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Vague de polémiques Panique sur la digue

Mis à jour le 27/12/2019 à 10:27 Publié le 27/12/2019 à 10:27
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Vague de polémiques Panique sur la digue

La Principauté n’aime pas faire de vagues. C’est dans son ADN. Sauf que cette année, plusieurs déferlantes, et pas seulement pendant la No Finish Line, ont alimenté le débat public

Ce courrier constitue probablement le clash le plus sanglant de l’année en Principauté. Le mardi 15 octobre, soit deux semaines avant la séance législative au cours de laquelle devait être examiné le projet de loi relatif au Contrat de vie commune, Mgr Bernard Barsi a sorti sa plume la plus acérée pour rappeler les grands principes de la Constitution monégasque, ce pays où le catholicisme est religion d’État.

Dans cette lettre adressée aux élus, au gouvernement et au prince souverain, qui devait rester privée mais dont nous avons eu connaissance, l’archevêque de Monaco n’était pas formellement opposé à ce texte, mais il souhaitait que celui-ci recouvre toutes les situations de cohabitation sous un même toit, et pas seulement celle de deux personnes dans un même lit, qu’elles soient de sexes différents ou pas. Sa crainte étant que cette loi devienne l’antichambre du « mariage pour tous ».

« Légiférer de manière spécifique en faveur de l’union libre va bien au-delà de la portée du texte, écrivait Mgr Barsi. C’est mettre en danger la stabilité de nos institutions, en éloignant toujours davantage la législation monégasque de la doctrine de l’Église. C’est aussi mettre en difficulté la personne du Prince. »

Il enfonçait le clou : « Ce projet tel qu’il est amendé constitue une menace pour l’institution matrimoniale. Créer une loi spécifique à la communauté de lit ne relève plus d’une réponse pragmatique, mais d’une volonté politique et idéologique : l’égalité des couples hétérosexuels et homosexuels qui ne pourra être atteinte, à échéance, que par la légalisation du mariage de personnes du même sexe. »

Depuis, le Conseil national a adopté un texte qui satisfait finalement tout le monde. Le projet de loi relatif aux contrats civils de solidarité constitue une avancée importante pour les couples non mariés hétérosexuels ou homosexuels, qui vont enfin avoir des droits par l’un des deux volets du texte qui concerne le contrat de vie commune. Le second volet du texte intègre donc la cohabitation familiale.

Comme l’archevêque le souhaitait.

Dans un pays qui fait de la sécurité son atout maître, la décision prise le samedi 23 novembre est juste aberrante. Ce jour-là, la France est en alerte orange et s’apprête à virer au rouge, en raison des fortes pluies et d’une houle impressionnante. Le plan Orsec est déclenché, les Français sommés de rester chez eux. Et pendant ce temps-là, à Monaco, les organisateurs de la No Finish Line, avec le feu vert du gouvernement, rouvrent la digue de Fontvieille aux marcheurs et coureurs.

Erreur fatale. Vers 15 h, une vague submerge la digue et balaie une dizaine de participants qui manquent de basculer par-dessus la rambarde. Des images stupéfiantes ont été captées par une caméra de vidéosurveillance et se sont retrouvées sur les réseaux sociaux, avant d’être très largement partagées. Une enquête a d’ailleurs été ouverte pour découvrir comment cette vidéo avait été subtilisée. Une autre vague a réussi à emporter une femme âgée de 40 ans et à la faire chuter de la digue. Cette Française, résidente monégasque, a subi plusieurs fractures en atterrissant sur une voiture - à qui elle doit sans doute son salut -, en contrebas de la digue, côté port de Fontvieille.

Autre aberration de la journée, les clients du restaurant « Les Perles de Monte-Carlo », posé tout au bout de la digue et curieusement resté ouvert pendant cette alerte météo, ont fait l’objet d’une opération de sauvetage par les sapeurs-pompiers de Monaco, qui aura duré plusieurs heures. Une débauche de moyens qui aurait pu être évitée, si les bonnes décisions avaient été prises à temps…

Une partie de la soirée, les pompiers ont secouru, une à une, les victimes coincées dans le restaurant Les Perles de Monte-Carlo.
Une partie de la soirée, les pompiers ont secouru, une à une, les victimes coincées dans le restaurant Les Perles de Monte-Carlo. Cyril Dodergny

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