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VIDEO ET PHOTOS. On a suivi les pompiers de Monaco à Beausoleil sur un exercice feu de forêt

Mis à jour le 22/08/2019 à 12:07 Publié le 22/08/2019 à 09:00
Les pompiers de Monaco ont suivi le même socle de formation aux feux de forêt qu’en France.

Les pompiers de Monaco ont suivi le même socle de formation aux feux de forêt qu’en France. Photo JFO

VIDEO ET PHOTOS. On a suivi les pompiers de Monaco à Beausoleil sur un exercice feu de forêt

Ce mercredi, comme chaque mercredi de l’été, les soldats du feu ont combattu un incendie fictif en forêt et défendu un "point sensible" sur les hauteurs de Beausoleil. Un scénario qui fait écho au passé, et notamment aux terribles incendies de l'été 1986 à l'Est des Alpes-Maritimes

Qu’il soit d’habitation ou de forêt, le feu se caractérise toujours par son imprévisibilité. Pour l’appréhender au mieux et le dompter, les sapeurs pompiers de Monaco n’ont d’autres choix que de maîtriser leur environnement.

C’est ainsi que chaque semaine, de début juin à fin août (voire plus selon la météo), des manœuvres sont menées sur le pourtour monégasque pour simuler des combats engagés contre des feux de forêt. Le dernier exercice, supervisé hier par l’adjudant Patrice Jacob, a réuni onze professionnels de Monaco sur le chemin de La Turbie, à Beausoleil.

"C’est un exercice de maintien des acquis. Tous ont un socle de formation commun par rapport à leur niveau d’emploi et de fonction et après, tous les mercredis, l’ensemble des personnels du corps des sapeurs pompiers de Monaco passent à l’entraînement très spécifique sur les feux de forêt", détaille l’adjudant Patrice Jacob, adjoint du capitaine Payen au Bureau "Formation - instruction sport".

Photo JFO

Une zone aride, végétalisée, escarpée et, surtout, entourée d’habitations. L’objectif : acquérir les bons réflexes de positionnement, de reconnaissance ou encore de sécurité tant personnelle que collective.

Fortement urbanisée, la Principauté n’est à première vue pas un terrain propice à la lutte contre les incendies massifs de végétation mais l’histoire récente rappelle qu’elle fut ceinturée de flammes et "coupée du monde".

Photo JFO
Photo JFO

Les pompiers de Monaco ont ainsi vocation à être rattachés au groupe d’intervention feux de forêt (GIF) du SDIS 06 et, par une logique de proximité, à intervenir en premier en territoire français. Ce sont les fameuses "zones de prompt secours".

"À Monaco, il n’y a pas de secteur feu de forêt à proprement dit, confirme l’adjudant Jacob. C’est pourquoi un camion du SDIS 06 nous est mis à disposition toute l’année, notamment pour pouvoir intervenir sur les communes limitrophes."

Ces pinèdes de Cap-d’Ail ou Roquebrune-Cap-Martin, comme les secteurs plus arides et à flanc de collines de Beausoleil et La Turbie (qui dispose aussi de sa propre caserne), où les pompiers monégasques pourraient contenir un foyer d’incendie dans l’attente des renforts, voire l’éteindre.

Ce mercredi, le scénario invitait à l’action défensive: un feu virulent est parti de la Moyenne corniche et se propage, par vent d’Est, pour gagner les hauteurs de Beausoleil par le vallon.

Photo JFO
Photo JFO

"Par reconnaissance", les pompiers savent que les abords de la carrière Laurens et de l’ancien club de tir-à-l’arc jouissent d’une aire de retournement pour les véhicules et d’un poteau incendie.

"Avant de vous équiper pensez à vous hydrater!"

"Avant de vous équiper, pensez à vous hydrater! Le feu de forêt est aussi difficile pour ça, on transpire beaucoup, on perd rapidement de l’eau", rappelle le sergent-chef Fabrice Grillet. Le thermomètre dépasse allègrement les 30 degrés lorsque les onze pompiers endossent leur équipement.

Tous s’engagent d’un seul homme avec minutie et cohésion.Réglées comme du papier à musique, les manœuvres ne subissent pas d’accroc et les lances sont vite armées pour inonder la végétation.

Le canon du camion assurant l’accessibilité de la zone et garantissant un éventuel repli aux pompiers. L’opération est une réussite et se conclut par la visite de riverains, d’abord interloqués, puis ravis de bénéficier de cette fraîcheur bienvenue à leurs portes.


Les fantômes de l’été 86

À l’été 1986, le littoral avait été en proie aux flammes de Nice à Menton.
À l’été 1986, le littoral avait été en proie aux flammes de Nice à Menton. Photo archives Nice-Matin

Les panaches de fumée de Nice à Menton. L’angoisse permanente. Les flammes qui semblent gagner du terrain inexorablement. Les propriétaires de villa qui écopent leurs piscines pour ralentir le chaos.

Ceux qui doivent se résigner à abandonner leur domicile sans l’assurance de le retrouver. L’odeur de brûlé et ces cendres qui nappent le littoral. Les Azuréens n’ont pas oublié le terrible été 1986.L’été des cendres et le paysage désertique laissé pendant des années par les flammes sur les Moyenne et Grande corniche notamment.

"Menton et Monaco étaient totalement isolées"

"Tout a brûlé d’èze à La Turbie, jusqu’aux portes de Monaco", se souvenait récemment dans nos colonnes le lieutenant-colonel Norbert Fassiaux, chef du corps des sapeurs pompiers de Monaco, à l’époque jeune lieutenant envoyé au feu.

"Les routes et voies ferrées étaient coupées, plus de 1 500 personnes ont été évacuées, Menton et Monaco étaient totalement isolées (...) Ce fut un énorme moment de cohésion dans le personnel."

Cette année-là, 11 415 hectares avaient été ravagés par les flammes dans le département des Alpes-Maritimes

"À Monaco, le feu ne risque pas trop de sauter parce qu’on est quand même dans une zone ultra-urbanisée mais par contre les fumées, les cendres…Monaco serait plus impactée par les conséquences du feu que le feu lui-même", estime aujourd’hui l’adjudant Patrice Jacob.

Pour ne jamais revivre pareil désastre, la meilleure arme reste la prévention. Surtout avec les grandes chaleurs annoncées ces prochains jours.


"La sécurité, c’est primordial chez nous"

"La sécurité, c’est primordial chez nous. Sécurité collective et individuelle", répète le sergent-chef Fabrice Grillet. Exercice ou pas, c’est comme en situation réelle et avec l’intégralité de leur équipement que les pompiers ont répété leurs gammes, ce mercredi. Cagoule et veste de feu entre autres, alors que des surpantalons (jaunes) complètent même désormais l’attirail du SDIS 06.

Fabrice Grillet exhorte ensuite ses hommes à l’unité et l’écoute.

"Dans la fumée, on est vite perdu"

"Il n’y a que ceux qui n’en ont pas fait qui ne peuvent pas se rendre compte, mais quand on se retrouve dans la fumée on est vite perdu. Rester groupés, se signaler, rester proches de l’engin… Et si vraiment on est pris par le feu, on enfile le poncho et le masque de fuite."

Les consignes s’enchaînent devant un auditoire attentif, notamment sur la question du repos physiologique avant et après l’intervention et la nécessité de maintenir un contact radio permanent. Enfin, les manœuvres d’autoprotection sont évoquées.

Pour exemple, le plus gros engin est placé en barrage, les véhicules légers garés derrière et les « queues de paon » déployées en support qui, comme leur nom l’indique, diffusent un rideau d’eau formant une queue de paon.


Coordination entre ciel et terre

Un Canadair combattant un incendie à La Turbie en octobre 1984.
Un Canadair combattant un incendie à La Turbie en octobre 1984. Collection Jean-Paul Bascoul

Aterre, des camions-citernes feux de forêt (CCF) permettent d’embarquer de grosse quantité d’eau (jusqu’à 500 litres pour un véhicule moyen), mais lutter contre un incendie en pleine nature nécessite de savoir se coordonner avec une force de frappe aérienne.

Ce mercredi, par exemple, des lignes haute tension barraient le paysage. Or, comme le précise l’adjudant Jacob, qui a œuvré depuis l’hélicoptère dans ses anciennes fonctions à Marseille, "ces lignes sont invisibles depuis le ciel, seuls les poteaux sont perceptibles". D’où l’importance du chef de garde incendie dans l’accueil des moyens aériens, il est tout simplement leurs yeux.

"Des moyens aériens constamment en l’air"

Pour autant, la flotte de la sécurité civile peut agir sans retour du sol dans l’urgence.

"En fonction du niveau de risque, notamment des conditions météos, il y a des moyens aériens qui sont constamment en l’air. C’est ce qu’on appelle le guet aérien armé, ou des trackers ou des Dash, voire des Canadairs armés qui ont un secteur de rotation et giclent dès qu’une fumée part."

Le tout en coordination avec le Commandement des Opérations de secours (COS) de Marseille [depuis peu les Canadairs décollent de Nîmes et non plus de Marseille en raison des difficultés à cohabiter avec le trafic aérien commercial, ndlr].

Alors qu’un Canadair (aussi appelés "Pélican") écope et peut multiplier les largages, y compris en plusieurs fois grâce à différentes cuves, le tracker déverse un "retardant". Il est facile à repérer puisqu’il dégage une fumée rouge.Il doit en revanche se poser pour recharger.

C’est malheureusement ce genre de bombardier d’eau, avec un seul pilote, qui s’est crashé, début août, dans le Gard.


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