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Pourquoi Veolia est un acteur de référence de la transformation écologique

Le géant français de l’environnement déploie des solutions pour la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie. Un plus pour les villes qui veulent devenir plus vertes et durables.

K.Wenger Publié le 07/10/2021 à 18:30, mis à jour le 04/10/2021 à 18:05
Antoine Frérot, pdg de Veolia. (Photo D.R.)

De passage à Nice où il a participé au Transition Forum, Antoine Frérot, le pdg de Veolia, a expliqué comment le groupe qui veut devenir l’entreprise de référence de la transformation écologique aide les villes à être plus résilientes, plus vertes et inclusives.


La transition écologique est dans l’ADN du groupe…
Quand notre groupe a été créé il y a bientôt 170 ans, c’était déjà pour répondre à un problème environnemental majeur: celui de la pollution de l’eau qui causait des maladies. Louis Pasteur disait "Nous buvons 90 % de nos maladies".

La production et distribution d’eau potable, la collecte et le traitement des eaux usées, le recyclage des déchets et l’énergie sont les métiers traditionnels du groupe qui, depuis, a développé de nombreux autres savoir-faire. Les plus récents sont, par exemple, le recyclage des eaux usées qui peuvent être réutilisées dans l’agriculture, notamment via le goutte-à-goutte.

 

Cette technologie peut aussi servir à fabriquer de l’eau potable. Certaines villes, comme Windhoek, la capitale de la Namibie, et Singapour sont alimentées en eau potable par de l’eau usée recyclée. Elle est épurée, parfaitement propre et coûte moins cher que de dessaler l’eau de mer. Il faut toutefois prendre le temps de rendre acceptable une telle solution car l’eau sale a mauvaise réputation. En France, le premier projet d’utilisation d’eau recyclée pour l’alimentation a vu le jour en Vendée.

Sur quelles solutions le groupe planche-t-il pour transformer demain?
On peut mentionner nos recherches pour parvenir un jour à extraire toutes les poussières en suspension pour vivre dans un air purifié. Ou bien ces solutions qui révolutionneront l’agriculture et donc l’alimentation.

Comment nourrir ces 8 milliards de personnes avec moins d’eau, moins de sol et d’énergie? En utilisant par exemple les déchets organiques. Nous travaillons en ce moment dans le Var à des savoir-faire permettant de transformer des insectes en nourriture animale grâce à des déchets biologiques organiques.

On réfléchit aussi à l’efficacité énergétique: comment se chauffer en consommant moins d’énergie? Pourquoi pas en captant la chaleur issue des logements ou d’un datacenter?

Et pour l’énergie renouvelable?
Au-delà du solaire et de l’éolien qui sont très utiles mais intermittents et insuffisants pour couvrir l’ensemble des besoins, on peut rajouter le biogaz qui est également une énergie verte et renouvelable. Il est issu du traitement des déchets ou des boues des stations d’épuration et peut être transformé en électricité. A Nice, Veolia a proposé de mettre en place un projet pilote à l’Ariane visant à transformer le biogaz en hydrogène.


Quel est le Veolia de demain?
C’est celui qui sera non seulement capable de distribuer de l’eau propre – il le fait depuis 170 ans – mais aussi de permettre une ville durable, dépolluée, plus connectée, plus inclusive, plus sobre et plus résiliente. C’est la recette pour une ville agréable à vivre et un facteur d’attractivité pour les talents, les investissements.

 

C’est ce que vous allez faire de Tachkent, la capitale de l’Ouzbékistan…
Oui, Veolia a remporté il y a quelques jours le contrat de gestion de chauffage urbain. Nous allons gérer ce réseau pendant trente ans pour le moderniser et le rendre plus efficace énergétiquement.

Comment convaincre les villes et collectivités d’adopter ce modèle?
Il n’est pas besoin de les convaincre: elles sont demandeuses. Leur question est de savoir comment le faire en transformant l’existant. Il faut leur proposer des solutions de transformation techniques, sociales et sociétales, qu’elles existent, soient acceptées par tous – c’est d’ailleurs pour cela que l’inclusion est importante. Et c’est notre métier. Nice en est d’ailleurs un bon exemple.

Selon vous, en combien de temps une ville peut-elle devenir plus verte et inclusive?
Les solutions, pour beaucoup, existent déjà et celles qui nous manquent, on les créera. Une ville qui mène une vraie politique volontaire de transformation peut devenir plus verte, inclusive et résiliente en dix-quinze ans. A condition de ne pas changer de cap, bien sûr.

Où en êtes-vous de votre rapprochement avec Suez qui ferait de Veolia un champion mondial de la transition écologique?
Nous sommes dans la dernière ligne droite. En juin, un accord a été signé et nous avons déposé notre offre publique d’achat (OPA) qui a été soutenue par le conseil de Suez. Pour la financer, nous avons émis une augmentation de capital de 2,5 Mds€ qui a été largement soutenue par nos actionnaires.

Que vous reste-t-il à faire?
Il reste trois grands chantiers. D’abord, préparer l’intégration des équipes de Suez: 40.000 collaborateurs nous rejoindront bientôt. Deuxième chantier: nous attendons les autorisations des autorités de concurrence que nous devrions obtenir d’ici la fin de l’année. Enfin, le troisième, et sans doute le plus exigeant à mes yeux: tenir la promesse de ce grand champion de la transition écologique que nous allons créer au début de l’année prochaine.

Pour cela, nous devons être rapidement capables de généraliser les solutions que nous maîtrisons déjà mais qui sont encore insuffisamment développées. Mais aussi de continuer à inventer collectivement toutes celles qui n’existent pas encore.

Bâtir la meilleure équipe au monde de la transformation écologique, voilà l’enjeu des prochains mois.

 

Géant vert

Veolia, c’est un chiffre d’affaires 2020 de 26,1 Mds€, dont 21 % en France.

L’eau représente 42%; les déchets 37% et l’énergie 21%.

Le groupe emploie 178.894 salariés dont 29% dans l’Hexagone. Dans les Apes-Maritimes et le Var, ce sont 1.400 collaborateurs, avec 100 postes à pourvoir.

L’an dernier, le groupe Veolia a servi 95 millions d’habitants en eau potable; 62 millions en assainissement; produit près de 43 millions de mégawattheures et valorisé 47 millions de tonnes de déchets.

Une fois terminée la fusion avec Suez, le chiffre d’affaires atteindra 37 Mds€ et le nouveau géant de la transition écologique comptera 230.000 employés (+25%).

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