En escale à Monaco, le navire Plastic Odyssey apprend à vivre sans plastique

L’ambitieux navire fait escale à Monaco avant d’entamer un tour du monde des pays les plus touchés par la pollution plastique pour enseigner, sur place, le recyclage et la transformation.

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CEDRIC VERANY Publié le 04/10/2022 à 12:00, mis à jour le 04/10/2022 à 12:46
Le navire a largué les amarres dans le port de Monaco avant d'entamer un tour du monde de trois ans. Photo Manuel Vitali/Dir’Com’

Un navire unique pour une expédition emblématique. Tout tient dans la formule étendard du projet qui entend nettoyer le passé pour construire le futur. Voilà la philosophie à bord du Plastic Odyssey. Parti de Marseille samedi [lire Monaco-Matin du 1er octobre], le bateau accomplit sa première escale à Monaco avant d’entamer un tour du monde de trois ans.

Et l’équipage, qui mouille sur le quai du Yacht-club jusqu’à mercredi, a accueilli à son bord le prince Albert II pour lui détailler son projet. Celui d’un bateau-école qui s’est fixé pour mission d’aller prêcher la bonne parole et la bonne pratique du recyclage du plastique dans les pays les plus victimes de pollution dans le monde.

C’est le projet de Simon Bernard et Alexandre Dechelotte, deux officiers de la marine marchande qui, avec Bob Vrignaud, ingénieur de formation, ont choisi, tout juste diplômés, d’œuvrer "pour changer le monde" et ont fait naître Plastic Odyssey.

Premier à bord, le prince Albert II est venu découvrir les atouts de ce navire aux cotés de ses deux fondateurs, Simon Bernard et Alexandre Dechelotte. Photo Manuel Vitali/Dir’Com’.

Trois ans de périple

Pour démarrer, il fallait un bateau. Un ancien bâtiment d’exploration océanographique de 39 mètres a été transformé pour devenir une sorte d’université flottante visant à évangéliser sur l’intérêt du recyclage plastique.

 

Le trio a œuvré, ensuite, pour établir un tour du monde prévu pour durer trois ans qui passera par la Méditerranée, l’Afrique de l’Ouest, l’Amérique latine, le Pacifique et l’Asie.

Dans leur viseur: les trente pays les plus touchés par la pollution plastique. La première escale est prévue à Beyrouth au Liban. Trente autres villes suivront, en étant trois semaines à quai à chaque fois.

Sur place, l’équipage de Plastic Odyssey a déjà tissé des liens avec la communauté locale d’entrepreneurs pour les accueillir à bord et les sensibiliser à l’intérêt de vivre sans plastique et de recycler ceux déjà présents pour les convertir en objets utiles. Mais aussi mener des opérations citoyennes et développer un programme pédagogique.

Premier à bord, le prince Albert II est venu découvrir les atouts de ce navire aux cotés de ses deux fondateurs Simon Bernard et Alexandre Dechelotte. Photo Manuel Vitali/Dir’Com’.

"Partager nos solutions"

"Nous avons déjà identifié 300 entreprises que nous accueillerons pendant les escales, souligne Simon Bernard. Notre projet n’est pas dans l’action directe, mais plutôt indirecte pour partager nos solutions de recyclage. Et qu’elles soient utilisées par le monde entier." Pour la formation, tout se passe d’ailleurs sur le pont du bateau. Des machines à bord permettent de broyer les plastiques récupérés, les réduire en copeaux et les retravailler pour, par exemple, fabriquer tuiles, palettes de transport, canalisation, pavés… le tout en plastique recyclé.

Une vingtaine de personnes composent l’équipage lancé pour accomplir 30.000 miles. Et sur tous les ponts, les équipements se veulent le plus vertueux possible. Le plastique a été banni du mobilier d’équipement où le bois et les matières recyclées dominent pour meubler les espaces de travail, les cabines et le carré.

 

Pas de bouteille en plastique non plus tolérée. Une pompe permet de désaliniser et filtrer l’eau de mer. Pour la nourriture, le vrac est privilégié pour le réapprovisionnement en escale.

Le projet Plastic Odyssey mobilise douze millions d’euros. Dix sont déjà financés par des sponsors. L’équipe est encore à la recherche de deux millions d’euros pour asseoir son budget des trois prochaines années. Cette escale en Principauté pourrait peut-être leur permettre de trouver de nouveaux bienfaiteurs.

Une vingtaine de personnes composent l’équipage lancé pour accomplir 30.000 miles Photo Manuel Vitali/Dir’Com’.
Les plastiques récupérés en mer seront transformés en produits du quotidien: tuiles, canalisations, pavés... Photo Manuel Vitali/Dir’Com’.

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