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VIDEO. Découvrez les coulisses du palais princier de Monaco

Mis à jour le 19/02/2018 à 10:43 Publié le 19/02/2018 à 10:41
Pas moins de 18 métiers sont nécessaires pour faire de ce palais, une maison vivante.

Pas moins de 18 métiers sont nécessaires pour faire de ce palais, une maison vivante. Photos M.A.

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VIDEO. Découvrez les coulisses du palais princier de Monaco

Le prince Albert II y reçoit ses invités, y travaille: le palais princier a besoin d’être entretenu au quotidien. C’est une maison vivante, qui fait vivre des artisans d’exception. Rencontres

"C’est une maison vivante", nous explique-t-on durant la visite. Et comme tous les foyers, même si celui-ci a, en plus, des fonctions d’apparat, le palais a besoin de personnel pour le faire tourner. Il a besoin qu’on panse ses petits bobos, qu’on l’aide en permanence à être au mieux de sa forme.

Pour cela, il peut compter sur pas moins de 18 métiers différents: serruriers, lingères, doreur, argentier, plombiers, jardiniers, tapissiers… toutes ces femmes, tous ces hommes contribuent en permanence à faire tourner la maison.

Certains d’entre eux exercent des métiers qui n’existent pratiquement plus en dehors des palais, châteaux, ou grandes institutions. Un serrurier qui reconstitue des clefs perdues, un doreur qui dépose les feuilles de métal avec une grâce et une légèreté qui feraient passer un papillon pour un pachyderme, un argentier qui prépare les tables un mois en avance, des tapissiers qui redonnent vie à toutes les assises et textiles de la maison…

Le palais n’a quasiment jamais besoin de faire appel à l’extérieur. Nous avons voulu rencontrer ces travailleurs de l’ombre. Grâce à eux, l’État et la famille princière donnent en permanence la meilleure image.

Et le premier détail qui frappe, c’est la fierté et la bonne humeur qu’ils dégagent quand ils parlent de leur travail.

Les forgerons: "Tant qu’on peut réparer, on le fait"

Photo M.A.

Derrière une petite porte, fermée par une petite serrure avec une petite clef, un escalier descend aux ateliers de serrurerie. Georges Ros et Sylvain Guida sont les tenants de la forge princière.

"On restaure beaucoup de choses. Tenez, là par exemple, la princesse Caroline nous a donné de vieux objets à réparer, donc on soude, on brase". On pourrait penser qu'il serait plus simple d'acheter du neuf. Mais ce n'est pas la politique de la maison. "Ici, tant qu'on peut réparer on le fait." Et c'est bien pour cela que ces artisans sont là.

Et parfois, la réparation nécessite la fabrication. "Certaines clefs sont perdues. Et quand il n'en existe plus aucun exemplaire, il faut la recréer directement."

Pour cela, le serrurier part d'un modèle de clef vierge voire, quand les serrures sont très anciennes, comme souvent dans un palais, d'une tige de métal qu'il façonne, puis qu'il lime jusqu'à ce qu'elle ouvre la serrure. "Ça peut prendre jusqu'à une journée entière. Mais on ne va quand même pas mettre une serrure toute neuve sur une porte ancienne!".

Photo M.A.

Et ici, on ne fabrique pas que des clefs. "Pour la restauration de la grotte, on a fabriqué des vieux portails de style ancien. On essaie de rester dans le style", explique Georges. Pour cela, ils ont une forge.

N'allez pas les imaginer avec un tablier en cuir devant un feu digne de l'enfer, à actionner un soufflet pour alimenter les flammes. Ici, la forge est une sorte de gros four à gaz, pas plus gros qu'une valise. "Avant nous avions une forge à charbon, mais depuis quelques temps nous sommes passés au gaz, c'est plus sain."

Après une quinzaine de minutes de montée en température, une barre de métal est insérée, chauffée, et martelée. Détail presque anachronique : le forgeron bat le fer sur une enclume, elle-même installée sur une souche d'arbre. "C'est pour amortir les chocs. Si l'enclume était posée sur le béton directement, ça remonterait dans le bras".

Les travaux de ferronnerie ne concernent pas que le palais. Les deux hommes ont aussi réalisé une pergola pour le jardin de la résidence privée du prince, sur le domaine de Rocagel.

Photo M.A.

Le tapissier: "Tout à la main, à l’ancienne" 

Le tapissier Christian Bagnasco à l’œuvre. Ces chaises ne seront refaites que par la prochaine génération de tapissier.
Le tapissier Christian Bagnasco à l’œuvre. Ces chaises ne seront refaites que par la prochaine génération de tapissier. Photo M.A.

"On dégarnit tout, et on refait tout de A à Z, à l'ancienne", explique Alain Leuci.

Dans cet atelier sous les toits, des dizaines de squelettes de chaises attendent patiemment de recevoir de nouveau une assise digne de ce nom. Ces jours-ci, ce sont les chaises de la grande salle à manger qui vont recevoir un nouveau cuir, choisi par le souverain, en personne.

Et on n'imagine pas le nombre de chaises qu'il y a au palais. Trois tapissiers travaillent à plein-temps. Alain Leuci officie depuis 27 ans. 

"Je n'ai jamais refait deux fois les mêmes chaises. Celles de la grande salle à manger ont été refaites il y a 40 ans. Et comme c'est les techniques à l'ancienne, à la main, avec des ressorts plutôt que de la mousse, ça tient très bien."

Les ressorts sont cousus à la main dans l'assise. La machine n'intervient que pour les raccords de cuirs ou de tissus si nécessaire.

En plus des chaises et canapés en tous genres, ils sont aussi en charge des moquettes et des tentures murales.

Le doreur: "C’est le même procédé depuis des siècles!"

De père en fils, on dore les meubles du palais à la main, avec une méthode ancestrale.
De père en fils, on dore les meubles du palais à la main, avec une méthode ancestrale. Photo M.A.

Beaucoup d’artisans travaillent au palais de père en fils. C’est le cas de Jacques Lantieri, le doreur.

"Depuis combien de temps je travaille ici? Il faut vraiment que je réponde?", s’amuse-t-il. Car depuis plusieurs décennies, il reproduit inlassablement les mêmes gestes.

En plus de réparer les faux marbres, et autres décors, il restaure minutieusement à la feuille d’or les boiseries du palais. Les gestes sont les mêmes depuis les temps immémoriaux. Les boiseries sont décapées, réparées, puis enduites d’argile qu’on laisse sécher.

"Ensuite, il suffit d’humidifier l’argile à l’eau pour en faire une sorte de colle, et alors on peut déposer la feuille d’or", explique le maître.Pour cela, il saisit une feuille au bout de sa spatule.

Comme un cuisinier, il la découpe en petites parcelles d’un coup de spatule. La feuille se tortille, on jurerait qu’elle est vivante. Avec un pinceau, il se caresse la joue pour l’électricité statique, puis recueille le précieux métal qui vient ensuite épouser le bois de la façon la plus naturelle du monde. 

L’argentier: "On réalise qu’on fait partie de l’Histoire du Palais"

Blanchie à l’acide, ce sont ensuite la pâte à polir et l’huile de coude qui entrent en action.
Blanchie à l’acide, ce sont ensuite la pâte à polir et l’huile de coude qui entrent en action. Photo M.A.

Eddy Marangoni, 42 ans, est argentier. Et il a du mal à croire qu’on s’intéresse vraiment à son métier. Un métier qu’il a appris à aimer et à respecter: "Parfois, quand on regarde des reportages, on voit notre travail. On réalise qu’on fait un petit peu partie de l’histoire du palais."

Et son travail, Eddy le voit souvent. Des pièces d’argenterie, le palais en regorge. Entre la vaisselle et les décors et les sujets de table, les cadres, les trophées, les coupes… Il ne chôme pas!

Électrotechnicien de formation, il a obtenu ce poste parce qu’il est minutieux.

"Je suis passionné d’aéromodélisme. J’adore démonter et remonter", explique ce père de famille. Une qualité indispensable quand il s’agit de nettoyer des grosses pièces, ou la collection de bateaux en argent du prince.

Ce métier, il l’a appris sur place, avec l’ancien titulaire du poste. Il lui a fallu aussi apprendre les bases de l’hôtellerie pour préparer l’argenterie nécessaire en fonction des menus que lui fournissent les cuisines.

"80 convives, c’est 800 pièces d’argenterie. Pour la Fête nationale, cette année, je m’y suis pris un mois avant."

Dans ces argentiers, les pièces sont plus à l’abris de l’oxydation.
Dans ces argentiers, les pièces sont plus à l’abris de l’oxydation. Photo M.A.

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