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Vladimir Jansen : Ils n'hésitent pas à envoyer des gros bras !

Mis à jour le 25/02/2016 à 05:12 Publié le 25/02/2016 à 05:12
L'église russe de Saint-Michel-Archange à Cannes.

L'église russe de Saint-Michel-Archange à Cannes. Patrice Lapoirie

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Vladimir Jansen : Ils n'hésitent pas à envoyer des gros bras !

« La vérité c'est que la Russie a décidé de s'emparer des églises occidentales et que l'État français est de connivence !

« La vérité c'est que la Russie a décidé de s'emparer des églises occidentales et que l'État français est de connivence ! » Vladimir Jansen ne mâche pas ses mots. Ce descendant de Russes blancs, dont les aïeux ont fui la révolution bolchevique en 1922, préside l'association cultuelle qui gère l'église orthodoxe de Cannes…

Du moins, qui la gérait jusqu'à ce que la coupole de Saint-Michel-Archange ne s'effondre en août. Le maire de Cannes a pris un arrêté de péril. Depuis, les fidèles orthodoxes sont priés d'aller se recueillir ailleurs. L'association cultuelle n'était de toute façon plus tout à fait chez elle depuis octobre 2014, date à laquelle un notaire niçois a transféré la propriété de l'église cannoise… à la fédération de Russie !

Un acte notarié enregistré au bureau des hypothèques que Vladimir Jansen n'hésite pourtant pas à qualifier de « frauduleux » : « C'est leur méthode. Ensuite ils n'hésitent pas à envoyer des gros bras pour prendre possession physiquement des lieux. » Le président de l'association cultuelle cannoise assure posséder des documents qui le prouvent. Notamment un acte antérieur qui, dès 1982, atteste que l'église Saint-Michel-Archange est bien la propriété de l'association des descendants de Russes blancs.

« Nous sommes une fin de race dont le portefeuille est vide », ironise son président. L'association n'a en effet pas les moyens de faire face aux travaux de réfection de la toiture de l'église. Voilà pourquoi elle hésite encore à contester en justice « l'appropriation » de cette petite église par Moscou. À moins que ce ne soit par lassitude.

Le pouvoir russe et ses satellites n'en sont pas à leur première tentative de putsch à Cannes. Grâce aux largesses d'un Ukrainien fiché S par les services français pour son appartenance au crime organisé, en 2006, c'est le patriarcat de Moscou qui avait réussi à « acheter » les faveurs du prêtre qui officiait pourtant depuis 20 ans à Cannes. Mgr Varnava avait alors évincé les responsables de l'association cultuelle opposés à un rapprochement avec Moscou.

Vladimir Jansen était déjà de ceux-là. Il était aussi le trésorier de l'association cultuelle à l'époque. C'est lui qui avait saisi les autorités en voyant transiter depuis d'obscurs paradis fiscaux plus de 400 000 euros sur les comptes de la petite association cannoise. Ceux de ce sulfureux mécène ukrainien et qui ont valu, en 2010, à l'évêque Varnava d'être condamné pour abus de confiance !

Jansen a néanmoins dû batailler sept ans pour être rétabli dans ses fonctions au sein de l'association cultuelle que Mgr Varnava continuait de piloter. « Aujourd'hui, il y a encore 22 procédures en cours », souffle cet homme de 70 ans qui pourtant continue de se battre pour « tenter d'empêcher les Russes de faire main basse sur notre église ». Un combat d'autant plus inégal que la France semble décidée à « laisser faire Poutine » : « les autorités m'ont clairement dit qu'elles ne s'en mêleraient pas tant qu'il n'y a pas mort d'homme… »

L'affaire du cimetière de Caucade débute comme débuta celle de la cathédrale orthodoxe de Nice. « C'était en 2006, se souvient le père Jean Gueit qui, à l'époque, cumulait les fonctions de recteur et de président de l'Association cultuelle orthodoxe russe (Acor). Ce jour-là, j'étais à Marseille, lorsqu'on m'a téléphoné pour me dire qu'un huissier s'était présenté pour effectuer un inventaire de la cathédrale. »

Ledit huissier est dépêché par Moscou. Il n'en faut pas plus pour que les descendants des Russes blancs, qui gèrent l'association cultuelle, voient rouge. Ils craignent une tentative de putsch et barricadent immédiatement la cathédrale. Au final ils n'ont pas forcément eu tort puisque, après une interminable bataille juridique, la Fédération de Russie est devenue le propriétaire officiel de la basilique Saint-Nicolas. Ce qui lui aura au moins permis de retrouver son faste d'antan.

À peine titré, le Kremlin a immédiatement lancé un vaste chantier de rénovation de la cathédrale. Mais les 20 millions de dollars de travaux inaugurés il y a à peine quelques semaines en présence de l'ambassadeur Orlov ne suffiront pas à effacer, au sein de la communauté orthodoxe azuréenne, les traces de cette guerre froide qui s'est jouée à Nice. Il faut dire que l'ancien évêque, Mgr Paul, n'avait pas hésité à dénoncer des méthodes de KGBistes. Accusé d'attouchements sur un jeune Britannique de 11 ans qui lui avait été confié, le prélat avait affirmé faire l'objet d'un coup monté des services russes parce qu'il avait refusé la valise de billets que le maire de Moscou de l'époque aurait déposée, en personne, sur son bureau... en échange du précieux bail emphytéotique qui octroyait à l'association cultuelle la jouissance des lieux. La justice n'avait toutefois accordé guère de crédit à cette thèse complotiste et avait fini par condamner l'évêque en appel.

Les travaux de rénovation de la cathédrale, financés par la Russie, ont été inaugurés mi-janvier.
Les travaux de rénovation de la cathédrale, financés par la Russie, ont été inaugurés mi-janvier. Jean-François Ottonello

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