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Zygel ranime le Fantôme de l'opéra

Samedi, en la Salle Garnier, Jean-François Zygel a improvisé sur son piano pendant une heure trente pour accompagner le célèbre film muet des années vingt

André PEYREGNE Publié le 24/10/2016 à 05:16, mis à jour le 24/10/2016 à 05:16
Alain Hanel - Opéra de Monte-Carlo

Lorsque dans les années vingt, l'écrivain Gaston Leroux fréquentait quotidiennement le Casino de Monte-Carlo et rentrait chez lui, endetté, à Nice où il vivait depuis 1909 (après avoir un temps séjourné à Menton), se doutait-il qu'un jour on projetterait en ce lieu où il avait perdu tant d'argent le film inspiré du roman qui avait fait sa fortune, le « Fantôme de l'opéra » ?

Gaston Leroux est mort à Nice en 1927 et est enterré au Cimetière du Château.

La projection du film a eu lieu samedi soir en la Salle Garnier, présentée par Vincent Vatrican, directeur des Archives audiovisuelles de Monaco.

 

À vrai dire, l'intérêt de la soirée vint autant de ce qu'on vit sur l'écran que de ce qu'on entendit en dessous : l'accompagnement réalisé au piano par l'un des meilleurs pianistes classiques improvisateurs actuels, Jean-François Zygel.

Un piano avait été installé au-dessous de l'écran, comme un vaisseau amarré dans la pénombre au bord de la scène. Sur ce vaisseau fantôme, Jean-François Zygel a fait mieux que du Wagner !

Au cours d'un marathon d'une heure trente, il a donné dans tous les styles, afin de souligner le suspens, l'action, la tendresse, la violence de l'histoire qui défilait sur l'écran. Il a même fait chanter les airs de « Faust » à des cantatrices muettes. À son piano, Zygel devenait le maître du jeu. Il prenait l'ascendant sur Hollywood. Il lançait un mouvement de valse, et soudain, sur l'écran, les danseuses lui obéissaient. Il a accompagné les agissements du fantôme inventé par Leroux qui semait la terreur dans les sous-sols de l'Opéra de Paris - un Opéra de Paris qui fut construit par Charles Garnier grâce à l'argent de François Blanc, directeur du Casino de Monte-Carlo, ce qui poussa Charles Garnier, en remerciement, à construire l'opéra de Monte-Carlo.

On le voit, tout se tient, tout se rejoint ! Mais on n'a encore jamais signalé la présence d'un fantôme à l'Opéra de Monte-Carlo. Peut-être nous cache-t-on quelque chose ?

 

À la fin, ce ne fut pas le fantôme mais le pianiste qu'on applaudit. Galant comme pas deux, Jean-François Zygel se remit au piano et improvisa un petit compliment à l'adresse de la grande cantatrice Cecilia Bartoli qui se trouvait dans la salle. Non, Gaston Leroux, quand il fréquentait le Casino de Monte-Carlo dans les années vingt, n'aurait pas imaginé cela !..

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