours de politique générale. Au menu, "pas de hausse d'impôts" mais des "réformes".

Amandine Rebourg Publié le 06/07/2022 à 17:58, mis à jour le 06/07/2022 à 18:05
Elisabeth Borne a promis de bâtir le projet du gouvernement avec des concertations et des compromis. Bertrand Guay/AFP

"Voici ce que nous allons faire et comment nous allons le faire". C'était le sujet du discours de politique générale prononcé par la Première ministre Elisabeth Borne, ce mercredi 5 juillet devant les députés. 

Un discours qui dévoile un peu la politique gouvernementale version 2022, à savoir celle de la "main tendue", et d'appels aux compromis, la faute à la majorité relative. Mais aussi un discours sans vraiment de grandes annonces ni de grandes surprises. 

Compromis, principes et ouverture 

"En m'adressant à vous, c'est à la France que je parle". C'est par cette phrase qu'Elisabeth Borne a entamé ce discours de politique générale. Une France qu'elle souhaite embarquer dans son projet en assurant avoir analysé les "résultats des urnes" et souhaiter "agir collectivement", avec "des pratiques nouvelles" et "la nécessité d'agir". Un mot est d'ailleurs revenu régulièrement: "ensemble". Autre mot fréquemment prononcé, "les compromis", engageant ainsi les parlementaires à s'accorder pour les Français. 

"Nous aborderons chaque texte dans un esprit d'ouverture", a-t-elle promis assurant que le gouvernement était prêt à entendre les propositions de chacun des groupes parlementaires. Elle a aussi promis d'associer d'avantage les élus de terrain, locaux et les territoires mais aussi de consulter "plus encore" les Français et d'engager les réformes avec "les organisations syndicales et patronales"

 

Outre les compromis et le travailler ensemble, Elisabeth Borne a évoqué deux responsabilités et fait une promesse. "La responsabilité environnementale" sera au cœur du quinquennat.  "Nous devons prendre en compte l’impact environnemental de toutes nos mesures", a-t-elle dit. Est venu ensuite la "responsabilité budgétaire". "En 2026, nous devrons commencer à baisser la dette. En 2027, nous devrons ramener le déficit public sous les 3%". Une baisse de la dette qui ne se fera pas sans réforme et enfin, une promesse: des réformes oui, mais "pas de hausse d'impôts". 

Le pouvoir d'achat, première urgence 

Elisabeth Borne en a fait une priorité. Ainsi, des textes devraient être présentés dès ce jeudi, avec notamment, une "revalorisation des retraites et des prestations sociales", des bourses, une baisse des charges, mais aussi, une aide pour les travailleurs qui se déplacent en voiture. Autre mesure annoncée, le plafonnement de la hausse des loyers. 

L'urgence écologique et la renationalisation d'EDF

Ces réformes justement, se feront en prenant en compte leur "impact écologique", a promis Elisabeth Borne qui a évoqué des "réponses radicales" pour évoluer sur nos manières "de produire, de nous loger, de nous déplacer, de consommer". Le tout, sans "décroissance" mais qui comportera une renationalisation du paquebot EDF, à 100%. 

Ainsi, dès la rentrée, le gouvernement entend lancer une "vaste concertation en vue d’une loi d’orientation énergie-climat", a-t-elle annoncé. Elisabeth Borne a aussi promis de définir des "objectifs de réduction d'émissions, des étapes et des moyens appropriés". Le but? Faire de la France la "première première grande nation écologique à sortir des énergies fossiles" afin de garantir sa "souveraineté énergétique" face à des pays producteurs d'hydrocarbures comme la Russie, a-t-elle assuré. De fait, le gouvernement assure qu'il misera sur "des énergies renouvelables et du nucléaire". 

Le grand retour de la réforme (floue) des retraites 

"Elle ne sera pas à prendre ou à laisser", a prévenu Elisabeth Borne. Elle se fera car elle est "indispensable", selon elle. Estimant que le pays en a "besoin", cette réforme ne sera pas "uniforme""devra prendre en compte les carrières longues et la pénibilité" et "veiller au maintien dans l'emploi des seniors", a assuré la Première ministre. Elle sera également concertée, avec les partenaires sociaux et les parlementaires. Le "travailler ensemble", pour "la prospérité de notre pays et la pérennité de notre système par répartition". En revanche, aucune échéance n'a été donnée. 

 

Le plein emploi dans le viseur avec une transformation de pôle emploi

Il faudra s'attendre à entendre parler du "plein emploi", durant ce quinquennat. Ce dernier est d'ailleurs "à notre portée", estime Elisabeth Borne, qui s'est félicité qu'avec 7,3%, le taux de chômage est "le plus bas depuis 15 ans". "Nous ne pouvons plus continuer à avoir, d'un côté, l'Etat qui accompagne les demandeurs d'emploi, de l'autre, les régions qui s'occupent de leur formation et les départements en charge de l'insertion des bénéficiaires du RSA", a-t-elle jugé. 

"C'est pour ça que nous voulons transformer Pôle emploi en France Travail", a-t-elle affirmé, laissant entendre que l'opérateur public devrait chapeauter ces compétences actuellement dispersées. Sur le RSA, "verser une allocation ne suffit pas", a dit Mme Borne, sans mentionner explicitement les 15 à 20 heures d'activité ou d'accompagnement mentionnées par le président en échange de l'allocation.

Justice et sécurité du quotidien 

La cheffe du gouvernement n'y est pas allée par quatre chemins pour l'annoncer. Elle entend lutter "contre l’insécurité du quotidien, contre la cyberdélinquance, contre les trafics". Elle souhaite le "refus de l’impunité" et veut "doubler le temps de présence des forces de l’ordre sur le terrain d’ici 2030". Pour cela, elle annonce la création de 200 brigades de gendarmerie qui seront notamment, dans une loi d’orientation et de programmation du Ministère de l'Intérieur.

Côté justice, il est prévu le recrutement de "8.500 magistrats et personnels de justice supplémentaires". Et d'annoncer que "pour que chaque peine prononcée soit exécutée et pour lutter contre la surpopulation carcérale", "une quarantaine d’établissements pénitentiaires, 15.000 places, seront livrés dans les prochaines années". Elle a également précisé qu'une force aux frontières serait créée. 

Pour l'armée, une loi de programmation militaire pour renforcer l'armée et les équipements, devraient être présentée par Emmanuel Macron. 

Social, santé, éducation et enfance

Autre souhait du gouvernement, la création d'un "service public de la petite enfance" afin d'ouvrir 200.000 places d'accueil supplémentaires pour répondre au besoin actuel de solutions de garde des jeunes enfants. Ces solutions de garde devraient être "proches des domiciles" et "accessibles financièrement".

 

Pour ce qui est de l'hôpital, Elisabeth Borne a promis de soutenir les soignants et leur permettre de passer plus de temps avec leurs patients en allégeant la charge administrative. "Je suis convaincue que les solutions viendront des professionnels, des patients, des élus et du terrain".

Elisabeth Borne a également annoncé que le gouvernement accorderait "une aide aux familles monoparentales pour la garde des enfants jusqu'à 12 ans", sans plus de précision. Le gouvernement va également réformer l'allocation adultes handicapés afin de la calculer de façon individuelle, c'est-à-dire sans tenir compte des revenus du conjoint, comme le réclament les associations, a indiqué la Première ministre Elisabeth Borne.

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