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Yann-Antony Noghès, ses ambitions pour l'Automobile club de Monaco

Le journaliste et ses équipes ont suivi pendant dix-huit mois les négociations des chefs d’État au Conseil de l’Europe pour en tirer un documentaire diffusé jeudi soir sur France 2.

Cedric Verany Publié le 06/05/2021 à 08:00, mis à jour le 05/05/2021 à 20:58

Vous avez produit un documentaire, en 2019, racontant l’histoire du Grand Prix de Monaco. Depuis plusieurs mois, votre nom circule pour atteindre des responsabilités au sein de l’Automobile Club de Monaco. Ambitionniez-vous de briguer le poste de président au terme du mandat de Michel Boéri?
Beaucoup de bruits circulent, beaucoup de candidats émergent. Je ne pense qu’il puisse y avoir de candidat à la présidence de l’Automobile Club. C’est une mission qui doit être confiée par le souverain et ensuite ratifiée par l’assemblée générale. Ce fut le cas par le passé. Michel Boéri avait été choisi par le prince Rainier III, puis conforté par le prince Albert II.
Il faut être lucide et responsable. L’Automobile Club n’est pas une Clio de série mais plutôt une Bugatti type 35B, avec des réglages bien précis. Dans l’intérêt du club, il faudrait à mon avis que Michel Boéri et son équipe, s’ils le souhaitent, continuent encore quelques années pour assurer une transition avec une nouvelle équipe. Une équipe ne peut pas en remplacer une autre. Et encore moins en chasser une autre.

Et vous voulez incarner cette "nouvelle équipe" pour opérer la transition?
J’ai des gens de confiance sur lesquels m’appuyer en local et à l’international. Je suis ouvert mais je ne veux pas faire un putsch. Et je n’y vais pas pour avoir la meilleure table au restaurant ! Je considère que le Grand Prix de Monaco est mythique mais il reste fragile. On ne peut pas s’endormir sur nos lauriers. Il faut être capable d’innover, de s’adapter au monde qui change et même d’inspirer le changement. C’est ce que Monaco a toujours fait. Et j’aimerais y contribuer en apportant ma vision. J’ai 42 ans, je suis prêt à aider.

Avec quels atouts?
Depuis quelques années, la Formule 1 est devenue très technocratique. À cet égard, mes vingt ans d’expérience de journaliste à Bruxelles et au sein des institutions internationales peuvent m’aider. Aujourd’hui, la F1 via Formula 1 est entre les mains des Américains avec qui il faut négocier. Et j’ai cette culture américaine pour avoir fait mes études de relations internationales à Boston. Et j’ai des idées sur la façon dont cette transition au sein de l’ACM pourrait s’opérer.

 

Quel dossier vous semble prioritaire?
La FIA a pris l’engagement de rendre la F1 "zero net emission" d’ici à 2030. Un engagement encore plus fort que la neutralité carbone, qui implique qu’il ne faut pas polluer du tout. Ce n’est pas juste utiliser du carburant écolo ou des pailles en bambou, mais une transformation majeure de l’épreuve. Monaco pourrait devenir la vitrine mondiale de cette révolution, en l’adoptant dès 2029 pour le centenaire du Grand Prix. Ce serait une magnifique façon d’accompagner l’action du Prince sur le climat, de montrer concrètement une forme d’exemplarité.

En 2019, Yann-Antony Noghès avait produit un documentaire anniversaire sur le Grand Prix, interviewant notamment Charles Leclerc. Photo Jean-François Ottonello.

Un autre exemple d’évolution?
Beaucoup de gens voient le sport automobile comme un sport fragile, comme le monde d’avant. Je pense le contraire. Un exemple? Pourquoi pas promouvoir la féminisation du sport au sein de l’Automobile Club ou sur la piste. Le sport automobile est perçu comme très masculin, mais c’est un des trois seuls sports avec la voile et l’équitation à être ouvert à la fois aux hommes et aux femmes pour les mêmes compétitions.
Avoir une femme pilote sur la ligne de départ du Grand Prix de Monaco c’est techniquement possible. Et ça va venir. On pourrait ainsi avoir une politique active en ce sens.

Souhaitez-vous aujourd’hui, formellement, vous déclarez candidat?
Aujourd’hui, je donne mon intention. Je ne suis pas dans une logique absolue de postes, je ne suis pas pressé et je n’entends pas lâcher mes activités professionnelles, mais plutôt tout mener de front. Je suis membre de l’Automobile Club, j’ai été élu en 2016 au comité d’organisation du Grand Prix et membre de la commission média.
Le prince Albert II avait dit aux jeunes: "Allez faire vos armes dans le monde et revenez développer votre pays", je suis dans cette démarche.
J’imagine qu’une équipe de transition pourrait se former et travailler sur l’agenda 2029 et l’objectif "zero net emission" et travailler main dans la main avec l’équipe actuellement en place.

Briguer des responsabilités au sein de l’Automobile Club de Monaco, c’est aussi faire écho à votre histoire familiale, dont celle de votre grand-père, Antony Noghès, qui a créé le Grand Prix?
Oui, clairement l’Automobile Club est dans mon ADN. Mon arrière-grand-père a été le premier président de l’Automobile Club en 1925, mon grand-père a créé le rallye et le Grand Prix. Et quoiqu’il se passe l’Automobile Club de Monaco restera dans mon ADN.

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