Une nouvelle salle ultra-moderne inaugurée à Monaco pour lutter contre l'arythmie cardiaque

Le souverain a visité ce mercredi la salle de navigation magnétique robotisée du CHPG qui permet depuis un an d’opérer des troubles du rythme cardiaque, avec l’aide de la technologie.

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CEDRIC VERANY Publié le 28/11/2022 à 18:41, mis à jour le 28/11/2022 à 18:41
Le prince Albert II, guidé par les équipes du CHPG, a découvert ce mercredi le fonctionnement de ce bloc opératoire robotisé. Photo Jean-François Ottonello

La machine est un mastodonte avec deux bras articulés, cintrée de LED et encadrée d’écrans de contrôles qui donne à ce bloc opératoire des allures de vaisseau spatial. Pourtant, la technologie présente en ce lieu, n’est pas de la science-fiction. Dans la salle de navigation magnétique robotisée du CHPG, mise en service depuis une bonne année, les équipes médicales traitent les troubles d’arythmie cardiaque. Une intervention chirurgicale simplifiée avec la collaboration d’un robot. C’est ce que le prince Albert II a pu apprécier ce mercredi matin, lors d’une visite au CHPG, guidé en cardiologie par le chef de service, le professeur Atul Pathak.

Les interventions pour ablation d’une arythmie cardiaque par radiofréquence sont une pathologie classique du service. La procédure nécessite d’atteindre les vaisseaux cardiaques du patient via l’artère fémorale, à l’aide d’un cathéter. Ce dernier délivre alors de l’énergie sur des zones du muscle cardiaque pour qu’il retrouve un rythme normal. Dans un bloc opératoire classique, le chirurgien intervient à côté du patient dirigeant la pointe du cathéter en maintenant un mouvement précis. "Le défi pourrait être comparé à signer votre nom en tenant un long crayon par sa gomme" vulgarise le docteur Nazih Benhenda, l’un des praticiens du service.

Depuis une cabine face au patient, le chirurgien peut procéder à l’intervention avec un joystick face à un écran 3D. Photo Jean-François Ottonello.

"Pour le patient, c’est plus sécurisé"

L’exemple du crayon tenu à son extrémité décrit bien le geste, que la technologie robotique vient conforter avec davantage de souplesse. En effet, une fois le cathéter posé, le chirurgien rejoint une cabine annexe au bloc opératoire où il entreprend la navigation magnétique. Elle permet de prendre le contrôle du cathéter en utilisant les champs magnétiques distribués par deux aimants géants positionnés de part et d’autre de la poitrine du patient. Et la précision robotique offre au chirurgien la capacité de mouvoir le cathéter, via un joystick, en suivant son avancement sur un écran d’ordinateur en 3D. De manière à ajuster son geste et procéder à l’ablation de l’arythmie.

"Au départ le médecin est auprès du patient, il effectue la ponction au pli de l’aine, une anesthésie locale, il monte ses cathéters. Une fois que son dispositif est fixé, on place les aimants, le chirurgien va dans la cabine et nous restons auprès du patient pour gérer le relationnel ou les éventuelles douleurs" décrit Christelle Fabbroni, infirmière au bloc de cardiologie.

Ce n’est pas le premier équipement de ce genre en Principauté, où des robots épaulent déjà des chirurgiens notamment pour des pathologies digestives et gynécologiques. Une aide qui modifie la sensation d’opérer? "Pour un chirurgien, c’est plus confortable" admet le docteur Nazih Benhenda. "Nous sommes concentrés devant l’écran, nous n’avons pas de cathéter à tourner qui parfois nous font mal au doigt. Là, il y a de la stabilité, il ne bouge pas. Et pour le patient, c’est plus sécurisé, ce cathéter ne peut pas perforer d’organe".

Sur la table d’opération, le patient est encadré par la machine produisant un champ magnétique. Photo Jean-François Ottonello.

L’electroporation en approche

Sous la direction du professeur Pathak, le service de cardiologie du CHPG programme 300 interventions ce type par an. La collaboration avec "des aimants" n’est pas récente.

Le CHPG était équipé de cette technologie depuis 2007. Ce nouveau robot, d’une nouvelle génération, mis en service depuis plus d’un an est plus particulier. Seuls un hôpital à Phœnix en Arizona (la machine est américaine) et à Helsinki en Finlande en sont dotés.

Cette rareté, les équipes du CHPG ont choisi de l’augmenter en proposant à partir du 9 décembre, en exclusivité dans la région, une nouvelle forme d’intervention pour les arythmies cardiaques, via la technologie magnétique.

L’electroporation, c’est son nom, déjà utilisée à Bordeaux et Toulouse est une variation dans la pratique. D’ordinaire, ce sont des techniques thermiques qui sont utilisées pour échauffer ou congeler la paroi du cœur et réguler son rythme endommagé. L’electroporation, elle, utilise un champ électrique pulsé à haute amplitude provoquant de micro-chocs.

L’intérêt: pas de dommage sur les tissus proches du cœur et une intervention qui sied mieux les personnes âgées.

Un atout, car les pathologies d’arythmie touchent principalement des patients d’une soixantaine d’années, "cela dit" précise le docteur Benhenda, "il n’y a pas de moyenne d’âge précise, le plus jeune patient que nous ayons eu avait 21 ans, le plus âgé 84 ans".

Hypertension: l’excellence des soins reconnue

La visite du prince Albert II en cardiologie a été l’occasion ce mercredi, pour son chef de service le professeur Atul Pathak, de rappeler que l’établissement vient de recevoir le label "centre d’excellence européen hypertension artérielle".

Un titre que le professeur Pathak, également président de la Société française de l’hypertension artérielle, entend faire fructifier en proposant face à la pathologie, des innovations majeures pour le suivi à distance de patients via des appareils connectés.

L’hypertension est une maladie qui touche 14 millions de personnes en France. Elle représente une consultation sur dix. Pourtant, la pathologie demeure sous diagnostiquée ou mal traitée. Les chiffres le prouvent: la moitié des hypertendus sont dépistés et sur cette frange, seuls 50% sont traités, et deux fois moins sont contrôlés. Pourtant, l’hypertension artérielle peut causer des complications affectant le cerveau, les vaisseaux, le cœur et les reins.

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