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Valerio Zamboni, 63 ans : Je n'ai aucune limite

Mis à jour le 13/09/2017 à 05:02 Publié le 13/09/2017 à 05:02
À vélo, le sexagénaire vient de remporter l'éprouvante Race Around Ireland.	(DR)

Valerio Zamboni, 63 ans : Je n'ai aucune limite

Valerio Zamboni est un homme de défi.

Valerio Zamboni est un homme de défi. Monégasque d'adoption, il vient de conquérir les terres irlandaises. Pour la deuxième fois, le sexagénaire s'est hissé sur la première marche du podium de la Race Around Ireland. Entre le 27 août et le 1er septembre dernier, il a parcouru 2 200 km à vélo à travers l'île d'émeraude. Parti de Trim, il a lui a fallu 125 heures et 40 minutes pour rejoindre Moynalty, la ville d'arrivée.

Sur les 12 participants, seuls trois sont parvenus à terminer la course. Aujourd'hui champion des épreuves très longues distances que propose l'ultracyclisme, le sportif a dû forcer le destin pour parvenir à ses fins.

« J'ai été handicapé »

L'histoire de Valerio débute en Italie, à Bologne. Passionné d'aviation, il aime « grimper les montagnes » dès que son emploi du temps le lui permet. Grâce à l'escalade, il s'approche un peu plus du ciel, lui qui est devenu pilote d'avions d'affaires.

Son amour pour les sensations fortes se retourne pourtant contre lui, tandis que la vie lui sourit.

À l'aube de ses 35 ans, Valerio chute et se fracture les jambes. « J'ai été handicapé pendant un an. J'ai passé trois mois en fauteuil roulant avant de marcher avec l'aide de béquilles », se souvient-il. Malgré la rééducation, qui lui a permis de retrouver l'usage de ses jambes, le natif de Bologne a abandonné toute activité physique. « Un jour, je me suis regardé, j'avais pris beaucoup trop de poids. Je me suis dit : "Ça suffit !" »

Rendez-vous est pris à Nice, pour une opération de la hanche droite. Avec sa prothèse, il reprend le sport et découvre une discipline à laquelle il n'a pas encore goûté : le cyclisme. « Avant, je n'avais jamais vraiment fait de vélo. Ça ne m'attirait pas. Là, j'ai été obligé de m'y intéresser, car c'était le seul sport que je pouvais faire avec ma prothèse », raconte-t-il.

Mais l'Italien a la folie des grandeurs. Rapidement, il fait des compétitions. Si la difficulté est au rendez-vous, elle n'est pas suffisante pour satisfaire Valerio qui en veut plus. C'est alors qu'il se lance dans l'ultracyclisme, cette spécialité qui propose des épreuves sur des milliers de kilomètres en un temps réduit. « Là, ce n'est pas une simple course, accessible à tous. Si j'ai la possibilité de faire quelque chose qui se démarque, j'y vais. C'est pour ça que je me suis lancé dans l'ultracyclisme », témoigne le sportif.

Emploi du temps chargé

Si le vélo occupe une part importante de sa vie, Valerio n'en oublie pas son travail pour lequel il consacre le reste de son temps. Installé en Principauté depuis 1993, il est représentant de la société d'aviation Bombardier Business Aircraft. « Pour concilier mon travail et mes entraînements, je prends sur mon temps de sommeil. Je me réveille entre 4 et 5 heures du matin pour faire du sport avant d'aller au bureau, à 9 h 30. Comme je travaille avec les États-Unis, mes journées terminent souvent tard le soir », confie l'entrepreneur.

Pas de répit lors des courses auxquelles il participe, où la fatigue devient sa pire ennemie. « Lors de la Race Around Ireland, je dormais deux heures par jour, réparties en plusieurs fois. Souvent, je faisais des micro-sommeils de cinq minutes avant de repartir », témoigne Valerio avant de poursuivre : « Il m'est arrivé, lors de certaines courses, d'être tellement fatigué que je me suis endormi sur le vélo avant de tomber. Avec le manque de sommeil, j'ai la sensation d'entrer dans une autre dimension. Mon esprit n'est plus très clair. »

La difficulté n'empêche cependant pas le cycliste d'en redemander : « J'ai confirmé pour ma 8e Race Across America (course qui traverse les États-Unis d'ouest en est, NDLR) et j'aimerais refaire l'Irlande. » Et tant pis si la majorité des participants sont bien plus jeunes : « Durant la Race Around Ireland, mes concurrents avaient une quarantaine d'années en moyenne mais je ne fais pas attention à ça. Les autres me font remarquer mon âge, moi je n'y pense jamais. Je n'ai aucune limite. »

Les encouragements de ses proches le transcendent et l'ont mené à cinq reprises sur le toit de l'ultracyclisme avec cinq titres de champion du monde à son actif. Il avoue, toutefois : « Cette année, ça ne sera pas pour moi, un autre prendra mon titre. »

Mais Valerio Zamboni est motivé, il veut continuer d'écrire l'histoire de son sport.


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