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Vence : inquiétude des parents face à la grève des profs

Mis à jour le 15/03/2019 à 10:34 Publié le 15/03/2019 à 10:34
Une quarantaine de professeurs est allée à la rencontre des parents pour parler de leurs actions.

Une quarantaine de professeurs est allée à la rencontre des parents pour parler de leurs actions. Clément Tiberghien

Vence : inquiétude des parents face à la grève des profs

Dans le cadre de «La Nuit des lycées», des enseignants de Matisse à Vence, de Renoir à Cagnes et de Tocqueville à Grasse, qui pratiquent le «gel des notes», ont rencontré hier soir les parents d’élèves

Vous donnez une image d’injustice ! » s’emporte une maman d’élève en direction d’une enseignante. Devant le lycée Matisse de Vence, une quarantaine de professeurs ont donné rendez-vous, hier soir, aux parents d’élèves pour expliquer les raisons de leur opposition à la réforme du lycée et les informer de leurs actions. Rappelez-vous. Le 7 février dernier, des enseignants de Matisse avaient ouvert le bal en choisissant de geler les notes de leurs élèves faute de moyens et de temps pour appliquer la réforme dans de bonnes conditions. À Cagnes, du côté du lycée Renoir, on commence alors à réfléchir à la question.

Le lendemain, c’est le bac blanc qui est supprimé par les professeurs vençois. Un ensemble de décisions qui soulève une vive réaction d’incompréhension et de colère de la part de nombreux élèves.

Jeudi 7 mars, c’est au tour du lycée Renoir d’emboîter le pas à son homologue vençois, et de geler les notes.

Quelles inquiétudes

Anthony Thiberguen, professeur d’histoire-géographie au lycée Matisse est très inquiet. « Comment voulez-vous demander à des secondes de faire des choix d’enseignement si tôt ? C’est impossible ! » Jean-Paul Picavet, professeur de maths au lycée vençois voit d’un très mauvais œil la suppression de sa matière du tronc commun. « Soit on les prend en spé’, c’est-à-dire à haut niveau, soit on ne peut plus faire de maths, on marche sur la tête ! » Du côté des parents, il y a ceux qui s’inquiètent. « Difficile d’imaginer que nos enfants seront à égalité sur Parcoursup avec ceux provenant de lycées n’ayant pas pris part au mouvement » soulève Stéphanie, et puis ceux qui soutiennent les profs, « Je comprends très bien la réaction des enseignants, si ça peut faire bouger les choses je suis pour ! » affirme Johane dont la fille est en 1re.

Côté filières sélectives

Seulement voilà, certains lycéens visant des cursus sélectifs doivent souvent communiquer leurs notes avant les autres. Héloïse Gazagnaire, prof d’anglais au lycée Matisse rassure, « On a promis à ces élèves de leur donner les notes. Une élève prépare Dauphine, et ses notes lui ont été communiquées. Si l’État ne bouge pas, Parcoursup se basera sur 4 trimestres au lieu de 5, ce qui change rarement grand-chose. » Mardi soir, les enseignants se retrouveront en assemblée générale pour décider des suites du mouvement à Vence.

« Un débat de qualité, avec le souci de trouver des solutions pour aboutir. Le début, on l’espère, d’une prise de conscience collective ». Hier soir, ces mots ont clôturé la discussion entre les parents d’élèves, venus en nombre, et une partie des professeurs du lycée Renoir.

Face à face entre des professeurs inquiets de la nouvelle réforme du lycée voulu par le gouvernement et des parents inquiets de la suspension de la notation des élèves décidée par les enseignants.

« Ce qui nous importe c’est l’avenir des jeunes. » Si chacun était d’accord sur le but, les avis divergeaient sur les moyens mis en œuvre pour dénoncer les nouvelles mesures. « Nos enfants sont déstabilisés, stressés et au final pénalisés » ont rapporté les parents.

Ils étaient ainsi nombreux à se demander ce qui allait se passer pour les inscriptions à Parcoursup, « même si ce n’est pas la panacée », qui permet d’accéder à l’enseignement supérieur.

Les enseignants ont voulu être rassurants sur le bulletin « qui peut techniquement réapparaître ». Seul le bac blanc « ne contient pas de notation, ni d’appréciation ».

« Vous n’attaquez pas le problème du bon côté » ont regretté les parents, qui espéraient voir un représentant du rectorat.

« Aidez-nous à trouver des moyens d’action différents » ont répondu les profs, qui ont reçu le soutien de plusieurs parents. Symboliquement, à la fin du débat, une vingtaine de professeurs a décidé de dormir dans la salle des profs (Photo Eric Ottino). Une vraie nuit au lycée.


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